21 juin 2012

Heureux d'être revenu


Je suis revenu depuis plus de deux semaines.
Montréal semble inchangée. Un embouteillage monstre pour s’extraire de Dorval. La maudite construction. Le pont Mercier sur une seule voie.
Et puis, je regarde les visages de mes enfants, de mes amis. Illuminés. Ils nous racontent tout ce que je croyais déjà connaître.
Chez les plus vieux, un mot revient sans cesse : respect. Les adultes sont épatés par cette jeunesse articulée, déterminée, ardente. Ils les ont vus occuper un territoire qu’on pensait abandonné : celui du progrès. La jeunesse québécoise impressionne ici, mais aussi dans les médias internationaux. Ça aussi, c’est nouveau.
Le premier soir, nous faisons le tour du quartier avec nos casseroles. Nous sommes peu, mais pas les seuls. Tu aurais vu la semaine dernière ! me répète-t-on.
J’observe les carrés rouges accrochés aux chandails, aux balcons et aux sacs. Une solidarité visible, tangible, provocante.
Je manifeste de nuit avec ma fille. Nous marchons vite au milieu des rues et des Francofolies. On crie, on siffle, on rigole. C’est de l’énergie au cube.
Je cogne sur des chaudrons avec ma blonde sur notre balcon à 20 h. On découvre nos voisins, on se salue d’un coup de cuillère en bois.
Quelque chose a changé. Il restera forcément des traces de tout cela. On veut y croire, mais notre gouvernement a bien appris son cours de communication 101. Il martèle le même message, jour après jour, répétant les mots qui effraient : violence et intimidation. Comment ne pas se révolter contre ce mensonge dans notre face ?
Il faudrait tout revoir en profondeur, cesser d’avoir peur. Moi le premier. Devenir solidaires, transparents, informés. Oser avoir mal. Qui sera prêt à tout transformer ? Des doigts se lèvent en masse pour se porter volontaire.
Je n’ai rien raté, puisque ça continue.
Demain, c’est le 22 juin et je participe à ma première grande manifestation. J’ai le trac. Je suis heureux d’être revenu. L'été commence bien.

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