04 juillet 2019

Journal de ma francophonie #10 – École Selwyn House (Westmount) + collège Durocher + Bibliothèque de L’Île Bizard


Jeudi 13 avril 2017 – École primaire Selwyn House – Westmount
On m’a invité pour lire la fin du Voleur de sandwichs devant toute l’école réunie dans la cafétéria. De ma maternelle à la 6e année, ils arrivent en rang et en silence, polis. Ils s’assoient par terre. Je me lance, plus impressionné qu’eux/elles. Après la lecture, les questions. Selwyn House est une école anglophone, mais ils parlent tous le français. Mon intervention s’inscrit dans le cadre du Franco Party.
À la réception, je ramasse le journal SHS Weekly, qui titre: Pourquoi la semaine de la francophonie ? Bonne question. À l’intérieur, les réponses sont intéressantes. «Pour partager notre amour pour la culture francophone» écrit Mme Arsenault, enseignante de français. Un peu plus loin, un article signé Kyle Hassig nous présente Les avantages de la langue française. Tout d’abord, les jobs: «Savoir le français peut amener d’innombrables nouvelles offres de compagnies françaises en recherche d’employés.» Ensuite, la culture: «C’est la langue universelle de la danse, de l’architecture, et de la cuisine. Pour ceux qui veulent se lancer dans les arts, savoir parler français est un atout sans prix.» Enfin, le tourisme: «Connaître la langue française a la capacité de rendre les voyages dans des pays francophones bien plus agréables.»
J’apprends, je note. L’enseignant qui m’a invité m’explique qu’il a réussi à convaincre toute l’école à lire notre livre grâce à l’existence de la version américaine: The sandwich Thief. Sans elle, je n’aurais pas pu me prendre pour une vedette de la littérature, micro en main pendant une heure, devant 250 jeunes Anglos en uniforme.


Mardi 18 avril 2017 – Collège Durocher – Saint-Lambert
Je viens de finir ma 5e journée dans ce collège. À raison de trois animations par jour, c’est trop pour moi. En rentrant, j’écoute Radio-Canada. C’est justement le moment de la capsule linguistique de Guy Bertrand. Aujourd’hui, il est question des termes nettoyeur, teinturier et pressing. Le «premier conseiller linguistique à Radio-Canada» explique les différents usages en France et au Québec, pour conclure que nettoyeur est un «régionalisme de bon aloi». En arrivant chez moi, je vérifie la définition de cette expression dans mon dictionnaire Antidote. «De bon aloi: Qui est accepté, qui est permis, qui convient.» On tolère donc ici ce régionalisme, alors qu’on ne définit pas teinturier comme un archaïsme de France.

Mardi 25 avril 2017 – Bibliothèque de L’Île Bizard
Je donne une animation dans le cadre du festival Metropolis Bleu. Ce matin, je rencontre des élèves de 2e année de primaire. L’un d’eux me pose une question qui revient souvent:
— Où est-ce qu’on peut trouver vos livres ?
La majorité des enfants n’a jamais été dans une librairie. Ils ne fréquentent souvent des bibliothèques que lorsque leur prof les y emmène. D’où viennent les livres ? Est-ce que je peux leur en vendre moi-même ? Non.
Comme d’habitude, j’explique donc simplement au garçon qu’il trouvera mes livres à la bibliothèque ou dans une librairie proche de chez lui. Mais cette fois-ci, le travail sera plus ardu encore, parce qu’il relève la main:
— C’est quoi une librairie ?
Léger découragement.

Prochaine étape : Whitehorse (Yukon) !!!

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