06 février 2020

Yellowknife 2020

J'ai été sélectionné pour la tournée Lire à tout vent 2020. Je serai en visite à Yellowknife pendant la semaine du 10 février. Lire à tout vent est organisée chaque année par Communication Jeunesse.
À suivre, donc, dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest. J'y rencontrerai de nombreuses classes de jeunes francophones.

19 décembre 2019

Mon top 13 pour 2019


Le «Diamant Noir» : bibliothèque royale de Copenhague.
Voici la liste des livres que j’ai aimé lire cette année, dans un ordre aléatoire. Pas que des nouveautés, comme vous pourrez voir.
Bibliothèque d'état de Berlin (Haus Unter den Linden)
- Paul à la maison, Michel Rabagliati, La Pastèque – son côté sombre, précis, exposé
- Pension complète, Jacky Schwartzmann, Seuil/Cadre Noir – couple improbable, jouissif, immoral
- Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu, Actes Sud/Babel noir – noir, pluriel, juste
- Suzanne Travolta, Élisabeth Benoit, POL — style répétitif, espionne, Montréal
- Mr Mercedes, Stephen King, Albin Michel – efficace, polar, captivant
- Le plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier – intense, humide, haletant
- Après la guerre, Hervé Le Corre, Rivages/noir – collabos, salauds, machos
- Café Panique, Roland Topor, Wombat – franc, coloré, alcoolisé
L'intérieur du Diamant Noir
- Les raisins de la colère, John Steinbeck, Folio – actuel, puissant, féminin
- Mémoires vives, Edward Snowden, Seuil – courageux, passionnant, essentiel
- Jours d’attente, Thomas Desaulniers-Brousseau et Simon Leclerc, La Pastèque – atmosphère, déserteur, bd
- Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu, Actes Sud – années 90, jeunes adultes, étés chauds
- Vos voix ne nous atteindront plus, Julien Guy-Béland, Héliotrope — nous, vraie folie, originalité
Entrée de la bibliothèque publique de Brooklyn
J'ai aussi pas mal relu Tintin. 
Bibliothèque publique de New York
J'adore visiter les bibliothèques des villes où je vais. Qu'elles soient publiques ou privées...
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The Brooklyn Art Library
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13 novembre 2019

Mon Salon du Livre de Montréal 2019

Je serai très présent cette année au Salon du Livre de Montréal, auprès de sept éditeurs différents, pour 16 séances de signatures, une animation et plus encore!
Ce sera du mercredi 20 au dimanche 24 novembre 2019.
Horaire complet en cliquant ici.
J'espère bien vous voir...

30 septembre 2019

La saison des prix 2019

 Samedi après-midi, on annonçait les listes préliminaires 2020 des Prix des Libraires du Québec, catégorie jeunesse.
J'ai été triplement honoré, puisque Moi, c'est Tantale et À une minute près se retrouvent dans la catégorie 12-17 ans.

Ainsi que Les Héros de la canicule chez les 6-11 ans.
C'est extrêmement encourageant de se voir ainsi apprécié par les libraires.
C'est aussi rassurant de constater qu'un roman de science-fiction, un album documentaire et un roman graphique se retrouvent à cette place. Merci à ces trois éditeurs différents.
Les finalistes seront dévoilés lors de la 5e édition du Week-end Petite enfance qui aura lieu du 16 au 20 novembre 2019. Les 8 lauréat.e.s seront couronné.e.s à la fin du mois de février à la suite d’un vote électronique de tous les libraires de la province.
De son côté, en plus de cette sélection au Prix des Libraires, Moi c'est Tantale se retrouve aussi finaliste des prix suivants:
- Prix Hubert-Reeves 2019
- Prix TD 2019
- Prix Alvine-Bélisle 2019
- Prix Roberval (France) 2019
En ces temps plus qu'incertains côté environnement, le thématique de notre livre est d'actualité.
... Mais c'est quand même assez incroyable.







19 septembre 2019

La mairesse m'a écrit !

On avait envoyé Les Héros de la Canicule à Valérie Plante, la mairesse de Montréal, et elle m'a gentiment adressé cette lettre qui prouve qu'elle a bien lu notre livre. Ça fait plaisir. Merci madame Plante!
Depuis sa parution, beaucoup de belles critiques et réactions:
- Dans Le Devoir, Marie Fradette nous donne 4 étoiles. À lire ici.
- Le blogue Les Petits Pois Lisent Tout ont aussi bien apprécié. À lire là. 
- Le site TPLMoms nous recommande sa lecture. En lien ici. 
- Dans la revue Les Libraires, Sophie Gagnon-Roberge trouve que «C’est une lecture qui donne des idées pour survivre à l’été indien qui approche, mais qui fait aussi durer l’été, ses fous rires et ses idées folles encore un peu.» en lien là et en version papier dans toutes les librairies indépendantes.
- Dans Le Soleil, Vicky Sanfaçon de la librairie Pantoute parle d'un «roman graphique plein d'inventivité et d'humour». Encore 4 étoiles, à découvrir là.
- À l'émission Dessine-moi un été sur Radio-Canada, Evelyne Charuest est très enthousiaste. On l'écoute ici. 
- À l'émission Salut Bonjour sur TVA, Chrystine Brouillet évoque «une histoire amusante, pleine d’humour, de vivacité, de petits détails qui nous font sourire tout comme les illustrations si expressives.» On la regarde ici.
- Sur les ondes de Radio-Canada, émission le 15-18, Katerine Verebely partage son coup de coeur. On l'écoute là.
C'est beaucoup et c'est formidable. Merci à tou.te.s!









19 août 2019

Défense de courir

Défense de courir est publié chez Bayard Canada, dans la collection OSER LIRE qui s’adresse à des lecteurs dont le français n’est pas la langue maternelle.
«Elle fournit un nouveau choix aux jeunes qui éprouvent de la difficulté à entrer dans la lecture, en proposant de courts romans écrits par des auteurs de talent, qui figurent parmi les plus appréciés dans le paysage littéraire québécois.
Chaque ouvrage se présente tête-bêche.
Du côté OSER : une version courte et adaptée qui introduit le roman et donne au lecteur l’envie de découvrir la suite dans sa version originale.
Du côté LIRE : la version originale et complète.»
Il s’agit donc d’une nouvelle de 45 pages avec, en plus, sa version simplifiée.

Voici de quoi il s’agit :
Une jeune Française en vacances dans le sud de la Colombie-Britannique traverse par erreur la frontière entre le Canada et les États-Unis. Elle est aussitôt interceptée par des policiers américains et conduite dans une prison de Tacoma. Elle en sortira après 16 jours de détention au cours desquels sa rencontre avec Juanita, une Mexicaine de son âge, marquera à jamais sa perception des immigrants clandestins.

Lhistoire racontée dans Défense de courir est librement inspirée de la mésaventure arrivée à Cedella Roman en juin 2018.

29 juillet 2019

Les héros de la canicule

Il fait chaud. Vraiment trop chaud ! Et la piscine est fermée à cause de l’orage. Étienne doit établir rapidement un plan anti-canicule pour éviter que ses amis et lui ne fondent sur l’asphalte…
Heureusement, il ne manque pas d’idées farfelues pour garder tout le monde au frais.
Une histoire rafraîchissante et amusante à lire en toute saison !
Les Héros de la Canicule sera en librairie le 7 août 2019.
Les illustrations sont signées Cyril Doisneau.
 
 «Devant la piscine, il n’y avait plus que nous. Les nuages s’éloignaient, le soleil a recommencé à nous chauffer, mais je savais que la piscine resterait fermée « par sécurité »
— On fait quoi maintenant pour ne plus transpirer? a demandé Rafael en essuyant ses lunettes.
— On pourrait aller dans une pharmacie, a suggéré Alexander. Il y a l’air conditionné.
— C’est plate, regarder les boîtes de médicaments. Je propose plutôt de manger une crème glacée au Patio, a répondu Zakaria le gourmand.»
Pour la petite histoire, Les Héros de la canicule est dédicacé à ma maman, «La reine des batailles deau.» En découvrant les dessins de Cyril Doisneau, je suis tombé en arrêt devant celui de la bataille en page 77.

La mère du jeune Étienne en pleine action ma fait aussitôt penser à une photo de ma mère en 1995, lors dune mémorable bataille deau dans son jardin en Touraine. La similitude entre les deux postures avec le boyau darrosage est troublante.
Cyril Doisneau a aussi dessiné mon portrait pour le livre. (Il faut le lire jusqu’au bout pour comprendre ma nudité.)
Le mot de la fin à Yvonne:
 
#canicule
#toutlemondetoutnu
#crèmeglacée
#batailledeau
#AndréMarois
#lacourteéchelle
#CyrilDoisneau

12 juillet 2019

Journal de ma francophonie #14 – Montréal + Ventabren (Provence)


Jeudi 1er juin 2017 – Montréal + Ventabren (France)
Ce journal ne veut pas finir. J’ai reçu une réponse de mes correspondants français, concernant la francophonie. Je la recopie ici:
«LA FRANCOPHONIE
Au début, nous n’étions pas intéressés par ce sujet. Pour tout vous dire, en fait nous ne savions pas de quoi il s’agissait. Ce n’est pas dans nos programmes à l’école et nous n’en parlons pas à la maison. Alors nous avons fait des recherches et cela nous a passionnés.
Grâce à vous nous avons découvert un nouveau mot et ce que ça représente.
Maintenant nous trouvons que c’est très important.
Pouvoir échanger avec les autres pays sur tous les continents. Pouvoir aider à développer les écoles et à respecter l’environnement. Faire des rencontres  à travers les livres, la musique, la danse, le sport.
Nous sommes fiers de partager nos valeurs.
« Liberté, égalité et fraternité »
C’est toute la richesse de notre langue et de notre culture et nous n’en avions même pas conscience. Maintenant c’est promis nous fêterons la francophonie.
Nous aimons la francophonie. 
D’ailleurs, sans le savoir, nous avons participé à la francophonie. Tout au long de l’année, nous avons réalisé une correspondance avec des écoliers burkinabés. Ils habitent à Tanlili, un village de la brousse au nord de Ouagadougou. Village où notre maîtresse met en place des parrainages pour aider les jeunes dans leurs études. Leurs lettres étaient très belles. On a découvert leur façon de vivre et ce n’est pas facile. Ils étaient très contents de recevoir nos dessins et nos jeux. Nous attendons avec impatience leurs réponses. 
Nous sommes contents de les voir heureux.»
Cette réponse me ravit. Ils ont découvert la francophonie, alors qu’elle n’est pas au programme. Ils y ont même participé sans le savoir!
Prendre conscience d’un mouvement permet sûrement d’y contribuer avec encore plus d’efficacité et de foi.
Ma correspondance avec la classe de Mme Adville, à Ventabren, se conclut d’autant mieux que j’apprends aujourd’hui que notre Voleur des Sandwichs a remporté le Prix des Incorruptibles, en France, avec 49 309 voix sur 110 672 votes. Soit environ 45 % de votants qui nous ont choisis. C’est formidable. 
La littérature jeunesse québécoise aussi populaire en France, c’est une autre preuve de la vitalité de cette fameuse francophonie, non ?

10 juillet 2019

Journal de ma francophonie #13 – Mandeville + école élémentaire Rawdon


23 mai 2017 – Mandeville – en guise de conclusion
Ma virée francophone s’achève. Qu’en reste-t-il ?
En relisant mon introduction, je la trouve bien ambitieuse. «Notre langue est-elle menacée ou a-t-elle encore de beaux jours devant elle?» Bien sûr, je n’ai pas trouvé la réponse à ma question, mais j’en ai découvert des éléments qui m’ont étonné, voire encouragé. En Ontario comme au Yukon, les acteurs de la francophonie — les militant.es devrais-je dire — se donnent les moyens de faire vivre la langue. Ils savent que cela passe par l’éducation et ils se battent pour ça. Ils sont aidés, subventionnés. Leur détermination est inébranlable. Ils luttent pour la survie de leur culture, pour que leurs petits-enfants parlent la même langue qu’eux. Le combat sera-t-il victorieux ? On a le droit d’être pessimiste, tant que le fait anglophone domine, gagne du terrain. Mais en visitant Whitehorse où les classes d’immersion se multiplient, où les francophones du monde entier rappliquent et s’installent, j’ai senti l’espoir renaitre. Bien sûr, le français reste isolé, dans son coin, à 5500 km de Montréal, à 2000 km d’Edmonton.
Au Québec, on se sent moins menacés, mais on reste sur nos gardes. La question linguistique est sur beaucoup de lèvres. La lutte demeure politique, acharnée, essentielle.
En Suisse comme en France, on en dans la culture avant toute chose. La notion de francophonie reste abstraite, elle n’intéresse que moyennement.
Au-delà des statistiques plates, je retiens surtout de mon formidable périple, une incroyable énergie, un plaisir à lire et à écrire en français. J’ai rencontré des enseignant.e.s, des organisateurs et des bibliothécaires passionnants, à l’énergie communicative. J’ai souvent été ému par un progrès, un accent, un nouveau mot appris ou partagé. Qui a dit que c’est dans les petits combats qu’on gagne les grandes victoires ? Sûrement pas Napoléon. Tant qu’il y aura des Danielle Bonneau, des Sandra Saint-Laurent, des Eugenia Doval, des Violaine Boels, des Philippe Porée-Kurrer et tant d’autres, les jeunes lecteurs et lectrices auront des livres francophones à se mettre sous les lunettes, des histoires à écrire, des écrivains à rencontrer.
Alors, oui, le français est une langue bien vivante, au Québec et ailleurs. Mais le moindre relâchement entraînera son recul.
En attendant, je range mes valises. J’ai donné tous mes livres lors de mes tournées. Je suis de retour au chalet, où je passerai l’été à écrire. 
 Pendant que je conclus ce texte, un courriel entre dans ma boîte. Je viens de recevoir le PDF du recueil des textes écrits à Verner et North Bay. Un vrai livre, mis en page, illustré, révisé. Les écrivains en herbe vont ainsi pouvoir trouver leur lectorat francophone. Ils garderont aussi une trace de leur écriture, une fierté. Tout est dans tout.

Jeudi 25 mai 2017 – École élémentaire Rawdon
Ultimes animations dans une école primaire anglophone dans la région de Lanaudière. C’est une visite tardive dans la saison, mais le Community Development Technician m’a expliqué qu’il y avait eu un «surplus de fonds avec le programme Culture à l'École». Voilà qui est étonnant, en plus de rencontrer des classes d’un Community Learning Center. Juste avant d’arriver, un énorme trou a englouti la route, à deux pas de ma destination. Les pluies abondantes des derniers mois en seraient responsables. Faut-il y voir là une métaphore de l’état de notre langue au Québec ? Serons-nous bientôt à notre tour avalé par un gigantesque glissement de terrain linguistique ?
À ma grande surprise, je débarque dans une école publique appartenant à la commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier (Sir Wilfrid Laurier school board). 
Dans mon esprit d’habitant du Plateau Mont-Royal, les anglophones se tiennent juste à l’ouest de Montréal et en Estrie. Dans les couloirs, des panneaux présentent des travaux effectués à partir de mes livres. Les classes sont visiblement très bien préparées – on sait qui je suis et ce que j’ai écrit.
Je rencontre des élèves de 4e, 5e et 6e années qui sont tous parfaitement bilingues, s’expriment avec aisance en français, certains avec un vocabulaire très soigné. Ça se passe plutôt bien. Et la même question revient, posée à l’envers: où trouver mes livres ? J’explique le piège des ressemblances entre librairie et library. La plus proche se trouve à Joliette, à 45 km de là. La professeure m’explique qu’ils n’y vont jamais, d’autant moins qu’il s’agit d’une librairie francophone…
Je repars en effectuant un grand détour pour éviter le glissement de terrain. J’ai la francophonie qui me sourit aujourd’hui.
 
À suivre : un dernier épisode franco-français
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08 juillet 2019

Journal de ma francophonie #12 – Ventabren (France) + Festival des arbres (Toronto)

Mardi 16 mai – Ventabren, près d’Aix-en-Provence  
Je ne suis pas en France, mais je tiens une correspondance avec une classe de primaire dans le cadre du prix Les Incorruptibles, auquel participe Le Voleur de sandwichs. Ils me posent des questions à distance, auxquelles je réponds. Les premières demandes étaient classiques: pourquoi j’écris, depuis quand… 
Aujourd’hui, ils me demandent si tout le monde parle français au Canada. Je mesure la distance qui nous sépare. Je leur explique nos deux langues officielles et le statut particulier du Québec. Je leur demande si, eux, se sentent francophones. Je suis curieux de leur réponse.

Mercredi 17 mai – Festival des arbres – Toronto
Je suis invité, comme une quinzaine d’autres auteurs au Festival des arbres organisé par l’Association des bibliothèques de l’Ontario (ABO). Notre album Aux toilettes y est finaliste pour le prix Peuplier qui sera remis demain avec deux autres. C’est ma première visite pour cette manifestation et je suis impressionné par les moyens mis en place: avion, hôtel…
Mireille Messier, seule auteur torontoise francophone en lice, a organisé un souper avec les auteur.e.s – les femmes sont très largement majoritaires. Nous venons surtout du Québec, mais aussi des maritimes, de la Saskatchewan et de l’Ontario. La francophonie canadienne est réunie dans la capitale ontarienne. Nous nous retrouvons donc avec plaisir au restaurant Le Papillon. L’ambiance est bonne, nous sommes heureux de nous connaître, de nous découvrir, d’échanger. 
On jase du métier, des éditeurs, des rencontres dans les écoles. Les écrivains jeunesse font beaucoup d’animations. Nos expériences semblent similaires. Une bibliothécaire à notre table – Eugenia Doval – nous parle de son travail, des moyens à sa disposition. Nous comparons avec l’état lamentable des bibliothèques en milieu scolaire au Québec, de l’absence de moyens et de bibliothécaires. Comment donner le goût de lire à des élèves qui n’ont accès qu’à des bibliothèques désertes, froides, poussiéreuses, inanimées ? On rêve de cloner Eugenia.
Elle nous partage ses expériences, nous explique l’importance capitale de lire des histoires aux enfants, quel que soit leur âge. L’idée de faire lire des livres aux plus jeunes par les plus âgés me semble excellente.
Le souper est stimulant, joyeux. On rentre à pied jusqu’à l’hôtel. Je discute avec Jacques Goldstyn. Il me raconte son prochain livre. C’est un bon moment.
Une soirée stimulante et constructive au cœur de la grande cité anglophone.

Jeudi 18 mai – Festival des arbres – Toronto
Je finis mon journal en beauté, car Aux Toilettes a remporté le Prix Peuplier. L’organisation de la journée est impeccable, avec près de 2000 jeunes francophones venus célébrer le livre en français. La veille, ils étaient 5000 anglophones pour The Forest of Reading. Cet évènement est mis en place par l’Association des Bibliothèques d’Ontario (OLA) depuis 2012 à travers toute la province.
La différence d’achalandage entre les deux volets est en fait un bonne nouvelle, car la version franco a doublé depuis l’an passé. À l’origine, le festival n’existait qu’en anglais. Le Festival des arbres est une véritable fête conçue pour et par les enfants. Ceux-ci sont impliqués à chaque étape: conférence, dédicaces, remises de prix, dessins des prix, présentation des auteurs sur scène. On sent la volonté de célébrer les écrivains et les illustrateurs. Mes collègues et moi, nous nous sentons comme des rock-stars — applaudis, félicités, photographiés. Les files s’allongent pour nous demander des autographes et des selfies. On rêve debout, là.
Ce festival grossit chaque année et le volet francophone est impressionnant. Il n’existe rien de comparable au Québec, où le livre jeunesse est célébré à travers une série d’évènements de moindre envergure: Prix des libraires jeunesse, Livromagie, Festival TD… La comparaison est inutile, il faut surtout retenir l’action conjuguée des bibliothèques publiques et scolaires, avec un travail énorme, passionné et intelligent effectué par ces dernières. Les jeunes doivent lire au moins trois des dix livres finalistes pour pouvoir voter dans une catégorie. Et ça marche ! Ils viennent me voir et me parlent spontanément d’Aux Toilettes pour me donner leurs commentaires. Les professeurs sont enthousiastes. La lecture devient plaisir et la langue s’apprend dans la joie. On jase et on lit beaucoup en français à Toronto. Il y a donc de l’espoir.
À suivre...