Notre album Charlotte Destin, illustré par Stéphane Jorisch, sera en librairie en France à compter du 12 mars 2020.
C'est toujours compliqué pour les livres publiés au Québec d'être distribué de l'autre côté de l'Atlantique, alors je souligne cette avancée des éditions Somme toute.
Pour voir quelques images sur le site de la FNAC, cliquer ici.
Et pour ceux qui l'auraient manqué, la critique enthousiaste de Marie Fradette dans Le Devoir: «Bien qu’étant une suite indirecte de Charlotte et l’île du destin (album écrit par Olivier Lasser et illustré par Stéphane Jorish, paru aux 400 coups, en 1998), Charlotte Destin
n’a rien d’un livre pour les bambins. Le propos audacieux, mêlant le
génie créateur, l’amour, le mal, le pouvoir, le tout saupoudré, bien
sûr, de quelques coups sanglants, laisse transparaître toute la force de
l’auteur.
Ce dernier joue habilement avec des univers en apparence disparates, le
tout avec une aisance enviable. Le trait grotesque, à la fois fin,
minutieux et artistique, du fabuleux Stéphane Jorish s’allie de façon
naturelle au propos fort de Marois, à la réflexion sur la place de la
création dans la société, sur la reconnaissance de l’art dans un monde
aseptisé et, aussi, sur la soif de pouvoir.
Les personnages aux airs inquiétants, aux contours parfois inhumains,
contribuent à créer une atmosphère à la fois intrigante et rebutante, un
climat où règne une étrange odeur de trahison. Le duo offre au final
une fable intrigante, reflet onirique, légèrement fantasmagorique, d’une
société en mal de liberté. Fameux.»
★★★★ 1/2
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10 mars 2020
02 mai 2019
Au-delà du divertissement
C’est sous ce titre que Marie
Fradette consacre un long article à mes publications jeunesse et illustrées
récentes. On peut lire la double page qui m’est consacrée dans Le Devoir du samedi 27 avril, en ligne ici.
Trois critiques présentent d'abord Charlotte Destin, 4
étoiles ½ !
«Le propos audacieux, mêlant
le génie créateur, l’amour, le mal, le pouvoir, le tout saupoudré, bien sûr, de
quelques coups sanglants, laisse transparaître toute la force de l’auteur.
Ce dernier joue
habilement avec des univers en apparence disparates, le tout avec une aisance enviable.
Le trait grotesque, à la fois fin, minutieux et artistique, du fabuleux
Stéphane Jorish s’allie de façon naturelle au propos fort de Marois, à la
réflexion sur la place de la création dans la société, sur la reconnaissance de
l’art dans un monde aseptisé et, aussi, sur la soif de pouvoir.
Les personnages aux
airs inquiétants, aux contours parfois inhumains, contribuent à créer une
atmosphère à la fois intrigante et rebutante, un climat où règne une étrange
odeur de trahison. Le duo offre au final une fable intrigante, reflet onirique,
légèrement fantasmagorique, d’une société en mal de liberté. Fameux.»
À une minute près, 3 étoiles ½
«La force de Marois,
si elle ne repose pas nécessairement sur le rythme — qui reste malgré tout
maintenu —, tient ici surtout à l’idée maîtresse qui sous-tend le récit, à ce
fantasme prétentieux d’avoir une emprise sur le temps et les événements qui,
bien qu’en apparence formidable, reste lourd de conséquences.
Un propos fort qui
engendre la réflexion et la discussion, le tout tenu par des personnages
entiers qui mettent en avant toute la complexité des rapports humains.»
Et la série André et moi, 4 étoiles
«Ici, le ton
humoristique de Marois est appuyé par le trait à la fois candide, caricatural
et rafraîchissant d’Iris. Bien que l’illustratrice reprenne l’essence du propos
présenté par Marois dans le récit, elle ajoute un contexte, un détail qui
dépasse ainsi la simple relation fidèle entre le texte et l’image.
Au-delà de cette
présentation pétillante, de la clarté des histoires inspirées d’un réel
identifiable, la série permet de faire connaître les auteurs prolifiques,
d’enrichir, mine de rien, le bagage littéraire des petits apprenants. L’idée de
mettre en scène l’enfant André Marois — et non l’adulte — dans différentes
situations rapproche d’autant plus le lecteur de l’auteur. Voilà une série qui
allie avec finesse humour, culture et quotidien dans une ronde des plus
invitantes.»
Publié par
André Marois
Catégorie :
À une minute près,
André,
Charlotte Destin,
Fonfon,
Leméac,
Somme toute
03 avril 2019
Comment j'ai écrit Charlotte Destin
La
longue histoire de ce livre débute en l’an 2000.
-->
L’illustrateur
Stéphane Jorisch me téléphone pour me proposer une idée et nous décidons nous
rencontrer pour en discuter. Je ne sais pas du tout de quoi il s’agit. Je suis
curieux.
Je
connais très peu Stéphane. Il dirige à l’époque la collection Monstres &
Sorcières aux 400 Coups, dans laquelle j’ai signé deux titres.
Stéphane
arrive avec des dessins et m’explique son projet. Il a publié un album intitulé
Charlotte et l’Île du Destin, écrit
par Olivier Lasser, et couronné du Prix du Gouverneur Général en 1999, catégorie
illustrations jeunesse. Stéphane aimerait reprendre son héroïne, mais en la
vieillissant de dix ans pour retrouver ainsi une Charlotte devenue jeune femme.
Il
étale sur la table les dessins de personnages : un nain, une tête, un être
blême, un roi fantoche, la jolie Charlotte… C’est à la fois précis et échevelé,
à l’image de Stéphane.
Il
me raconte ensuite l’univers dans lequel il imagine voir évoluer ces étranges
êtres : une île perdue, une dictature, une société organisée autour de la
fabrication et du commerce de copies de tableaux de maîtres, un monde scindé
entre riches et pauvres…
Charlotte
débarque par accident sur l’île et voilà… Il ne reste plus qu’à écrire l’histoire
qui relie tous ces points entre eux.
J’avoue
que la proposition me plaît et m’effraie en même temps. Mon expérience d’auteur
est courte (je ne publie que depuis 1999) et l’offre de Stéphane Jorisch,
illustrateur reconnu et maintes fois primé, me fait très plaisir.
Je
me lance donc, me nourrissant de cet imaginaire pour construire mon récit.
D’abord sous forme de synopsis, je dois organiser tous les éléments et en créer
de nouveaux. Il faut trouver une logique, une évolution et une fin. Nous
échangeons régulièrement et de son côté, Stéphane avance sur les images.
J’attaque
ensuite l’écriture proprement dite et les différentes versions s’enchaînent.
Nous
proposons alors notre projet aux 400 Coups, qui l’acceptent et nous signons un
contrat. Ma partie est presque finie (que je crois). Il reste à finaliser les
dessins.
Bien
sûr, ça dure beaucoup plus longtemps que prévu. Je me décourage, certain que
Stéphane ne viendra jamais à bout de toutes ses illustrations et que le livre
ne verra pas le jour.
Et
puis… Après
avoir signé avec une autre maison d’édition, après avoir écrit et réécrit 15
versions du texte, après avoir attendu les dessins finaux auxquels Stéphane
ajoutait de nouvelles scènes, le livre est enfin prêt en 2018. Le travail de
Stéphane est superbe.
Charlotte Destin est publié en avril 2019 aux éditions Somme
Toute. J’en
suis très fier.
Le 4e de couverture:
J’ai débarqué sur X sans savoir où
je mettais les pieds.
Tout était faux sur cette île.
Les ouvriers travaillaient à copier des toiles de maître.
Le pouvoir n’appartenait pas à qui l’on
pense.
On m’a menti pour exploiter mon
talent.
Et je suis tombée amoureuse d’une sorte de spectre.
Entre l’art et la violence, le pouvoir et
la cupidité,
ce qui était mal parti pouvait-il bien finir ?
Une exposition des illustrations de Stéphane Jorisch se tiendra en mai 2019 au studio Cormier.
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