18 novembre 2014

Comment j'ai écrit Le Voleur de sandwichs


L’idée du livre est née en 2006. J’animais un atelier sur le roman policier dans une école primaire à Candiac et j’avais demandé aux élèves de me raconter un fait réel qui leur serait arrivé à l’école, dans leur famille ou avec leurs amis. Ça devait être un événement mystérieux qu’ils n’avaient jamais expliqué et qui pourrait devenir l’élément déclencheur d’une enquête. Les enfants m’ont regardé sans réagir. Personne n’avait d’idée. C’est finalement la professeure qui a levé la main pour me raconter que depuis le début de l’année quelqu’un volait dans les boîtes à lunch suspendues dans le couloir. J’ai noté l’anecdote dans mon carnet et l’année suivante, de nouveau invité par la même professeure, je lui ai demandé si le voleur — ou la voleuse — avait été démasqué. C’était le cas. Mais ce qui fut surtout intéressant, ce fut la réaction des élèves, tout à coup curieux, intrigués et accrochés. Je savais que je tenais un bon truc.
Alors, quand La Pastèque m’a proposé d’écrire un polar pour les jeunes lecteurs, j’ai tout de suite pensé aux boîtes à lunch pillées. C’est ainsi qu’est né Le Voleur de sandwichs.

L’histoire ne s’arrête pas là, car un peu plus tard, de nouveau invité dans cette école, mais avec une autre enseignante, j’expliquais aux enfants qu’un livre allait voir le jour suite à une de mes visites précédentes. Je leur résumais mon histoire lorsqu’un garçon a levé la main pour m’expliquer la finale du livre : « À la fin, il met du piment dans son sandwich et il attrape le voleur comme ça. » J’étais surpris et vexé, car ma chute était effectivement telle qu’il la décrivait. Ça prouvait que c’était trop attendu, donc totalement vexant pour un auteur de romans policiers digne de ce nom. Le soir même, j’en ai causé à ma fille Julia (qui est une foodie) et elle m’a parlé d’un reportage qu’elle venait de regarder. Ça m’a donné une super idée pour la nouvelle fin du récit, vraiment meilleure. Mais je ne vous dirais pas ce que c’est.
Ensuite, l'illustrateur Patrick Doyon s'est lancé dans un travail magistral qui a débouché sur ce magnifique livre de 160 pages.

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