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31 décembre 2025

Mon top 25

 

Ce qu’il reste le plus de toutes mes lectures, en très peu de mots.

 

— Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker — Fabuleuse histoire d’amour et d’amitié qui traverse le temps, un long roman magistral.

 

— La société des arbres de Natalie Jean — Autofiction libre, où l’amour, la nature et la joie ont rendez-vous avec l’écriture.

 

— La maison vide de Laurent Mauvignier — Une poignante traversée du XXe siècle autour de la grand-mère et de l'arrière-grand-mère de l'auteur. Quand la mémoire familiale se raconte en se faufilant dans la maison de Marguerite et Marie-Ernestine.

 

— La petite fasciste de Jérôme Leroy — Efficace, lucide, antifa.

 

— Veuve chose de Michael Delisle — Pour le ton, l’originalité, la concision, le plaisir du jamais lu.

 

— Moi, les parapluies de François Barcelo — Hommage à l’humour, à l’écrivain, à un roman pas banal qui l’a fait entrer à la Série Noire

 

— La colline qui travaille de Philippe Manevy — Chronique juste, directe et vraie d’une famille ouvrière lyonnaise.

 

— Les yeux clos de Philippe Yong — Un journaliste veut retrouver les acteurs de faits divers qui l’ont marqué. Sortir du virtuel pour plonger dans la réalité.

 

— Implosion de Laurence Florisca Rivard — Le point de vue de trois victimes collatérales de celui qui a commis l’irréparable. Très efficace et pertinent.

 

— Poudre à danser de Stéphane Lafleur — Premier recueil de poèmes d'un auteur/chanteur/réalisateur que j'adore. On a envie de tout apprendre par coeur.  

 

Un Film: Aucun autre choix de Park Chan-wook — Nouvelle adaptation (après Costa-Gavras) du roman Le Couperet de Donald Westlake. Magnifique comédie noire à la logique implacable.

 


 

 


18 décembre 2024

Mon top 15 pour 2024


Mes lectures marqantes de l'année. Un choix subjectif, forcément subjectif...

L’Arrestation — Dan Franck — Grasset. Roman/récit de l’arrestation de l’écrivain et de son séjour à la prison de la Santé, à l’époque d’Action Directe en France, années 1980. Trahison, fidélité, engagement.

 

Mourir pour la cause — Chris Oliveros — Pow Pow. Une bd historique sur les différents acteurs de la montée du FLQ dans les années 70. J’attends le tome 2 avec impatience.

 

Nos armes — Marion Brunet — Albin Michel. Un roman noir, l’histoire de deux amantes. Un braquage qui tourne mal, la prison pour l’une. Idéalisme et littérature. Une écriture forte, saisissante. 


Fantastique histoire d’amour — Sophie Divry — Seuil. Heureuse rencontre de la romance, du fantastique et du polar. Une histoire presque plausible, mais surtout prenante, ironique, maîtrisée. 

 

Et moi, et moi, et moi — Jacques Dutronc — Le Cherche Midi. Autobiographie jubilatoire du chanteur/acteur. Humour, chanson, cinéma, vedettes, anecdotes. Ça se dévore. 

 

Les Têtes brûlées — Catherine Dorion — Lux éditeur. Récit d’une militante et députée, passionnée, révoltée, intègre. Pour vivre l’autre côté de la politique. Un livre important.

 

Les années désertées — David Clerson — Héliotrope. Un homme visite la maison de son frère mort et y découvre les manuscrits de cent romans, qu’il nous présente. Des histoires jamais joyeuses dans un roman pas comme les autres, dérangeant et foisonnant. 

 

Drive — James Sallis — Rivages noir. Un polar devenu classique, court et percutant. Des chapitres vifs, des personnages entiers, un ton unique, une écriture qui ne niaise pas.

 

Paresse pour tous et La vie est à nous — Hadrien Klent — Le Tripode. Deux romans qui se suivent, où il est question de travailler trois heures par jour, de devenir président de la République, de gouverner en respectant et appliquant ses idées. Documenté, passionnant, addictif. 

 

Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès — Romain Puertolas — Albin Michel. Une enquête sur la disparition la plus célèbre des 10 dernières années en France, où l’auteur se met en scène. La rencontre du true crime, de l’humour et de la logique. Comment dit-on page turner en français?

 

Ordures ! Journal d’un vidangeur — Simon Paré-Poupart — Lux éditeur. Un essai/témoignage sur le quotidien d’un éboueur à Montréal. Ça remet les ordures en place.

 

Cabane — Abel Quentin — L’Observatoire. L’auteur imagine ce que seraient devenus les quatre auteurs du rapport Meadows du Club de Rome, publié en 1972, qui nous alertait déjà sur la catastrophe environnementale à venir. Un roman très fouillé qui se transforme en enquête, à la recherche de ces scientifiques transposés. Parfois drôle, souvent inquiétant, toujours éveillé.

 

Les guerriers de l’hiver — Olivier Norek — Michel Lafon. Roman de la guerre méconnue entre la Russie et la Finlande en 1939. Où l’armée de Staline se casse les dents sur une armée de paysans déterminés et maîtres de leur hiver. Simo, un tireur de pointe, va semer la mort et la terreur dans les rangs russes, et devenir une légende.

 

Baignades — Andrée A. Michaud — Québec Amérique — Je finis par le meilleur. Un grand roman noir qui flirte avec l’horreur, mais pas que. Deux parties qui nous agrippent pour ne jamais nous lâcher. On retrouve l’écriture somptueuse de Bondrée, mais un brin plus fluide. La vie de famille, la logique qui pousse au crime… Bref, j’ai adoré.

 

Pendant que j’y suis :

Meilleur documentaire : La Bataille de Saint-Léonard de Félix rose, sur la lutte pour la langue française dans les années 60 à Montréal. J’adore cette époque du Québec.

Meilleur film : Emilia Perez de Jacques Audiard. Je l’ai vu au petit cinéma Moderne sur le boulevard Saint-Laurent et je souhaitais que ça ne s’arrête jamais. Je l’ai revu une semaine plus tard sur Netflix avec au moins autant de plaisir.

Meilleur concert : Gospeed you! Black emperor au MTelus. Une première pour moi. Expérience fascinante et jouissive, pour les yeux comme pour les oreilles.

Mention spéciale à la série SAMUEL sur Arte. Du pur bonbon!

 


 


23 décembre 2023

Mon top 12 pour 2023

 
Mes lectures coups de cœur de 2023 : polars, nouvelles, essais, romans et autres. Hautement subjectif.

 

La mer de la tranquillité, Émily St. John Mandel. Alto. SF. «Et si c'était toujours la fin du monde?» Magistral, poétique, miase en abîme de l'autrice, réflexions sur l'écriture. intelligence.

 

La Colère, S.A. Cosby. Sonatine. Polar. Deux pères ex-taulards, l’un noir et l’autre blanc, tous deux homophobes, décident de venger leurs deux fils gays assassinés. Puissant et tarantinesque.

 

Une, deux, trois, Dror Mishani. Série noire Gallimard. Polar. Des intrigues originales qui tournent autour de rapports hommes-femmes bien tordus. Un enquêteur qui se questionne avec beaucoup d’humanité. Tous les titres de cet auteur israélien sont remarquables.

 

Nom, Constance Debré. Flammarion. Roman/récit. Écriture minimaliste, coup de poing, addictive. Comment renier sa famille tout en la racontant.

 

Tableau final de l’amour, Larry Tremblay. La Peuplade. Roman/récit. Le peintre Francis Bacon et son amant, modèle. Poignant jusqu’à la mort, comme les toiles du maître.

 

La Méduse, Boum. Pow Pow. BD. L’histoire d’une perte de vue. Graphique et touchant.

 

Chocolaté - Le goût amer de la culture du cacao, Samy Manga. Écosociété. Essai. L’exploitation des producteurs de fève de cacao au Cameroun racontée par un jeune Camerounais qui s’en est sorti. Révoltant, saisissant.

 

Il fallait se défendre - L’histoire du premier gang de rue haïtien à Montréal, Maxime Aurélien et Ted Rutland. Mémoire d’encrier. Essai. Où l’on apprend que le racisme de la police et des blancs ont eu un effet de protection, de défense. Découverte d’une époque (80’s) où je n’étais pas au Québec.

 

De la jalousie, Jo Nesbo. Série Noire Gallimard. Polar. Des nouvelles noires sur un thème sombre par le maître du genre policier norvégien. Plaisir simple.

 

Cinq dans tes yeux, Hadrien Bels. Pocket. Roman/récit. Marseille vu de l’intérieur. Nostalgie, truculence et cinéma. Grande joie de lire !

 

Manuel d’éducation punk - La visite au musée, Myriam et Ezra Elia. Flammarion. Album. Provoquant, érudit, hilarant. Relu 100 fois avec le même bonheur.

 

Domaine Lilium, Michael Blum. Héliotrope noir. Polar. Un roman noir qui parle d’architecture. Entre Tel-Aviv, Drancy, la Bretagne, puis la Gaspésie. Original et prenant.

 

Merci à la BAnQ pour tous les essais, erreurs et découvertes.

Merci aux librairies Le Port de tête et L’Échange.

Merci à Séverine pour Cinq dans tes yeux et à Angèle Delaunoy pour Chocolaté.

 

07 janvier 2023

Mon top 14 des lectures 2022

Mes livres marquants de 2022, dans le désordre.
Pas que des nouveautés et rien de bien original, mais ce n’est pas le but.
— Connemara de Nicholas Mathieu. Malgré quelques longueurs, le roman reste gravé dans ma mémoire. Et j’aime toujours autant ce style.
– Proies de André A. Michaud. Un roman d’horreur si bien écrit, avec une intrigue qui accroche moins que celle de Bondrée.
— Un voisin trop discret, Un petit boulot et tous les romans de Iain Levinson. Gros coup de cœur pour cet écrivain américain. Pour une fois, j’ai tout lu de lui. Du noir, de l’humour, des héros du quotidien, des fins pas happy et des livres pas boursouflés.
— Mathilde ne répond pas de Tristan Saule. J’ai adoré les personnages, j’y ai cru. Je vais sûrement lire les deux autres titres de ses Chroniques de la place carrée.
— Les Années d’Annie Ernaux. Plongée dans le passé de la France que j’ai connue. Direct, triste, vrai. Une sorte d’anti-nostalgie. Merci Martine, pour le prêt!
— Lorsque le dernier arbre de Michael Christie. 4 générations de la famille Wood. Une forêt entre passé, présent et futur. Puissant et humain.
— L’Anomalie d’Hervé Le Tellier. Un avion qui se dédouble et un récit qui décolle. Addictif. Tout le monde l’a lu.
— Là où je me terre de Caroline Dawson. Récit d’une immigration au Québec. Touchant, troublant, marquant.
— Le Serpent majuscule de Pierre Lemaitre. Sombre, sanglant et cynique à souhait : que demander de plus?
— Porca Miseria de Tonino Benacquista. Autobiographie sincère et touchante d’un écrivain qui est un modèle.
— La Solitude du marathonien de la bande dessinée de Adrian Tomine. Ma BD de Noël. Tout est dans le titre et l’autodérision. Merci Guilhem!
— Leur Domaine de Jo Nesbo. Deux frères et une femme, un projet d’hôtel improbable, une intrigue originale… du bonbon norvégien.
— Paul de Michel Rabagliati et Michel Giguère. Série d’entretiens passionnants avec le créateur de la série des Paul.
Côté cinéma : La nuit du 12 de Dominik Moll. Film policier loin des clichés du genre. Une fille assassinée, des suspects, des flics ordinaires, une enquête en province. Percutant de justesse.

22 décembre 2021

Mes 12 best lectures de 21

 

Les sapins tournés de Mr. Wall à Percé

 

Du noir, mais pas que.

Des romans, mais aussi trois essais, deux bd, des nouvelles et de la poésie, toi.


À la ligne - Feuillets d’usine, Joseph Ponthus, Éditions de la Table Ronde, 2019

Des vers sans rime ni ponctuation pour raconter le quotidien d’un ouvrier à l’usine et dans un abattoir. Tout sauf superficiel et fabriqué, si loin d’une autofiction qui s’apitoierait sur son propre sort. Joseph Ponthus raconte la douleur, la précarité et l’épuisement avec toujours un rappel à la littérature et la chanson françaises pour tenir le coup. Magistral.

#coupdecoeur

 

Œdipe n’est pas coupable, Pierre Bayard, Minuit, essai, 2021

Bayard décortique Œdipe Roi de Sophocle pour démontrer qu’Œdipe est innocent. Freud, René Girard et Voltaire font partie des nombreux invités de cette brillante enquête, passionnante, érudite et même amusante.

#parricide

 

Hôtel de verre, Emily St. John Mandel, Alto, 2021

L’amour malgré tout, l’ambiance tendue, l’écriture fine. Je suis fan de cette écrivaine. Très différent de Station Eleven et c’est tant mieux. Un style à la hauteur de mon plaisir.

#pyramidedeponzi

 

L’inconnu de la poste, Florence Aubenas, L’Olivier, 2021

Une longue enquête pleine d’humanité et de suspense sur un meurtre irrésolu et un suspect aussi attachant qu’ambigu. Lecture addictive.

#coldcase

 

Wendy, Maître ès art, Walter Scott, bd, traduction de Daphné B, La Pastèque, 2021

Wandy fait sa maîtrise aux beaux-arts de l’Université de l’Enfer (Ontario). Hilarant, déjanté, trash, sans issue.

#déjantée

 

Un homme dans la foule, 1957, Budd Schulberg, nouvelle traduction de Christophe Mercier, éditions des Équateurs Parallèles, 2017

On croit lire l’ascension de Trump. Le parcours incroyable d’un manipulateur des médias, fabulateur et charismatique. La traduction précédente était nettement moins bonne. Cette nouvelle a été adaptée par Élia Kazan au cinéma en 1957.

#populisme

 

Les cowboys sont fatigués, Julien Gravelle, Leméac, 2021.

Un vrai roman noir québécois (plutôt rare) qui se déroule au nord du lac Saint-Jean. Un peu de Breaking bad chez les redneck keb. Langue parlée très bien sentie. De l’action, des méchants et une réédition au Seuil.

#romannoir

 

L’assassin qui est en moi, 1952, Jim Thompson, Rivages, 2012, première traduction intégrale par Jean-Paul Gratias.

Relecture de ce chef-d’œuvre du roman noir, sans concession, sans happy end. On est souvent mal à l’aise et c’est bon signe. «Probablement le récit le plus crédible et le plus effrayant que j’ai rencontré, écrit à la première personne, sur un esprit déformé par le crime. » selon Stanley Kubrick.

#dérangeant

 

Propriété privée, Julia Deck, Éd. Minuit, 2019

Satirique version moderne de l’installation d’un couple de bobos dans un écoquartier. Les voisins viendront forcément tout gâcher. Le ton est joyeusement dépressif.

#jubilatoire

 

Ce qu’il faut de nuit, Laurent Petitmangin, La Manufacture de livres, 2020

Un père militant communiste et ses deux fils, milieu ouvrier. Lorsque l’aîné se rapproche du FN, tout dérape. Juste, émouvant et intense. Humain, quoi.

#touchéenpleincoeur

 

Ton pays sera mon pays, Philippe Manevy, Leméac, essai, 2021

Manevy a quitté la France pour s’installer au Québec avec sa femme québécoise. Il raconte ses découvertes, émotions, lectures, différences. L’immigration, l’intégration : pas toujours simple. J’y ai retrouvé plein d’éléments vécus et découvert beaucoup d’autres.

#mauditfrançais

 

Tu ne tueras point, Hondalette-Tripp-Doisneau, Le Lombard, 2021.

Un recueil de faits divers mis en bd. Impossible de n’en lire qu’un. La misère du quotidien en images.

#plaisircoupable