12 janvier 2009

Littérature jeunesse ou adulte?


Lorsqu’on écrit pour un public adolescent, la frontière est mince avec le lectorat adulte. J’avoue qu’elle est facile à franchir et que ce sont souvent les éditeurs qui la définissent.
Je citerais en exemple Hubert Mingarelli, un auteur que je vénère. Dans une lointaine entrevue donnée à Martine Laval du magazine Télérama, on apprenait que ses livres avaient d’abord été publiés dans des collections jeunesse, jusqu’à ce qu’on décide de basculer ses écrits vers les plus grands. Lui, il n’avait rien changé à son écriture. Je le cite : «C'était comme cela. Je n'ai pas protesté, j'attendais. Je continuais à écrire sans savoir pour qui - quelle collection, quel lecteur. Ecrire suffit.»

Pour ma part, je me souviens avoir écrit Tête de pioche, pour un public adolescent (les protagonistes de ce court roman sont mineurs), mais il a été publié aux éditions Les Allusifs pour tout le monde. Et c'est tant mieux!
À l’opposé, j’avais écrit La main dans le sac pour les adultes et La courte échelle l’a publié dans sa collection pour «jeunes adultes».
De même, j’ai découvert que mon recueil de nouvelles Du cyan plein les mains était très prisé dans les écoles secondaires. Allez comprendre...
D’autres auteurs se promènent ainsi à la frontière des âges : Marcus Malte, Robert Cormier (super À la brocante du cœur)...
Et que dire des adultes qui lisent Harry Potter ?
Et des jeunes qui dévorent Stephen King ou Patrick Sénécal?
Il faut des collections bien précises pour donner des repères, mais ensuite, les lecteurs font leur tri.
Je connais une lectrice des Allergiks qui a 10 ans et une autre qui en 45...

6 commentaires:

  1. Et y'a récemment Twilight, destiné plus à un lectorat adolescent je crois, mais qui plaît aussi à un public de femmes adultes.

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  2. exactement. la frontière est mince... tout dépend de ce qu'on recherche, j'imagine. j'adore les romans courts et bourrés d'action, quitte à suspendre ma crédulité par rapport au réalisme à certains moments, mais j'aime aussi beaucoup les romans plus consistants et définitivement adultes, par leur complexité, leurs thèmes,etc.

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  3. Moi ce qui me fucke le plus c'est la frontière littérature versus littérature de genre.

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  4. Je donnerais cette définition de Boileau-Narcejac (dans leur livre Le Roman Policier): «Le romancier, quand il crée, ne s'occupe pas encore de son lecteur... Au contraire, l'objet premier de l'auteur policier, c'est le lecteur lui-même.»

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  5. Autrement dit, si j'ai bien compris, le romancier écrit pour lui-même, en quelque sorte, alors que le polar s'intéresse plus à l'impact sur le lecteur... Dans un polar alors, p-e que l'auteur doit penser aux effets suspense, mystère etc. produits sur le lecteur.

    J'aurais aussi cru que le roman a une thématique, un propos ou encore un procédé unique, alors que e.g. le polar cherche avant tout à divertir--comme les autres littératures de "genre".

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  6. La notion de divertissement peut s'appliquer à tout: autant Agata Christie que Marc Lévy ou Marie Lagerge.
    Le lecteur de polars est différent: il attaque son livre pour résoudre un mystère (je simplifie, mais c'est l'essence du polar). L'écrivain de polars le sait. Il écrit son roman à cet effet.
    La lisière, ensuite, entre les genres, est souvent franchie. Benacquista, Vautrin et Pennac (entre autres) ont allègrement sauté la barrière de la littérature noire à la blanche. Sans perdre leur lectorat, loin de là.

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