22 janvier 2010

Camus, Girard et moi

Rassurez-vous, je ne me compare nullement à Albert Camus, encore moi à René Girard. Mais ces deux auteurs ont, chacun à leur manière, influencé l’écriture de Sa propre mort.

Je vous explique.

Je l’ai déjà dit sur ce blogue, j’ai profité d’une bourse du CAC pour écrire mon dernier roman. Concrètement, cela signifie que j’ai effectué des recherches pratiques, mais aussi théoriques et donc passé des jours entiers à la Grande Bibliothèque. Un endroit que j’adore. Je n’avais jamais consacré autant de temps à la préparation d’un livre.

Ma technique de recherche était simple. Je tapais un mot dans le catalogue Iris et je voyais quels titres apparaissaient. L’histoire que je voulais écrire traitant de vengeance, j’ai ainsi écrit vengeance, violence, remords, honte, dégoût, mémoire, amnésie, suicide... Ces recherches m’ont amené dans différentes directions, dont la découverte de l’œuvre de René Girard et plus particulièrement de son ouvrage intitulé La Violence et le sacré. Il y décortique les mécanismes de la vengeance humaine et des moyens que l’homme a trouvés depuis la nuit des temps pour enrayer ce cycle infernal. Passionnant. Le 4e de couverture de mon livre en est imprégné.

Je suis aussi tombé sur La Chute d’Albert Camus. De cet auteur dont on célèbre l’anniversaire de la mort en ce mois de janvier 2010 (pure coïncidence), je ne connaissais que L’Étranger, un roman qui ne m’a jamais accroché. En fait, plus je le relis, plus je l’aime, mais de prime abord, la froideur générale du texte m’avait toujours laissé de marbre. À l’opposé, La Peste est un roman époustouflant par ses thèmes, ses personnages et son écriture.

Pour revenir à La Chute, je l’ai lu et relu. Une œuvre intimidante, la dernière de Camus. Le personnage principal, Jean-Baptiste Clamence est juge-pénitent, installé à Amsterdam. Il garde un souvenir précis du cri d’une femme qu'il n'a pas tenté de sauver. C’est ce qui m’intéressait dans cet ouvrage ; le rapport au souvenir, au remords, au jugement des autres, à la douleur.

Sa propre mort commence à Paris, dans le 1er arrondissement. Dans un appartement où j’ai vécu avant de venir vivre à Montréal.

Le personnage principal, Clara, va se promener avec son frère sur la Passerelle des Arts, non loin de là. Elle lui montre le pont d'où la femme du livre de Camus s'est jetée.

La Chute a ponctué mon roman, du début jusqu’à la toute fin, sans que ce soit prémédité de ma part.

L’écriture de Camus est si puissante, intelligente, dérangeante, que je ne peux me référer à cet ouvrage qu'avec une sincère humilité.

Voilà, je voulais juste rendre hommage à ces deux auteurs qui ont, malgré eux, aidé l’écriture d’un roman noir très montréalais.

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