26 juin 2012
21 juin 2012
Heureux d'être revenu
Je suis revenu depuis
plus de deux semaines.
Montréal semble inchangée.
Un embouteillage monstre pour s’extraire de Dorval. La maudite construction. Le
pont Mercier sur une seule voie.
Et puis, je regarde
les visages de mes enfants, de mes amis. Illuminés. Ils nous racontent tout ce
que je croyais déjà connaître.
Chez les plus vieux,
un mot revient sans cesse : respect. Les adultes sont épatés par cette
jeunesse articulée, déterminée, ardente. Ils les ont vus occuper un territoire
qu’on pensait abandonné : celui du progrès. La jeunesse québécoise
impressionne ici, mais aussi dans les médias internationaux. Ça aussi, c’est
nouveau.
Le premier soir, nous
faisons le tour du quartier avec nos casseroles. Nous sommes peu, mais pas les
seuls. Tu aurais vu la semaine dernière ! me répète-t-on.
J’observe les carrés
rouges accrochés aux chandails, aux balcons et aux sacs. Une solidarité
visible, tangible, provocante.
Je manifeste de nuit
avec ma fille. Nous marchons vite au milieu des rues et des Francofolies. On
crie, on siffle, on rigole. C’est de l’énergie au cube.
Je cogne sur des
chaudrons avec ma blonde sur notre balcon à 20 h. On découvre nos voisins, on
se salue d’un coup de cuillère en bois.
Quelque chose a
changé. Il restera forcément des traces de tout cela. On veut y croire, mais notre
gouvernement a bien appris son cours de communication 101. Il martèle le même
message, jour après jour, répétant les mots qui effraient : violence et intimidation.
Comment ne pas se révolter contre ce mensonge dans notre face ?
Il faudrait tout
revoir en profondeur, cesser d’avoir peur. Moi le premier. Devenir solidaires,
transparents, informés. Oser avoir mal. Qui sera prêt à tout transformer ?
Des doigts se lèvent en masse pour se porter volontaire.
Je n’ai rien raté,
puisque ça continue.
Demain, c’est le 22
juin et je participe à ma première grande manifestation. J’ai le trac. Je suis
heureux d’être revenu. L'été commence bien.
19 juin 2012
Montréal sur Seine
À découvrir dans le nouveau Urbania spécial
Paris : mes conseils à un Parisien qui souhaiterait venir s’installer à
Montréal. Ça s’intitule «Montréal sur Seine – Un éloge de la mixité». Le contraire de ce qu'on voit sur la couverture. Et ce n’est
pas une fiction.
Pour la première fois, la magazine Urbania
sera distribué en France. Ratez pas ça !
Lancement à Montréal le 21 juin.
08 juin 2012
Retour aux sources
Finalement, je suis revenu à Montréal après 7 mois de périples.
Quelques chiffres en guise de bilan provisoire :
14 vols
11 aéroports
15 maisons
3 continents
7 pays
Mais aussi de superbes expos, comme celle de Larry Clark au CO\Berlin.
Également du travail d'écriture, un peu partout. Ce n'est bien sûr jamais fini...
Ce voyage n'aurait pas été si réussi sans la rencontre de nos nouveaux amis: Anne et Gilles au Mexique, Pierre à Lisbonne, Pascal et Irra à Bali, Hanno et Hannelore à Berlin...
Sans eux, nous serions passés à côté de l'essentiel. Et puis, on se serait sentis bien seuls...
La famille était toujours au rendez-vous en France.
On a croisé des inconnus vivants et des morts célèbres.
On a mangé des trucs bizarres.
On a dansé sur du disco russe à Berlin !
On a aussi chanté un karaoké en indonésien à Bali.
Au final, que reste-t-il vraiment de ce périple? Des images, des moments, des odeurs, des découvertes, des surprises, du bonheur et plein d'autres choses que l'avenir nous révélera.
Quelques chiffres en guise de bilan provisoire :
14 vols
11 aéroports
15 maisons
3 continents
7 pays
Mais aussi de superbes expos, comme celle de Larry Clark au CO\Berlin.
Également du travail d'écriture, un peu partout. Ce n'est bien sûr jamais fini...
Ce voyage n'aurait pas été si réussi sans la rencontre de nos nouveaux amis: Anne et Gilles au Mexique, Pierre à Lisbonne, Pascal et Irra à Bali, Hanno et Hannelore à Berlin...
Sans eux, nous serions passés à côté de l'essentiel. Et puis, on se serait sentis bien seuls...
La famille était toujours au rendez-vous en France.
On a croisé des inconnus vivants et des morts célèbres.
On a mangé des trucs bizarres.
On a dansé sur du disco russe à Berlin !
On a aussi chanté un karaoké en indonésien à Bali.
Au final, que reste-t-il vraiment de ce périple? Des images, des moments, des odeurs, des découvertes, des surprises, du bonheur et plein d'autres choses que l'avenir nous révélera.
29 mai 2012
Seul dans Berlin
Dans un récent numéro, le magazine Entre
les lignes parlait de tourisme littéraire ; du rapport qu’entretiennent
certains écrivains avec les lieux reliés à leurs auteurs fétiches. J’avais
succinctement répondu à la demande de Marie-Claire Fortin.
Je me reprends aujourd’hui avec Seul dans Berlin, de Hans Fallada. Dès la première phrase, l’action est
située : «Eva Kluge la postière, monte avec lenteur l’escalier du 55 rue
Jablonski.»
Ce magnifique roman a été publié en 1947,
l’année du décès de Fallada. Il raconte le quotidien de simples Berlinois
pendant la guerre de 39-45. On y côtoie les Persicke - une famille de nazis, le
couple Quangel, la vieille frau Juive Rosenthal, le juge de paix. On vit avec les
Allemands la terreur imposée par le régime d’Hitler. La peur, la délation, la
lâcheté, le courage, les déportations, la gestapo, les SS. Le schnaps qui coule
à flots chez les puissants. Les petites gens qui tremblent, se taisent,
travaillent.
Mais surtout, on s’attache à Otto et Anna. Dès
le début du livre, ils apprennent la mort de leur fils, au front. Le jour de la
capitulation de la France. Très vite, un changement s’opère ; ils décident
de résister aux nazis en écrivant des cartes postales dénonciatrices qu’ils disséminent dans
Berlin.
Les lieux sont précisés : avenue de
Prenzlau, Alexanderplatz, parc Friedrich... Et ce fameux 55 rue Jablonski où ils habitent.
Je suis allé voir. La rue existe. Les immeubles de quatre étages aussi. Mais il
n’y a pas de 55 ; la rue s’arrête au 41.
J’ai profité de travaux au 37 pour entrer dans
un vieil immeuble où j’ai pris ces photos. On y retrouve l’ambiance décrite
dans Seul dans Berlin ; l’éclairage
faiblard, les escaliers raides...
Cette lecture est une visite guidée des lieux
et des sentiments. On ressent ce qu’a vécu la population. Un commissaire mène l’enquête et on passe du polar au roman
social avec des passages qui m’ont ramené au Paris de L’assommoir de Zola.
Primo Lévi a dit de ce livre qu’il était «l’un
des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie ».24 mai 2012
Printemps érable : une fiction?
Cette nuit, le SPVM a arrêté près de 650 personnes qui manifestaient pacifiquement à Montréal !
On est vraiment dans le grand n'importe quoi.
Je me cherchais justement une idée pour un nouveau polar jeunesse à saveur historique. Après les mesures de guerre de 70, mai 68 et la résistance à la conscription de 1918, je pourrais raconter le printemps érable aux jeunes du primaire.
À suivre...
On est vraiment dans le grand n'importe quoi.
Je me cherchais justement une idée pour un nouveau polar jeunesse à saveur historique. Après les mesures de guerre de 70, mai 68 et la résistance à la conscription de 1918, je pourrais raconter le printemps érable aux jeunes du primaire.
À suivre...
Publié par
André Marois
Catégorie :
Écrits,
En mai,
La forêt des insoumis,
Mesures de guerre
19 mai 2012
Carré rouge
Je suis parti de Montréal depuis presque sept
mois. Pour mieux y revenir. Je voyage, j’écris, j’apprends. Depuis trois mois,
un mouvement de contestation étudiant sans précédent s’est déclenché, a enflé,
ne dérougit pas. En réaction à une scandaleuse augmentation des frais de
scolarité, des centaines de milliers d’étudiants se sont mis en grève. La plus
longue grève de ce type dans l’histoire du Canada. Et face à cet élan, le
gouvernement refuse de négocier, de parler. Quand un tel mouvement envahit une
jeunesse, comment un pouvoir peut-il le nier ? La démocratie, ce n’est pas
juste voter et fermer sa gueule pendant quatre ans.
Nos deux enfants étudiants sont dans cette
grève, comme tant d’autres. De loin, je suis ce mouvement pas à pas, je n’en
manque rien, mais je ne peux manifester avec eux. Au début, je me disais que
cette grève était celle des étudiants, pas de leurs parents. Aujourd’hui, les
revendications sont celles d’un peuple qui refuse une approche néo-libérale rétrograde.
Je suis solidaire.
Et puis, ce 17 mai 2012, cette loi couperet
est votée. Je suis abasourdi. Pas dans le Québec où j’ai choisi de vivre !
Où j’ai choisi de m’installer depuis 20 ans. Où j’ai ma famille, mes amis, mes
collègues.
Je suis devenu écrivain en arrivant à Montréal.
Je suis devenu un autre homme. Partout où je vais, je suis un ambassadeur de ce
pays que j’adore. Mais là, je ne peux que raconter à ceux et celles que je
rencontre que mon pays est devenu fou, qu’il régresse avec une loi bâillon, un
coup de matraque dans les gencives de la liberté de manifester, de penser, de
se réunir, de protester.
Je rentre à Montréal le 5 juin. J’ai
l’impression que je vais débarquer en terre étrangère, dans une Hongrie de 1956.
Je suis présentement à Berlin. Le mur est tombé depuis 1989. La vie est calme,
les gens semblent heureux. Ce soir, on va regarder un match de foot. Mais je
pense à mon Québec devenu malade à cause d’un chef mégalo, autoritaire,
dangereux.
Carré rouge sur fond noir.
11 mai 2012
Sortie de garage gratis
Marie-Hélène Poitras, éditrice du site Zone d’écriture à Radio-Canada (et aussi auteur et journaliste), m’a invité à écrire
une nouvelle sous le signe du polar. Unique contrainte : le format.
Raconter une histoire entre 500 et 600 mots,
installer les personnages, développer et trouver une chute qui percute, voilà
un défi comme je les aime.
À vous de découvrir mon texte intitulé Sortie de garage, en ligne sur ce très
bon site dédié à toutes les littératures.
Un gros merci à mon frère Guy pour les
précisions techniques qui font toute la différence.
09 mai 2012
Berlin, enfin
Nous sommes à Berlin depuis deux semaines. On
adore la ville, même si n’a pas encore vu grand-chose, car on travaille dans un
petit appartement loué dans Mitte. Le quartier, autrefois côté RDA, est calme,
plein de boutiques de jeunes designers, de bars et de restaurants.
D’abord, une évidence : Berlin est une
ville d’histoire. J’ai toujours été nul en histoire. J’essaie de rattraper le
temps perdu, mes lacunes. On apprend beaucoup. Nos amis Berlinois ont vécu à
l’est depuis toujours. Ils ont un point de vue moins tranché que celui auquel on pourrait s’attendre. Une discussion sur la Stasi (nous sommes allés visiter le musée) nous
éclaire. Condamner le passé, quand on ne l’a pas connu, c’est facile. Et
dangereux. J'y reviendrai, peut-être. Il faut creuser.
À deux pas de notre appart, ce cimetière
militaire : GarnisonFriedhof. Un lieu superbe, paisible, devenu parc.
L’herbe pousse. Les gradés pourrissent.
Juste en face, un message assez clair sur un
immeuble squatté : Les soldats, c’est la mort.
Checkpoint Charlie, célèbre lieu de jonction
entre Berlin Ouest et Berlin Est, n’est plus que ce remake ringard coincé entre un MacDo et
une boutique de souvenirs.
| Ajouter une légende |
Karl Marx a toujours ses fidèles qui lui laissent des bouquets sur la Karl Marx Strasse- imposante avenue héritée de l'époque soviétique. Les rues sont presque désertes, mais des milliers de Berlinois vivent là. C'est étrange.
À visiter et rechercher partout: les höfe - les cours, successives, parfois jusqu'à quatre avant la rue suivante. Elles sont occupées par des boutiques, des restaurants, des écoles. Ou simplement habitées par les riverains. Toujours cette impression si paisible.
J’avoue qu’on ne comprend pas toujours tout,
et ce n’est pas à cause de la langue.
Bon, parfois c'est à cause de la langue. «La mort doit être supprimée...» Il faut que je potasse ce Bazon Brock.
Visite à la 7e Biennale en cours, sur le thème de «Occupy...» La signalétique est la partie la plus réussie de la manifestation.
Sinon, la vie est trépidante. On fait des rencontres surprenantes.
07 mai 2012
Cocorico
Grand plaisir de lecture que ce Cocorico de Pan Bouyoucas (Éd. XYZ).
L’idée de départ avait tout pour me
séduire : après 30 ans d’écriture et 16 polars couverts d’un succès
planétaire, un écrivain décide d’abandonner son personnage fétiche de flic,
dans le coma de son dernier livre, pour écrire un livre plus léger, plus beau.
Et éventuellement atteindre l’immortalité littéraire.
Pour y arriver, Pan Bouyoucas, comme dans
plusieurs de ses livres, envoie son écrivain sur une île de sa Grèce natale.
Son auteur pense y trouver l’inspiration, qui aura du mal à se matérialiser,
car tout le ramène vers le polar. C’est plus fort que lui, mais il refuse cette
facilité.
S’en suit tout un débat sur la superficialité
des polars, leur caractère éphémère, leur vision trop noire de la réalité. Les
dialogues sont nombreux et savoureux, surtout quand le flic de la fiction revient
exiger de son auteur qu’il lui donne une dernière histoire. Quand il lui
reproche tout ce qu’il lui a fait subir dans ses 16 aventures, plus sombres les
unes que les autres.
L’écrivain refuse d’écrire un nouvel épisode
policier. Il s’acharne autour d’une idée : le chant du coq - d’où le
titre. Il tourne en rond. Son personnage revient à la charge, se moque de lui.
J’ai dévoré ce livre, touché par le thème,
l’écriture fluide, l’humour aussi.
Pan et moi, nous nous sommes connus lors du
lancement des éditions Les Allusifs en 2001. Il y publiait L’autre, et moi Tête depioche. Ce fut une très belle aventure, intense et joyeuse.
Inscription à :
Articles (Atom)




