10 janvier 2009

Mes langues françaises


Lorsque j’ai publié mon premier roman – Accidents de parcours -, à Montréal en 1999, un journaliste m’avait qualifié d’«écrivain français installé au Québec». D’autres affichaient clairement leur retenue devant mon écriture «franchouillarde».
L’an passé, un autre journaliste m’a catalogué comme «écrivain québécois venant de France». J’ai changé de statut et j’en suis très fier.
Je travaille très fort sur cette langue française québécoise, justement. Je n’ai pas le choix : mes polars se déroulent à Montréal. Les descriptions peuvent conserver un caractère «français international» (et encore, pas toujours), mais pas les dialogues. Je m’applique, je m’informe, je réécris beaucoup. Surtout, on me relit et on m’aide à corriger mes fautes de Français de France.
Il existe plusieurs langues françaises, n’en déplaise à certains puristes. L’apport linguistique dont j’ai bénéficié depuis mon installation au Québec est une richesse. Je dois en profiter. Je veux métisser mon langage.
L’argot français cher à Audiard et à Frédéric Dard était une chouette variante, aujourd’hui désuète. Le joual en est encore une autre, elle aussi dépassée. Je reste surpris en lisant des romans québécois par leur utilisation frileuse des mots d’ici. Honte ? Académisme ? Hypocrisie ?
«En France, on dit des mensonges. Ici, on dit des menteries», m’avait expliqué ma fille de cinq ans. Elle avait compris la distinction : les mots changent, alors que le sens demeure le même.
Je revendique un français du Québec sans sous-titres.
Et vous, quel français écrivez-vous ?

5 commentaires:

  1. J'ai lu plus de littérature française que de littérature québécoise, mais j'suis Québécois en tant que tel. J'imagine que lorsque j'écris, j'incorpore des québécismes mais sans faire joual. C'est pas des menteries!

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  2. Mes références sont québécoises, puisque je suis une enfant du pays, mais ma connaissance de la langue fut bercée par les (très) nombreuses lectures qui m'ont aidées à grandir.

    J'écris donc dans le même français que Guy... sans joual. Mon niveau de langage est peut-être un peu plus recherché que d'autres, je ne sais pas, les journalistes ne m'ont pas encore qualifiée... :)

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  3. Ne pas confondre "On écrit comme on nait"
    avec "On écrit comme on est".
    Héhé. :-)
    Bien sûr que Montréal est dans nos claviers comme dans nos oreilles. L'important, c'est que ça coule, que ça ait l'air facile, comme tu le fais, même si on sait en secret que ça prend de l'ouvrage pour "sonner" naturel. :-)

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  4. http://monpetitnombril.wordpress.com/2009/01/14/les-covers/

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  5. Merci Bruno!
    Excellent commentaire... ;)

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