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10 février 2021

Comment j'ai écrit «Trois minutes de plus»

J’avais d’abord écrit et publié une nouvelle intitulée Pomme Z, dans laquelle j’inventais ce monde où la Fonction existe — un monde où l’on peut effacer une minute de sa vie, mais une seule fois dans sa vie.

Je suis ensuite parti de ce court texte pour écrire un roman noir pour adultes : La Fonction.

Une professeure de littérature au collégial m’a plus tard suggéré d’écrire un roman pour adolescents qui reprendrait le système de la Fonction. J’ai donc imaginé À une minute près, publié chez Leméac jeunesse. 

Je n’avais pas prévu de suite, mais mon éditrice, Linda Amyot, m’a lancé l’idée de retrouver les deux enfants du roman, Florence et Nicolas, dix ans plus tard.

C’est ainsi qu’est né Trois minutes de plus. Ça m’a permis d’aller plus loin dans la réflexion sur les choix qu’on peut prendre ou regretter. Les deux personnages ont des visions très différentes de l’existence et leurs rapports avec cette Fonction sont opposés.

On est dans la science-fiction.

La nouvelle Pommez Z a d'abord été publiée dans le recueil Du cyan plein les mains (2006).

L'histoire a été adaptée pour un court-métrage réalisé par Les*Marois et sélectionné au festival Fantasia en 2009.

Le roman noir pour adultes La Fonction a été publiée en 2013. 

Le roman pour adolescents À une minute près a été publié chez Leméac jeunesse en 2019. 

On peut voir ma grosse face dans une courte vidéo où je raconte une anecdote d'écriture de Trois minutes de plus.

En librairie le 24 février 2021

 




 

22 septembre 2020

Exploiter mes livres en classe

Dans les dernier numéro de Lurelu, «la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature pour la jeunesse», Danièle Couchesne propose des pistes d'animation en classe pour quatre livres dont je suis l'auteur.


Dans la rubrique Des livres à exploiter, elle analyse et commente Aux toilettes, Le Voleur de sandwichs, Les Héros de la canicule et On aurait dit.

C'est très fouillé et plutôt flatteur. Danièle Couchesne souligne mon goût pour «Le pouvoir de l'imagination au quotidien» et le lien différent qui s'est créé entre les textes et les quatre illustrateurs. «Dans ses œuvres pour les plus jeunes, André Marois sait capter l’esprit de l’enfance, avec sa naïveté, sa spontanéité et sa capacité à balayer l’ennui du quotidien à grands coups d’imagination. Il s’inspire de la vie de tous les jours et propose de transformer l’ordinaire en quelque chose de beaucoup plus intéressant et amusant. Explorons deux albums et deux romans graphiques pour découvrir cet auteur prolifique.»

Elle propose plusieurs pistes pour exploiter les livres avec des élèves :  « Invitez les enfants à faire un remue-méninge d’évènements de leur vie qui pourraient servir d’amorce pour une histoire. Ou invitez-les à écrire une histoire drôle en réutilisant un des procédés humoristiques observés, ou alors à créer une histoire où l’imagination des personnages est importante.

Ajoutez un nouvel épisode dans Aux toilettes. Que se passerait-il si eux allaient aux toilettes? Transformez l’histoire : comment serait-elle si elle se passait dans la classe? En vous inspirant des Héros de la canicule, dressez une liste de choses à faire pour lutter contre la canicule lorsque la piscine est fermée et qu’il n’y a pas de climatisation. Inventez la suite d’On aurait dit. Décrivez un nouveau suspect potentiel dans Le voleur de sandwichs. Marin vante la qualité de ses sandwichs, imitez-le et organisez une dégustation de vos sandwichs préférés, dont vous écrirez les recettes.»

On peut acheter le numéro en ligne (automne 2020) sur le site Les Libraires en cliquant ici.




 

27 juin 2020

Ma ruelle sans nom

J'adore les ruelles montréalaises pour leur ambiance, leur ombre, leur vétusté. Surtout, je les considère comme de fabuleux terrains de jeu. J'aime aussi qu'elles ne portent pas de nom.
Je les ai souvent utilisées dans mes livres, en les idéalisant.
J'habite à la même adresse depuis 1999 et ma ruelle a donc servi de cadre pour plusieurs histoires.
Dans la série d'enquêtes Jérémie et Malie, le titre Avis de recherche se déroule dans ma ruelle, entre deux rues du Plateau Mont-Royal.
Illustration: Luc Melanson
Tout le monde dehors! se passe dans la même ruelle, mais en plein hiver.

La bataille d'eau finale des Héros de la canicule a lieu au même endroit, mais l'été. J'ai fourni mon repérage à l'illustrateur Cyril Doisneau.

Avec la pandémie en cours, ma ruelle ressemble vraiment à mes livres. Elle est pleine de cris et de rires. Une bande de six garçons y jouent à une extrémité à des aventures sans fin. Les nombreuses cachettes créées par les travaux dans les cours permettent des poursuites que je suis chaque fois que j'y passe en vélo.
Illustration: Cyril Doisneau
Des parents ont même construit un petit chemin de ronde derrière leur clôture et la réalité rejoint ma fiction.
Ailleurs aussi, les riverains ont pris le contrôle de ces terrains libres. C'est un vrai plaisir que de s'y promener entouré de petits vélos, de jeux d'échec géants, de paniers de baskets et de jardins improvisés.
La Covid 19 aura eu ça de bon: rendre les ruelles aux enfants et leur permettre de jouer derrière chez eux en sécurité avec leurs ami.e.s.






07 juin 2020

Voir Van Gogh

C'est malheureusement officiel: le magazine culturel Voir cesse toutes ses activités. Même s'il ne restait qu'une version numérique pas du tout comparable aux grandes années papier de cet hebdo, la décision fait mal et attriste.
Dans mon cas, c'est un journal capital, car j'y ai gagné le concours de nouvelles en 1993, sur le thème du polar. J'étais à Montréal depuis quelques mois seulement et l'écriture me hantait. J'avais pondu un court roman, refusé par tous les éditeurs contactés, et ce prix m'a donné un incroyable élan. Quelque part, des inconnus appréciaient mon travail! Ce fut essentiel.
Publiée pleine page, ma nouvelle Van Gogh a encore frappé me posait comme un vrai écrivain en devenir. J'avais même touché un chèque de 500$ !
En plus, la présence de Pierre Foglia dans le jury avait tout pour me réjouir.
À l'époque (et pendant longtemps, en fait), je n'avais pas de laveuse, alors j'allais le dimanche laver mon linge sale en public, à la buanderie du coin, place Roy. Un jour, j'ai vu cette charmante jeune femme qui lavait des serviettes très tachées de rouge. Ce fut mon élément déclencheur.
Je parle souvent de cette histoire dans mes rencontres scolaires. Elle illustre bien ma démarche: partir d'un quotidien très ordinaire pour élaborer des histoires noires.
Van Gogh a encore frappé a été ensuite publiée dans le recueil Circonstances Particulières (L'instant même, 1998) puis dans mon recueil 38 morts dont 9 femmes (Trait d'Union, 2001).
Un projet de court métrage intitulé Lobe story fut même écrit plus tard, mais jamais réalisé.
J'espère prochainement lui donner une nouvelle vie. À suivre...


22 avril 2020

Lectures confinées

En ces temps de pandémie, il ne se passe pas grand-chose de positif pour les auteurs. On essaie de survivre, de lire, d'écrire...
Il y a quand même de nombreuses initiatives pour animer le milieu littéraire, surtout pour la jeunesse. On espère que ça nous sauvera du pire.
Côté positif, voici deux lectures de mes livres.
La première est lue par la comédienne Chloé Germentier qui lit en deux parties Petit Pat, tome 1. Tout le monde dehors!
Un titre plutôt ironique par les temps qui courent, mais elle a acheté les livres disponibles juste avant que les librairies ne ferment. C'est vraiment très réussi.
Première partie ici.
Seconde partie là.

Ensuite, à la demande du Festival de littérature jeunesse de Montréal, j'ai moi-même lu un extrait d'un de mes livres, pour Une quarantaine d'histoires. Là encore, le hasard a bien fait les choses. Étant confiné dans un chalet loin de tout, je n'avais avec moi que deux de mes livres jeunesse: Les Voleurs d'espoir et Les Voleurs de mémoire.
Dans le premier tome, les québécois sont confinés chez eux, travaillant et étudiant à distance...
On peut m'entendre lire le premier chapitre ici. 
Encore une fois, merci pour cette initiative.
De nombreux autres lectures sont disponibles via leur page Facebook.
La première couverture du roman, en 2001. Une création de Thomas Csano (que l'on reconnait).



13 novembre 2019

Mon Salon du Livre de Montréal 2019

Je serai très présent cette année au Salon du Livre de Montréal, auprès de sept éditeurs différents, pour 16 séances de signatures, une animation et plus encore!
Ce sera du mercredi 20 au dimanche 24 novembre 2019.
Horaire complet en cliquant ici.
J'espère bien vous voir...

30 septembre 2019

La saison des prix 2019

 Samedi après-midi, on annonçait les listes préliminaires 2020 des Prix des Libraires du Québec, catégorie jeunesse.
J'ai été triplement honoré, puisque Moi, c'est Tantale et À une minute près se retrouvent dans la catégorie 12-17 ans.

Ainsi que Les Héros de la canicule chez les 6-11 ans.
C'est extrêmement encourageant de se voir ainsi apprécié par les libraires.
C'est aussi rassurant de constater qu'un roman de science-fiction, un album documentaire et un roman graphique se retrouvent à cette place. Merci à ces trois éditeurs différents.
Les finalistes seront dévoilés lors de la 5e édition du Week-end Petite enfance qui aura lieu du 16 au 20 novembre 2019. Les 8 lauréat.e.s seront couronné.e.s à la fin du mois de février à la suite d’un vote électronique de tous les libraires de la province.
De son côté, en plus de cette sélection au Prix des Libraires, Moi c'est Tantale se retrouve aussi finaliste des prix suivants:
- Prix Hubert-Reeves 2019
- Prix TD 2019
- Prix Alvine-Bélisle 2019
- Prix Roberval (France) 2019
En ces temps plus qu'incertains côté environnement, le thématique de notre livre est d'actualité.
... Mais c'est quand même assez incroyable.







19 septembre 2019

La mairesse m'a écrit !

On avait envoyé Les Héros de la Canicule à Valérie Plante, la mairesse de Montréal, et elle m'a gentiment adressé cette lettre qui prouve qu'elle a bien lu notre livre. Ça fait plaisir. Merci madame Plante!
Depuis sa parution, beaucoup de belles critiques et réactions:
- Dans Le Devoir, Marie Fradette nous donne 4 étoiles. À lire ici.
- Le blogue Les Petits Pois Lisent Tout ont aussi bien apprécié. À lire là. 
- Le site TPLMoms nous recommande sa lecture. En lien ici. 
- Dans la revue Les Libraires, Sophie Gagnon-Roberge trouve que «C’est une lecture qui donne des idées pour survivre à l’été indien qui approche, mais qui fait aussi durer l’été, ses fous rires et ses idées folles encore un peu.» en lien là et en version papier dans toutes les librairies indépendantes.
- Dans Le Soleil, Vicky Sanfaçon de la librairie Pantoute parle d'un «roman graphique plein d'inventivité et d'humour». Encore 4 étoiles, à découvrir là.
- À l'émission Dessine-moi un été sur Radio-Canada, Evelyne Charuest est très enthousiaste. On l'écoute ici. 
- À l'émission Salut Bonjour sur TVA, Chrystine Brouillet évoque «une histoire amusante, pleine d’humour, de vivacité, de petits détails qui nous font sourire tout comme les illustrations si expressives.» On la regarde ici.
- Sur les ondes de Radio-Canada, émission le 15-18, Katerine Verebely partage son coup de coeur. On l'écoute là.
C'est beaucoup et c'est formidable. Merci à tou.te.s!









29 juillet 2019

Les héros de la canicule

Il fait chaud. Vraiment trop chaud ! Et la piscine est fermée à cause de l’orage. Étienne doit établir rapidement un plan anti-canicule pour éviter que ses amis et lui ne fondent sur l’asphalte…
Heureusement, il ne manque pas d’idées farfelues pour garder tout le monde au frais.
Une histoire rafraîchissante et amusante à lire en toute saison !
Les Héros de la Canicule sera en librairie le 7 août 2019.
Les illustrations sont signées Cyril Doisneau.
 
 «Devant la piscine, il n’y avait plus que nous. Les nuages s’éloignaient, le soleil a recommencé à nous chauffer, mais je savais que la piscine resterait fermée « par sécurité »
— On fait quoi maintenant pour ne plus transpirer? a demandé Rafael en essuyant ses lunettes.
— On pourrait aller dans une pharmacie, a suggéré Alexander. Il y a l’air conditionné.
— C’est plate, regarder les boîtes de médicaments. Je propose plutôt de manger une crème glacée au Patio, a répondu Zakaria le gourmand.»
Pour la petite histoire, Les Héros de la canicule est dédicacé à ma maman, «La reine des batailles d’eau.» En découvrant les dessins de Cyril Doisneau, je suis tombé en arrêt devant celui de la bataille en page 77.

La mère du jeune Étienne en pleine action m’a fait aussitôt penser à une photo de ma mère en 1995, lors d’une mémorable bataille d’eau dans son jardin en Touraine. La similitude entre les deux postures avec le boyau d’arrosage est troublante.
Cyril Doisneau a aussi dessiné mon portrait pour le livre. (Il faut le lire jusqu’au bout pour comprendre ma nudité.)
Le mot de la fin à Yvonne:
 
#canicule
#toutlemondetoutnu
#crèmeglacée
#batailledeau
#AndréMarois
#lacourteéchelle
#CyrilDoisneau

13 mai 2019

Montréal à l'eau



L’eau monte. L’inondation se propage. Montréal a décrété l’état d’urgence.
Le phénomène en cours au Québec ce printemps est maintenant officiellement relié aux changements climatiques. Ben oui !
En 2013, je publiais Les Voleurs de mémoire à La Courte échelle - un roman d’anticipation qui se déroule au Québec. J’imaginais un réchauffement climatique rapide et brutal à partir de 2027, avec les conséquences qu’on imagine : fonte des glaces, inondations, etc. Bien sûr, ma prévision semblait aller bien trop vite, Montréal étant rapidement submergée.
Mais la réalité nous rattrape aujourd’hui.
 
Lorsque je présente ce livre en classe, j’explique que je me suis inspiré de l’évolution en cours pour imaginer ce futur, en grossissant le trait. Il s’agit de science-fiction. Je présente des captures d’écran de journaux où 2014 s’annonce comme l’année la plus chaude jamais enregistrée, puis c’est pareil en 2015, 2016… Les élèves rient. Je leur explique alors qu’il n’y avait là rien de drôle, bien au contraire.
Je me demande ce qu’ils me diront l’an prochain si je refais ma présentation. Les récents mouvements de protestation des jeunes sont rassurants dans un sens. Les très nombreuses réactions outrées à la question d’examen du Ministère : «Peut-on s’adapter aux changements climatiques ?» sont rassurantes. La prise de conscience paraît effective. Les jeunes n’ont plus le choix. C’est leur destin qui se joue aujourd’hui.
Personne ne peut prédire l’avenir, mais on peut sûrement encore limiter les dégâts.
 
Extrait de Les voleurs de mémoire
À partir de 2027, le thermomètre avait peu à peu grimpé, au début d’un dixième de degré par mois, puis ça c’était emballé. En 2031, la glace avait commencé à fondre, créant des torrents d’eau froide, inondant les parties les plus basses du territoire. Des quartiers, des villages et même des villes entières avaient été ensevelis. La population avait dû quitter l’ancienne vallée du Saint-Laurent pour se réfugier en altitude.
Montréal avait disparu sous un lac de trente mètres de profondeur. La chaleur empirait sans cesse. Le climat bascula de l’hiver permanent à l’été perpétuel, jusqu’à tout dessécher, tout évaporer. Le vent s’en était mêlé et le Québec ressemblait désormais à un immense désert de sable et de terre craquelée. Une gigantesque vallée de la mort où subsistaient des poches d’habitants blottis dans leurs ziglous réfrigérés, sortant la nuit, fuyant les rayons meurtriers du soleil. L’eau, autrefois en abondance, était devenue aussi rare que le pétrole au début des années 2030.
Une fois de plus, les Québécois s’étaient adaptés. Ils s’habituaient à tout depuis des siècles, ils n’avaient pas le choix.
…

05 décembre 2014

Pas de droits, pas de chocolat

Suite aux deux billets que j'ai publiés ici au sujet de la faillite de la Courte échelle, la revue Les Libraires m'a proposé d'écrire une lettre ouverte pour donner mon point de vue et raconter mon expérience.

Le papier sort aujourd'hui dans le magazine que vous pouvez télécharger ici. Ou trouver la version papier gratuite dans une libraire indépendante.

Je l'avais mis à jour mardi dernier. Les événements se sont enchainés et nous avons appris aujourd'hui que la La courte échelle était officiellement rachetée et continuait sa route. Alleluia!