21 novembre 2020

J'aime les contraintes

Jaime les textes de commande. Jaime les contraintes, les délais, les obligations. Jaime gagner ma vie en écrivant de la fiction. Je trouve ça gratifiant. Raconter une nouvelle histoire nest jamais simple ni gagné davance, mais toujours stimulant.


Jétais heureux que Laurent Rabatel me demande décrire un court texte de fiction, une nouvelle, pour le site La classe à la maison. Javais entière liberté, mais Laurent ma parlé de cette idée que sa fille Zoé avait eue pour un court métrage au cégep, qui ne sétait jamais réalisé. Elle avait imaginé un monde où lon ne peut prononcer que dix mots par jour. Ensuite, on devenait aphone jusquau lendemain. Libre à moi de rebondir là-dessus ou décrire tout autre chose. Jai adoré le monde de Zoé, avec son impératif si particulier. Je me suis aussitôt mis à écrire sans savoir comment cela pouvait finir. Cest ainsi quest né Dis-moi dix mots.

Illustration: Alain Pilon

Le texte est illustré par Alain Pilon. Il est disponible gratuitement en ligne. On y trouve des jeux, des exercices pour les élèves du primaire et du secondaire. Cest à vous !

Illustration: Alain Pilon



18 novembre 2020

Triple finaliste

Cet automne est très généreux pour moi, car me voici trois fois finaliste, dans trois prix avec trois livres différents. Ça donne envie de continuer à écrire...

L'Alerte au feu est finaliste au Prix des libraires 2021, catégorie jeunesse 6-11 ans. Les gagnants seront annoncés en février 2021.

À une minute près est finaliste au Prix jeunesse des univers parallèles 2021. Le gagnant sera annoncé en avril 2021.

Les Héros de la canicule est finaliste au Prix Tamarac 2021 des bibliothèques de l'Ontario. Le gagnant sera annoncé en mai 2021.



01 octobre 2020

Fric-Frac, parcours d'un billet de banque

Après Moi, c'est Tantale qui a connu un beau succès critique et public, Angèle Delaunoy m'a proposé d'écrire un nouveau livre dans la collection Griff chez Isatis. Le thème: l'argent. 

J'ai tout de suite accepté, mais parler d'argent aux adolescents, ce n'est pas évident. Après plusieurs tentatives et propositions, j'ai finalement écrit Fric-Frac, parcours d'un billet de banque

 

Voici la présentation de la maison d'édition: «A travers la vie de Sandra, de Jean-Guy, de Mme Casini et de bien d’autres, suivez le parcours d’un billet de banque et découvrez l’histoire de l’argent, du cash, du blé, du pognon… Mais qu’est-ce que l’argent? Que représente-t-il pour chacun d’entre nous? Une coupure de 50 $ c’est le pactole ou de la petite monnaie ? On épargne pour réaliser un projet d’études ou, au contraire, l’argent nous brûle les doigts et se dépense aussi rapidement qu’il a été gagné? Un roman graphique percutant qui fait réfléchir sur notre rapport à l’argent!»

On suit donc un billet de 50 $ qui va rencontrer plusieurs personnes ayant des rapports différents à l'argent: une voleuse, un joueur compulsif, une retraitée, un grippe-sou...
Des vignettes informatives traitent de sujet précis autour du cash: les paradis fiscaux, la longévité d'un billet, le rôle des banques, la fausse monnaie, la générosité, la monnaie électronique...
Les illustrations sont signées par la talentueuse Pauline Stive qui réalise ici sont premier livre jeunesse. Superbe!

On en parle: André Marois a choisi de parler d’argent aux jeunes, et de le faire en suivant l’épopée d’un billet de banque, lequel passera de main en main dans Fric-Frac : Parcours d’un billet de banque (Isatis). Si le tout se situe à égale distance entre le documentaire, l’album et la prise de position, le rendu est relevé par les illustrations nombreuses et parlantes de Pauline Stive.
Les libraires, No 120, Septembre – Octobre 2020

 

22 septembre 2020

Exploiter mes livres en classe

Dans les dernier numéro de Lurelu, «la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature pour la jeunesse», Danièle Couchesne propose des pistes d'animation en classe pour quatre livres dont je suis l'auteur.


Dans la rubrique Des livres à exploiter, elle analyse et commente Aux toilettes, Le Voleur de sandwichs, Les Héros de la canicule et On aurait dit.

C'est très fouillé et plutôt flatteur. Danièle Couchesne souligne mon goût pour «Le pouvoir de l'imagination au quotidien» et le lien différent qui s'est créé entre les textes et les quatre illustrateurs. «Dans ses œuvres pour les plus jeunes, André Marois sait capter l’esprit de l’enfance, avec sa naïveté, sa spontanéité et sa capacité à balayer l’ennui du quotidien à grands coups d’imagination. Il s’inspire de la vie de tous les jours et propose de transformer l’ordinaire en quelque chose de beaucoup plus intéressant et amusant. Explorons deux albums et deux romans graphiques pour découvrir cet auteur prolifique.»

Elle propose plusieurs pistes pour exploiter les livres avec des élèves :  « Invitez les enfants à faire un remue-méninge d’évènements de leur vie qui pourraient servir d’amorce pour une histoire. Ou invitez-les à écrire une histoire drôle en réutilisant un des procédés humoristiques observés, ou alors à créer une histoire où l’imagination des personnages est importante.

Ajoutez un nouvel épisode dans Aux toilettes. Que se passerait-il si eux allaient aux toilettes? Transformez l’histoire : comment serait-elle si elle se passait dans la classe? En vous inspirant des Héros de la canicule, dressez une liste de choses à faire pour lutter contre la canicule lorsque la piscine est fermée et qu’il n’y a pas de climatisation. Inventez la suite d’On aurait dit. Décrivez un nouveau suspect potentiel dans Le voleur de sandwichs. Marin vante la qualité de ses sandwichs, imitez-le et organisez une dégustation de vos sandwichs préférés, dont vous écrirez les recettes.»

On peut acheter le numéro en ligne (automne 2020) sur le site Les Libraires en cliquant ici.




 

27 août 2020

L'Alerte au feu - 2 critiques

Le 22 août 2020, Louise-Maude Rioux Soucy écrit dans Le Devoir au sujet de L'Alerte au feu.

«Pas de fumée sans feu
Notre exemplaire dépenaillé du Voleur de sandwichs accuse d’assidues fréquentations. C’est dire combien sa suite, L’alerte au feu (La Pastèque), était attendue. C’est qu’André Marois a le chic pour broder une intrigue ayant du « rebondi ». Le trait rond de Célia Marquis, à la fois naïf et grinçant, en relais de Patrick Doyon, ajoute ce qu’il faut d’esprit pour embraser cette enquête. Verdict familial ? La magie opère toujours, L’alerte au feu effleurant, au surplus, et avec juste ce qu’il faut de désinvolture, des notions complexes comme le racisme, le sexisme ou la pauvreté. Craquant !»
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
 Dans La Presse, Marie Allard signe un long entretien, avec photos et tout. Vraiment un bel article.
 

05 août 2020

L'Alerte au feu est lancée

Et voilà, six ans après Le voleur de sandwichs: L'Alerte au feu est lancée en librairie. La suite des aventures dans la classe de madame Tzatziki est cette fois-ci racontée par Marie.
Les superbes illustrations sont de Célia Marquis. Un autre style graphique, mais toujours un découpage par journée d'enquête, du lundi au jeudi.
Présentation de l'éditeur:
« Il  fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise...»
Et voici ma présentation dans une vidéo tournée et montée par Charlie Marois : cliquer ici.
J'ai hâte de connaître vos réactions. Forcément, on pense déjà à la suite.
L'histoire a été écrite il y a plus de deux ans, mais certaines images sont étonnamment d'actualité...


27 juin 2020

Ma ruelle sans nom

J'adore les ruelles montréalaises pour leur ambiance, leur ombre, leur vétusté. Surtout, je les considère comme de fabuleux terrains de jeu. J'aime aussi qu'elles ne portent pas de nom.
Je les ai souvent utilisées dans mes livres, en les idéalisant.
J'habite à la même adresse depuis 1999 et ma ruelle a donc servi de cadre pour plusieurs histoires.
Dans la série d'enquêtes Jérémie et Malie, le titre Avis de recherche se déroule dans ma ruelle, entre deux rues du Plateau Mont-Royal.
Illustration: Luc Melanson
Tout le monde dehors! se passe dans la même ruelle, mais en plein hiver.

La bataille d'eau finale des Héros de la canicule a lieu au même endroit, mais l'été. J'ai fourni mon repérage à l'illustrateur Cyril Doisneau.

Avec la pandémie en cours, ma ruelle ressemble vraiment à mes livres. Elle est pleine de cris et de rires. Une bande de six garçons y jouent à une extrémité à des aventures sans fin. Les nombreuses cachettes créées par les travaux dans les cours permettent des poursuites que je suis chaque fois que j'y passe en vélo.
Illustration: Cyril Doisneau
Des parents ont même construit un petit chemin de ronde derrière leur clôture et la réalité rejoint ma fiction.
Ailleurs aussi, les riverains ont pris le contrôle de ces terrains libres. C'est un vrai plaisir que de s'y promener entouré de petits vélos, de jeux d'échec géants, de paniers de baskets et de jardins improvisés.
La Covid 19 aura eu ça de bon: rendre les ruelles aux enfants et leur permettre de jouer derrière chez eux en sécurité avec leurs ami.e.s.






07 juin 2020

Voir Van Gogh

C'est malheureusement officiel: le magazine culturel Voir cesse toutes ses activités. Même s'il ne restait qu'une version numérique pas du tout comparable aux grandes années papier de cet hebdo, la décision fait mal et attriste.
Dans mon cas, c'est un journal capital, car j'y ai gagné le concours de nouvelles en 1993, sur le thème du polar. J'étais à Montréal depuis quelques mois seulement et l'écriture me hantait. J'avais pondu un court roman, refusé par tous les éditeurs contactés, et ce prix m'a donné un incroyable élan. Quelque part, des inconnus appréciaient mon travail! Ce fut essentiel.
Publiée pleine page, ma nouvelle Van Gogh a encore frappé me posait comme un vrai écrivain en devenir. J'avais même touché un chèque de 500$ !
En plus, la présence de Pierre Foglia dans le jury avait tout pour me réjouir.
À l'époque (et pendant longtemps, en fait), je n'avais pas de laveuse, alors j'allais le dimanche laver mon linge sale en public, à la buanderie du coin, place Roy. Un jour, j'ai vu cette charmante jeune femme qui lavait des serviettes très tachées de rouge. Ce fut mon élément déclencheur.
Je parle souvent de cette histoire dans mes rencontres scolaires. Elle illustre bien ma démarche: partir d'un quotidien très ordinaire pour élaborer des histoires noires.
Van Gogh a encore frappé a été ensuite publiée dans le recueil Circonstances Particulières (L'instant même, 1998) puis dans mon recueil 38 morts dont 9 femmes (Trait d'Union, 2001).
Un projet de court métrage intitulé Lobe story fut même écrit plus tard, mais jamais réalisé.
J'espère prochainement lui donner une nouvelle vie. À suivre...


05 juin 2020

Trésor caché avec Allo Prof

La première semaine du confinement, le site AlloProf m'a commandé une courte histoire pour son jeu de lecture en ligne Grimoires.
Voici donc Trésor caché, à lire et à jouer.
Une histoire de camping comme dans le temps où on allait en camping...


08 mai 2020

Covid or not Covid?

La Covid 19 apparaitra-t-elle dans les fictions en cours d’écriture? La pandémie influence-t-elle le travail actuel des auteur.trice.s? Un très bon article dans Le Devoir d’aujourd’hui, signé François Lévesque, tente d’y répondre en posant la question à des scénaristes québécois. Les réponses sont plutôt variées.

De mon côté, en cours d’écriture d’un roman pour adolescents, j’ai écrit la semaine dernière: « ... Ç’avait été une expérience inoubliable, souvent intense. On devait reprendre l’année suivante, mais il y a eu l’épidémie de coronavirus et les rassemblements ont été annulés. Ça n’a jamais repris ensuite...»

Ça servait mon histoire. Mais quelques jours plus tard, j'ai décidé de supprimer cette référence. J’ignore de quoi demain sera fait et je ne veux pas que mon livre soit ainsi marqué dans le temps.

N’empêche, j’y pense chaque jour en travaillant. Nous vivons une période que personne n’aurait cru possible. On a raconté des situations très similaires dans des livres et des films, mais cette réalité dépasse la fiction. Cela alimentera forcément des récits à venir. Mais pas tous.