10 janvier 2021

Nuit de la lecture 2021

Je participerai à l'événement Nuit de la lecture 2021, samedi 23 janvier à 18h.

Andrée Poulin et moi-même offriront une lecture croisée aux jeunes lecteurs. Je lirai mon très québécois L'Alerte au feu, alors qu'Andrée lira son Enterrer la Lune qui se passe en Inde.

On peut s'inscrire en ligne, c'est gratuit, cliquer ici. Activité184 - Enquêtes avec André Marois et voyage en Inde avec Andrée Poulin.

On peut suivre l'événement Facebook.  Il y aura des lectures toute la nuit avec 50 écrivain.e.s. C'est la fête!

 
L'Union des écrivaines et des écrivains québécois

(UNEQ), la
Fondation Lire pour réussir
et leurs partenaires vous invitent à un événement rassembleur en ligne.
Plus de 50 écrivaines et écrivains québécois vous accueilleront "chez elles et chez eux" pour vous offrir leurs mots doux, leurs mots engagés, leurs mots mystérieux, leurs mots fantastiques, leurs mots qui résonnent, et bien d’autres!
Trente activités gratuites en ligne sur une plateforme dédiée sont offertes au grand public pour tous les goûts et tous les âges.
Les activités ne seront ni enregistrées, ni rediffusées. Saisissez votre chance!
Découvrez toute la programmation sur www.nuitlecture.ca et inscrivez-vous sans tarder aux activités qui vous inspirent!
L'inscription est obligatoire pour assister aux activités.
 
Avec Mélikah Abdelmoumen, Annie Bacon, Véronique Bachand, Élizabeth Baril-Lessard, Geneviève Blais, Dany Boudreault, Roxanne Bouchard, Simon Boulerice, Dominique Corneillier, Jean-Paul Daoust, Caroline Dawson, Lucile de Pesloüan, Marianne Dubuc, Rima Elkouri, Caroline Fortin, Karoline Georges, Marie-Andrée Gill, David Goudreault, Marie-Élaine Guay, Edith Kabuya, Marie Laberge, Ayavi Lake, Stéphanie Lapointe, Valérie Jessica Laporte, Martine Latulippe, Mathieu Lavoie, Magali Lémèle, Baron Marc-André Lévesque, Guy Marchamps, André Marois, MC June, Felicia Mihali, Blaise Ndala, Alex Noël, Stanley Péan, Priska Poirier, Andrée Poulin, Michèle Nicole Provencher, Jean-Christophe Réhel, Émilie Rivard, Renée Robitaille, Francine Ruel, Mauricio Segura, Geneviève Thibault, Kim Thúy, Émilie Turmel, Christiane Vadnais, Laurence Veilleux, Pierre-Yves Villeneuve, Myriam Vincent, Élisabeth Vonarburg et Jo Walton.



13 décembre 2020

Mon top 17 pour 2020

Comme beaucoup en ces temps de confinement, j’ai lu et relu.

J’ai aussi décidé d’écrire quelques notes de lecture à chaud — pour mieux me souvenir de chaque roman, essai, BD.

Voici donc les 17 livres que j’ai préférés, parmi mes 57 lectures de l’année 2020 (à ce jour). Pas que du polar et pas que des nouveautés. Tout cela reste totalement subjectif et lié au moment présent.

 

On notera :

— La présence à trois reprises de Mad Max dans mes commentaires.

— Les numéros 7, 39 et 43 sont ici grâce aux bons conseils de Norbert Spehner.

— Mon coup de cœur incontesté : Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier — la rencontre au sommet entre le roman noir et la littérature. Merci à ma sœur Martine pour cette recommandation.

 

1 — Dans la forêt, Jean Hegland, 1996, Gallmeister.

Une fable survivaliste superbe, parce que juste, poétique, naturaliste. Deux sœurs doivent survivre en pleine forêt du Dakota du Nord, alors que le monde collapse sans qu’on sache pourquoi. Elles doivent tout apprendre seules : l’amour, le jardinage, la nature, le doute et la peur. Publié 20 ans avant la vague récente de dystopies et de catastrophes. Original et puissant. ****

 

7 — La police des fleurs, des arbres et des forêts, Romain Puértolas, 2019, Albin Michel.

Un jeune inspecteur de police est envoyé dans le village de P. pour enquêter sur le meurtre de Joël, retrouvé en petits bouts dans des sacs. Un roman épistolaire situé en 1961. C’est vraiment bien mené, amusant, mais aussi passionnant. L’écriture plutôt légère sert le propos. Et la finale totalement inattendue m’a scotché. J’ai adoré. ****

 

9 — Payer la terre, Joe Sacco, 2020, Futuropolis.

BD-reportage fouillée, passionnante et belle, à la rencontre des premières nations des Territoires du Nord-Ouest canadiens. Je l’ai lue dans l’avion qui m’emmenait à Yellowknife. 264 pages essentielles pour apprendre et comprendre. ****

 

18 — La Route, Cormac Mc Carthy, 2006, L’Olivier.

Relecture confinée. Toujours aussi noir, terrible, puissant. ****

 

27 — Chien blanc, Romain Gary, 1970, Folio.

À Los Angeles, Gary découvre que son berger allemand a été dressé pour attaquer les Noirs. Un récit terrible : 1968, assassinat de Martin Luther King, Bobby Kennedy, Jean Seberg, les luttes contre le racisme. Sincère, cynique, désillusionné. ****

 

28 — Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, 2015, Albin Michel.

Gros coup de cœur que je n’attendais pas. L’histoire de l’humanité. Passionnant, j’ai tellement appris. Simple, compréhensible, bien écrit, parfois drôle. ****

 

30 — Un océan de rouille, C. Robert Cargill, 2020, Albin Michel.

Un Mad Max sans humains, mais avec plein d’IA. Un monde de robots. Émotion, évolution. Fragile, une robot, raconte. Je l’ai recommandé en masse. ****

 

34 — Le Consentement, Vanessa Springora, 2020, Grasset.

Un livre qui se dévore, avec un sentiment de voyeurisme au début, puis l’écriture et les réflexions de l’autrice nous percutent. Un texte fort et courageux, essentiel, qui rétablit la place du consentement des ados. Et affronte l’hypocrisie criminelle des vieux cochons pédophiles. ****

 

35 — L’été circulaire, Marion Brunet, 2018, Albin Michel.

Un roman noir dans un milieu provincial français. On pense à Nicolas Mathieu (qui a suggéré le titre à l’autrice). Deux jeunes sœurs, l’une est enceinte à seize ans. Tension avec les parents, la petite vie, la violence ordinaire, l’envie de se barrer ailleurs. Très beau style, très senti, tendu, juste, émouvant. Un polar sans flics ni effets de manche, qui touche, émeut. On y croit, parce que c’est la vraie vie, sans flafla, sans filtre. Beaucoup aimé. ****

 

39 — Fin de siècle, Sébastien Gendron, 2020, Série Noire Gallimard.

Des mégalodons qui peuplent les océans et bouffent tout. Des riches autour de la Méditerranée protégée par des herses géantes. Écriture jouissive, ellipses et failles temporelles. Un immense plaisir de lecture. Du noir mâtiné de SF. ****

 

42 — Le Lièvre d’Amérique, Mireille Gagné, 2020, La Peuplade.

Une femme qui souffre d’hyperactivité. Une jeunesse sur l’Île aux Grues et la rencontre d’Eugène qui adore la nature et ses animaux. La femme subit une sorte de mutation. Courts chapitres qui racontent les trois niveaux d’histoire, avec une introduction sur les particularités du fameux lièvre d’Amérique. Écriture sensible, sentie. Parabole sur le monde moderne et notre rapport à la nature. Dévoré. Superbe. ****

 

43 — Je suis Pilgrim, Terry Hayes, 2012, JC Lattès.

Entre roman d’espionnage et polar, un récit haletant, passionnant, intelligent. À partir d’un meurtre mystérieux dans un hôtel de Manhattan, le personnage principal, agent très spécial américain, raconte son parcours jusqu’à cette aventure hors du commun. Pas trop mon genre d’histoire a priori, pourtant un scénario époustouflant (l’auteur est scénariste – Mad Max 2 entre autres — à Hollywood). Rebondissements incessants, trouvailles, méchants diaboliques et enjeu énorme à confronter. Du très gros calibre avec du suspense sur près de 650 pages et malgré tout de l’humanité sensible. On attend le film ! ****

 

44 — Chroniques d’une station-service, Alexandre Labruffe, 2019, Verticales.

Une sorte de journal poétique et loufoque d’un pompiste, écrit en fragments numérotés. Le quotidien, le rêve, les clients. Il tombe amoureux d’une Japonaise qui pratique l’hojojutsu. Il organise des expos photo dans sa station-service, regarde Mad Max à la télé, cite Baudrillard à répétition. Des gens laissent des livres codés pour d’autres… Très amusant, ironique, désinvolte. J’y ai aussi appris deux mots : durian et quasar. ****

 

50 — La vie d’artiste, Catherine Ocelot, 2018, Mécanique générale.

Une bande dessinée où Ocelot rencontre différents artistes pour discuter de leur existence. C’est original et drôle et bien senti. Ocelot se met en scène dans un personnage étrange et coloré. Relu et aimé encore davantage. ****

 

51 — Courir, Jean Echenoz, 2008, Minuit.

L’histoire d’Émile Zatopek, immense coureur tchèque, revue et racontée avec humour et style. Echenoz est ici à son meilleur, car il a quelque chose de fort à nous écrire, tout comme dans ses deux autres courtes bios de Ravel et Tesla. C’est à la fois passionnant, humoristique, satirique, admiratif et distancié. Un grand bonheur de relecture en temps de Covid. ****

 

52 — La petite dernière, Fatima Daas, 2020, Notabilia.

Une lecture qui vous happe. Magnifique écriture à la première personne, avec une accroche qui se répète, jamais tout à fait la même. J’avais peur de lire le témoignage d’une beurette un brin provocatrice. Pas du tout. C’est beau, juste et sincère. Ça nous ouvre un monde poignant. C’est complexe et simple à la fois. Je l’ai sûrement lu trop vite. Je vais y retourner. ****

 

53 — Histoires de la nuit, Laurent Mauvignier, 2020, Minuit.

Je ne voulais pas le lire à cause de ses 640 pages. Et puis, une critique dans Le Monde, une autre dans En attendant Nadeau, et ma sœur Martine qui m’en parle… J’ai plongé. Un roman noir magnifiquement écrit. Des phrases si longues, si belles, si accrocheuses. On vibre dans la tête de chacun.e, on tremble, on ne peut plus arrêter de lire. C’est terrible, si bien décrit, si puissant et humain. L’histoire de ce huis clos fonctionne à merveille, parce que juste et étouffante, jusqu’à la fin. Mon coup de cœur de la pandémie. On voudrait relire chaque interminable phrase pour ne rien oublier. Bravo ! *****


 

 

 

21 novembre 2020

J'aime les contraintes

Jaime les textes de commande. Jaime les contraintes, les délais, les obligations. Jaime gagner ma vie en écrivant de la fiction. Je trouve ça gratifiant. Raconter une nouvelle histoire nest jamais simple ni gagné davance, mais toujours stimulant.


Jétais heureux que Laurent Rabatel me demande décrire un court texte de fiction, une nouvelle, pour le site La classe à la maison. Javais entière liberté, mais Laurent ma parlé de cette idée que sa fille Zoé avait eue pour un court métrage au cégep, qui ne sétait jamais réalisé. Elle avait imaginé un monde où lon ne peut prononcer que dix mots par jour. Ensuite, on devenait aphone jusquau lendemain. Libre à moi de rebondir là-dessus ou décrire tout autre chose. Jai adoré le monde de Zoé, avec son impératif si particulier. Je me suis aussitôt mis à écrire sans savoir comment cela pouvait finir. Cest ainsi quest né Dis-moi dix mots.

Illustration: Alain Pilon

Le texte est illustré par Alain Pilon. Il est disponible gratuitement en ligne. On y trouve des jeux, des exercices pour les élèves du primaire et du secondaire. Cest à vous !

Illustration: Alain Pilon



18 novembre 2020

Triple finaliste

Cet automne est très généreux pour moi, car me voici trois fois finaliste, dans trois prix avec trois livres différents. Ça donne envie de continuer à écrire...

L'Alerte au feu est finaliste au Prix des libraires 2021, catégorie jeunesse 6-11 ans. Les gagnants seront annoncés en février 2021.

À une minute près est finaliste au Prix jeunesse des univers parallèles 2021. Le gagnant sera annoncé en avril 2021.

Les Héros de la canicule est finaliste au Prix Tamarac 2021 des bibliothèques de l'Ontario. Le gagnant sera annoncé en mai 2021.



01 octobre 2020

Fric-Frac, parcours d'un billet de banque

Après Moi, c'est Tantale qui a connu un beau succès critique et public, Angèle Delaunoy m'a proposé d'écrire un nouveau livre dans la collection Griff chez Isatis. Le thème: l'argent. 

J'ai tout de suite accepté, mais parler d'argent aux adolescents, ce n'est pas évident. Après plusieurs tentatives et propositions, j'ai finalement écrit Fric-Frac, parcours d'un billet de banque

 

Voici la présentation de la maison d'édition: «A travers la vie de Sandra, de Jean-Guy, de Mme Casini et de bien d’autres, suivez le parcours d’un billet de banque et découvrez l’histoire de l’argent, du cash, du blé, du pognon… Mais qu’est-ce que l’argent? Que représente-t-il pour chacun d’entre nous? Une coupure de 50 $ c’est le pactole ou de la petite monnaie ? On épargne pour réaliser un projet d’études ou, au contraire, l’argent nous brûle les doigts et se dépense aussi rapidement qu’il a été gagné? Un roman graphique percutant qui fait réfléchir sur notre rapport à l’argent!»

On suit donc un billet de 50 $ qui va rencontrer plusieurs personnes ayant des rapports différents à l'argent: une voleuse, un joueur compulsif, une retraitée, un grippe-sou...
Des vignettes informatives traitent de sujet précis autour du cash: les paradis fiscaux, la longévité d'un billet, le rôle des banques, la fausse monnaie, la générosité, la monnaie électronique...
Les illustrations sont signées par la talentueuse Pauline Stive qui réalise ici sont premier livre jeunesse. Superbe!

On en parle: André Marois a choisi de parler d’argent aux jeunes, et de le faire en suivant l’épopée d’un billet de banque, lequel passera de main en main dans Fric-Frac : Parcours d’un billet de banque (Isatis). Si le tout se situe à égale distance entre le documentaire, l’album et la prise de position, le rendu est relevé par les illustrations nombreuses et parlantes de Pauline Stive.
Les libraires, No 120, Septembre – Octobre 2020

 

22 septembre 2020

Exploiter mes livres en classe

Dans les dernier numéro de Lurelu, «la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature pour la jeunesse», Danièle Couchesne propose des pistes d'animation en classe pour quatre livres dont je suis l'auteur.


Dans la rubrique Des livres à exploiter, elle analyse et commente Aux toilettes, Le Voleur de sandwichs, Les Héros de la canicule et On aurait dit.

C'est très fouillé et plutôt flatteur. Danièle Couchesne souligne mon goût pour «Le pouvoir de l'imagination au quotidien» et le lien différent qui s'est créé entre les textes et les quatre illustrateurs. «Dans ses œuvres pour les plus jeunes, André Marois sait capter l’esprit de l’enfance, avec sa naïveté, sa spontanéité et sa capacité à balayer l’ennui du quotidien à grands coups d’imagination. Il s’inspire de la vie de tous les jours et propose de transformer l’ordinaire en quelque chose de beaucoup plus intéressant et amusant. Explorons deux albums et deux romans graphiques pour découvrir cet auteur prolifique.»

Elle propose plusieurs pistes pour exploiter les livres avec des élèves :  « Invitez les enfants à faire un remue-méninge d’évènements de leur vie qui pourraient servir d’amorce pour une histoire. Ou invitez-les à écrire une histoire drôle en réutilisant un des procédés humoristiques observés, ou alors à créer une histoire où l’imagination des personnages est importante.

Ajoutez un nouvel épisode dans Aux toilettes. Que se passerait-il si eux allaient aux toilettes? Transformez l’histoire : comment serait-elle si elle se passait dans la classe? En vous inspirant des Héros de la canicule, dressez une liste de choses à faire pour lutter contre la canicule lorsque la piscine est fermée et qu’il n’y a pas de climatisation. Inventez la suite d’On aurait dit. Décrivez un nouveau suspect potentiel dans Le voleur de sandwichs. Marin vante la qualité de ses sandwichs, imitez-le et organisez une dégustation de vos sandwichs préférés, dont vous écrirez les recettes.»

On peut acheter le numéro en ligne (automne 2020) sur le site Les Libraires en cliquant ici.




 

27 août 2020

L'Alerte au feu - 2 critiques

Le 22 août 2020, Louise-Maude Rioux Soucy écrit dans Le Devoir au sujet de L'Alerte au feu.

«Pas de fumée sans feu
Notre exemplaire dépenaillé du Voleur de sandwichs accuse d’assidues fréquentations. C’est dire combien sa suite, L’alerte au feu (La Pastèque), était attendue. C’est qu’André Marois a le chic pour broder une intrigue ayant du « rebondi ». Le trait rond de Célia Marquis, à la fois naïf et grinçant, en relais de Patrick Doyon, ajoute ce qu’il faut d’esprit pour embraser cette enquête. Verdict familial ? La magie opère toujours, L’alerte au feu effleurant, au surplus, et avec juste ce qu’il faut de désinvolture, des notions complexes comme le racisme, le sexisme ou la pauvreté. Craquant !»
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE
 Dans La Presse, Marie Allard signe un long entretien, avec photos et tout. Vraiment un bel article.
 

05 août 2020

L'Alerte au feu est lancée

Et voilà, six ans après Le voleur de sandwichs: L'Alerte au feu est lancée en librairie. La suite des aventures dans la classe de madame Tzatziki est cette fois-ci racontée par Marie.
Les superbes illustrations sont de Célia Marquis. Un autre style graphique, mais toujours un découpage par journée d'enquête, du lundi au jeudi.
Présentation de l'éditeur:
« Il  fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise...»
Et voici ma présentation dans une vidéo tournée et montée par Charlie Marois : cliquer ici.
J'ai hâte de connaître vos réactions. Forcément, on pense déjà à la suite.
L'histoire a été écrite il y a plus de deux ans, mais certaines images sont étonnamment d'actualité...


27 juin 2020

Ma ruelle sans nom

J'adore les ruelles montréalaises pour leur ambiance, leur ombre, leur vétusté. Surtout, je les considère comme de fabuleux terrains de jeu. J'aime aussi qu'elles ne portent pas de nom.
Je les ai souvent utilisées dans mes livres, en les idéalisant.
J'habite à la même adresse depuis 1999 et ma ruelle a donc servi de cadre pour plusieurs histoires.
Dans la série d'enquêtes Jérémie et Malie, le titre Avis de recherche se déroule dans ma ruelle, entre deux rues du Plateau Mont-Royal.
Illustration: Luc Melanson
Tout le monde dehors! se passe dans la même ruelle, mais en plein hiver.

La bataille d'eau finale des Héros de la canicule a lieu au même endroit, mais l'été. J'ai fourni mon repérage à l'illustrateur Cyril Doisneau.

Avec la pandémie en cours, ma ruelle ressemble vraiment à mes livres. Elle est pleine de cris et de rires. Une bande de six garçons y jouent à une extrémité à des aventures sans fin. Les nombreuses cachettes créées par les travaux dans les cours permettent des poursuites que je suis chaque fois que j'y passe en vélo.
Illustration: Cyril Doisneau
Des parents ont même construit un petit chemin de ronde derrière leur clôture et la réalité rejoint ma fiction.
Ailleurs aussi, les riverains ont pris le contrôle de ces terrains libres. C'est un vrai plaisir que de s'y promener entouré de petits vélos, de jeux d'échec géants, de paniers de baskets et de jardins improvisés.
La Covid 19 aura eu ça de bon: rendre les ruelles aux enfants et leur permettre de jouer derrière chez eux en sécurité avec leurs ami.e.s.






07 juin 2020

Voir Van Gogh

C'est malheureusement officiel: le magazine culturel Voir cesse toutes ses activités. Même s'il ne restait qu'une version numérique pas du tout comparable aux grandes années papier de cet hebdo, la décision fait mal et attriste.
Dans mon cas, c'est un journal capital, car j'y ai gagné le concours de nouvelles en 1993, sur le thème du polar. J'étais à Montréal depuis quelques mois seulement et l'écriture me hantait. J'avais pondu un court roman, refusé par tous les éditeurs contactés, et ce prix m'a donné un incroyable élan. Quelque part, des inconnus appréciaient mon travail! Ce fut essentiel.
Publiée pleine page, ma nouvelle Van Gogh a encore frappé me posait comme un vrai écrivain en devenir. J'avais même touché un chèque de 500$ !
En plus, la présence de Pierre Foglia dans le jury avait tout pour me réjouir.
À l'époque (et pendant longtemps, en fait), je n'avais pas de laveuse, alors j'allais le dimanche laver mon linge sale en public, à la buanderie du coin, place Roy. Un jour, j'ai vu cette charmante jeune femme qui lavait des serviettes très tachées de rouge. Ce fut mon élément déclencheur.
Je parle souvent de cette histoire dans mes rencontres scolaires. Elle illustre bien ma démarche: partir d'un quotidien très ordinaire pour élaborer des histoires noires.
Van Gogh a encore frappé a été ensuite publiée dans le recueil Circonstances Particulières (L'instant même, 1998) puis dans mon recueil 38 morts dont 9 femmes (Trait d'Union, 2001).
Un projet de court métrage intitulé Lobe story fut même écrit plus tard, mais jamais réalisé.
J'espère prochainement lui donner une nouvelle vie. À suivre...