29 août 2012

Sélection Communication-Jeunesse 2012

Chaque année, Communication-jeunesse, dont je suis membre, sélectionne les meilleurs ouvrages littéraires pour la jeunesse.
«La Sélection de livres de Communication-Jeunesse, saison 2012-2013, présente 342 titres de tous les genres littéraires et pour les enfants, depuis la naissance jusqu'à 17 ans. Cette cuvée annuelle reflète l'abondance, la richesse et la diversité de la production littéraire québécoise et canadienne-française pour la jeunesse alors que 731 ouvrages ont été soumis à nos comités de lecture par 69 maisons d'édition. »


Cette année, j'ai le plaisir d'y voir figurer mes deux derniers titres parues chez Boréal: En mai, fais ce qu'il te plait et La forêt des insoumis, présenté ainsi: «En 1917, deux frères et leur ami se cachent dans Laurentides. La guerre fait rage en Europe, et ils refusent de se soumettre à la loi canadienne qui oblige les jeunes hommes à s’enrôler. Ils connaîtront l’isolement, la faim et, surtout, la peur d’être dénoncés ou découverts par la police militaire. Échapperont-ils à la conscription ? Un roman historique captivant.»

Ma fiche complète est ici avec ma bibliographie comprenant tous mes titres déjà sélectionnés.

13 août 2012

Entre Sophie Calle et Amélie Poulain

©André Marois
Il y a un mois, j'ai trouvé des photos dans la rue. Des images qui n'auraient pas dû être là. Je les ai gardées, bien sûr. Je ne pouvais pas savoir à qui elles appartenaient.
Depuis, je m'amuse à écrire l'histoire de ces clichés. J'enquête, je cherche, j'interroge. J'ai déjà retracé le lieu de la prise de vue, mais ça ne suffit pas. Je ne peux pas montrer ces photos, alors je continue à écrire. Je demande à mes amis de me donner leur version, que je retranscris.
Je suis fasciné par la quantité d'informations contenue dans une simple photographie. Et par les multiples voies possible pour en parler. Alors je continue à écrire sur mon thème, sans objectif précis, sans délai, sans savoir si ça me mènera quelque part.
Lors de mes conférences dans les écoles, je parle beaucoup des déclencheurs, des sources d'inspiration. J'explique qu'il suffit parfois de tendre l'oreille, de rester à l'affut, de partir sur l'idée d'un personnage original, d'une question qu'on se pose... Il suffit aussi de se pencher pour ramasser ce qui traine.
Je vous en donnerai des nouvelles, à l'occasion.
J'ai toujours aimé le travail de la photographe Sophie Calle. Je ne peux pas nier que je m'en inspire un peu, à ma façon.


10 août 2012

Just Kids

Dans cette biographie, Patti Smith raconte son arrivée à New York à 20 ans, sa rencontre avec Robert Mapplethorpe et tout le cheminement avec lui. De Brooklyn au Chelsea Hotel, on suit leur parcours pour devenir artistes. 
Ils sont pauvres, jeunes et beaux dans les 70’s. 
Patti Smith, 1976 ©Mapplethorpe
Le texte est généreux, simple, sensible. Son amour et son admiration pour Mapplethorpe sont splendides.
On y côtoie Janis Joplin, Burroughs, Jimmy Hendricks, Sam Shepard, Andy Wharol... Les ¾ du bouquin se situent avant que Patty Smith ne commence à chanter. On assiste vraiment à l’éclosion de leurs talents: dessins, photos, poèmes, bijoux... Sa passion pour Rimbaud est omniprésente.
Je recommande aussi ce livre comme une balade dans la grosse Pomme (merci Geneviève Thibault). 
Un plaisir ne venant jamais seul, j’ai acheté le dernier disque de mme Smith : Banga.  Un grand bonheur à la hauteur des anciens Horses et Easter.
Et pour finir, on annonce sa visite à Montréal en novembre, en compagnie de Neil Young, rien de moins.
Fan, moi?

18 juillet 2012

4 lectures et une belle nuit

Mes 4 dernières lectures remarquables:
- Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. J'ai tout aimé dans ce roman: les personnages, l'histoire, le thème, le style et le procédé narratif. Recommandé à tout le monde.

- Les visages écrasés de Marin Ledun. Un roman noir et implacable sur le monde du travail et ses dérives mortelles. Il y a déjà eu beaucoup d'excellentes critiques, je vous invite à les lire ici, ici, ici aussi.

- La juste part de David Robichaud et Patrick Turmel. Un essai qui se lit tout seul, pour «Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains». Édité par Nouveau Projet.

- Pour mes anciens étudiants de l'Université de Sherbrooke: le manifeste de la CLASSE, intitulé Nous sommes avenir. Un peu fourre-tout, un brin racoleur, mais plus énergisant qu'un Guru.

+ Mon plus meilleur film québécois de l'été : Nuit #1

17 juillet 2012

Prolifique, moi ?

Photo prise au Palais de la Regaleira à Sintra, Portugal ©André Marois

Suis-je un auteur prolifique ? Je pose cette question, car on (amis, collègues, journalistes) m’a souvent affublé de ce qualificatif et je l’ai toujours trouvé suspect. Est-ce une qualité ou un défaut ?
Comme si écrire beaucoup, ou plutôt écrire régulièrement dans mon cas, devenait douteux. Peut-on produire et maintenir le niveau ? Je crois que Simenon, Zola et Frédéric Dard étaient prolifiques sans que cela nuise à leur œuvre.
Alors, pourquoi souligner ce trait ? Parce qu’on ne peut pas lire toute ma production ou qu’on ne veut pas? 
Pour revenir à la définition du dictionnaire : Prolifique : Se dit d’un artiste ou d’un écrivain qui produit beaucoup d’œuvres. À partir de combien commence ce «beaucoup» ? Est-ce calculé par année ou pour l’ensemble des publications ? On n’est pas plus avancé. J’ai publié, tous genres confondus, 27 livres en 13 années. Ça donne une moyenne de deux livres par an. Ce n’est pas si terrible. J’écris des polars assez courts, des albums et romans pour la jeunesse et des nouvelles. Je ne fais pas dans le pavé, plutôt dans la briquette. Et les mystères de l’édition font que, parfois, plusieurs bouquins sortent en même temps. Mais pas depuis belle lurette, vous l’aurez remarqué (avec un seul livre à mon palmarès en 2012, je risque de perdre mon appellation).
On associe souvent la prolificité aux lapins. Est-ce que j’écris plus vite que Roger Rabbit ? Ça sonne à mes longues oreilles comme pisse-copie.
Serait-ce moi qui trouve un sens négatif là où il n’y en aurait pas ? Un plombier qui installe un lavabo par jour est-il extraordinaire?
La vérité, c’est que je ne cherche pas mes idées trop longtemps. J’y bosse d’arrache-pied jusqu’à les débusquer. C’est une gymnastique de l’esprit. Ça s’entretient.
La vérité, c’est que j’ai des collègues bien plus productifs que moi. Surtout en littérature jeunesse.
La vérité, c’est que j’ai choisi d’être écrivain à temps plein. Je ne vais pas à la pêche, je ne fais pas la sieste, je travaille. Toutes ces journées sur mon ordinateur ou dans mon cahier, ça finit par se concrétiser.
La vérité, c’est aussi que je me retiens. Comme en ce moment, où je laisse mûrir mes projets.
Alors, suis-je prolifique ? Sûrement. Est-ce mal ? Je pense le contraire.
Il faut lire.

10 juillet 2012

Un goût de rouille et d'os


Je me suis intéressé à ce livre lorsque j’ai appris que Jacques Audiard en avait réalisé l’adaptation. Le fait qu’il s’agisse d’un auteur canadien m’a d’emblée attiré. Encore plus en découvrant qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles : Un goût de rouille et d’os, traduit en français en 2006 chez Albin Michel. L’auteur m’était inconnu : Craig Davidson. Né à Toronto, il vit à Calgary. Il a publié deux autres romans sous ce nom.
Je lis toujours les recueils lentement, une ou deux nouvelles maximum par jour : pour ne pas les mélanger, pour mieux les savourer. Dans le cas de ce livre, le rythme était parfait.
Les histoires traitent de boxe amateur, de combats de chiens, de basket de rue, de misère, d’handicap physique. C’est toujours très précis, technique, percutant et âpre. Ça secoue les tripes. Les scènes de combat font mal au ventre. Les descriptions des chiens qui se déchirent sont terribles. La chute de la nouvelle en question – Un usage cruel – m’a laissé bouche bée. Les descriptions sont ultra précises : pharmacopée, anatomie, coups et blessures. Davidson semble savoir de quoi il parle. À côté de lui, j’ai l’impression d’écrire des romans Harlequin.
J’ai quand même hésité à parler de ce livre à cause de la dernière nouvelle, la plus longue : Précis d’initiation à la magie moderne. La moins réussie selon moi, car elle s’éloigne trop de la réalité des autres.
Le film d’Audiard - De rouille et d’os - est une adaptation de l’histoire intitulée La fusée, où un entraineur d’orque est grièvement blessé, avec des ambiances et des bouts d’autres nouvelles. Mais n’ayant pas vu le film, je ne m'avance pas trop. Il n’est pas encore arrivé au Québec. En attendant, bonne lecture !

26 juin 2012

Révolté, vraiment ?

Il est temps de se révolter contre le taux d'analphabétisme au Québec.

21 juin 2012

Heureux d'être revenu


Je suis revenu depuis plus de deux semaines.
Montréal semble inchangée. Un embouteillage monstre pour s’extraire de Dorval. La maudite construction. Le pont Mercier sur une seule voie.
Et puis, je regarde les visages de mes enfants, de mes amis. Illuminés. Ils nous racontent tout ce que je croyais déjà connaître.
Chez les plus vieux, un mot revient sans cesse : respect. Les adultes sont épatés par cette jeunesse articulée, déterminée, ardente. Ils les ont vus occuper un territoire qu’on pensait abandonné : celui du progrès. La jeunesse québécoise impressionne ici, mais aussi dans les médias internationaux. Ça aussi, c’est nouveau.
Le premier soir, nous faisons le tour du quartier avec nos casseroles. Nous sommes peu, mais pas les seuls. Tu aurais vu la semaine dernière ! me répète-t-on.
J’observe les carrés rouges accrochés aux chandails, aux balcons et aux sacs. Une solidarité visible, tangible, provocante.
Je manifeste de nuit avec ma fille. Nous marchons vite au milieu des rues et des Francofolies. On crie, on siffle, on rigole. C’est de l’énergie au cube.
Je cogne sur des chaudrons avec ma blonde sur notre balcon à 20 h. On découvre nos voisins, on se salue d’un coup de cuillère en bois.
Quelque chose a changé. Il restera forcément des traces de tout cela. On veut y croire, mais notre gouvernement a bien appris son cours de communication 101. Il martèle le même message, jour après jour, répétant les mots qui effraient : violence et intimidation. Comment ne pas se révolter contre ce mensonge dans notre face ?
Il faudrait tout revoir en profondeur, cesser d’avoir peur. Moi le premier. Devenir solidaires, transparents, informés. Oser avoir mal. Qui sera prêt à tout transformer ? Des doigts se lèvent en masse pour se porter volontaire.
Je n’ai rien raté, puisque ça continue.
Demain, c’est le 22 juin et je participe à ma première grande manifestation. J’ai le trac. Je suis heureux d’être revenu. L'été commence bien.

19 juin 2012

Montréal sur Seine

À découvrir dans le nouveau Urbania spécial Paris : mes conseils à un Parisien qui souhaiterait venir s’installer à Montréal. Ça s’intitule «Montréal sur Seine – Un éloge de la mixité». Le contraire de ce qu'on voit sur la couverture. Et ce n’est pas une fiction.

Pour la première fois, la magazine Urbania sera distribué en France. Ratez pas ça !

Lancement à Montréal le 21 juin.

08 juin 2012

Retour aux sources

Finalement, je suis revenu à Montréal après 7 mois de périples.
Quelques chiffres en guise de bilan provisoire :
14 vols
11 aéroports
15 maisons
3 continents
7 pays
Mais aussi de superbes expos, comme celle de Larry Clark au CO\Berlin.
Également du travail d'écriture, un peu partout. Ce n'est bien sûr jamais fini...
Ce voyage n'aurait pas été si réussi sans la rencontre de nos nouveaux amis: Anne et Gilles au Mexique, Pierre à Lisbonne, Pascal et Irra à Bali, Hanno et Hannelore à Berlin...
Sans eux, nous serions passés à côté de l'essentiel. Et puis, on se serait sentis bien seuls...
La famille était toujours au rendez-vous en France.
On a croisé des inconnus vivants et des morts célèbres.
On a mangé des trucs bizarres.
On a dansé sur du disco russe à Berlin !
On a aussi chanté un karaoké en indonésien à Bali.
Au final, que reste-t-il vraiment de ce périple? Des images, des moments, des odeurs, des découvertes, des surprises, du bonheur et plein d'autres choses que l'avenir nous révélera.