06 août 2009

Le gang de la clef à molette


J’ai abordé le thème de l’écoterrorisme dans Les Allergiks. Mes héros adolescents y côtoient une bande de dégonfleurs de pneus qui s’attaquent aux gros 4x4 du Plateau-Mont-Royal. Le sujet me passionne et Le gang de la clef à molette est souvent réapparu dans mes recherches. Les critiques sont unanimement positives.
J’avoue que j’ai attaqué la lecture de ces 486 pages avec un a priori. Je m’attendais à une ode aux grands espaces américains, avec hommage appuyé aux Indiens, à la façon sérieuse de Jim Harrison (que j’adore).
J’ai surtout rencontré quatre personnages totalement énormes, sans retenue, prêts à tout pour détruire ceux qui saccagent leur Utah adoré. Le texte est truculent, hilarant, toujours enragé et féroce.
Particulièrement le dénommé George Hayduke, ancien du Vietnam, totalement enragé, alcoolique, toujours partant et ne reculant devant aucune explosion de ligne de chemin de fer à la dynamite. Ce type m’a fait hurler de rire.
Je vous laisse découvrir ses complices : le doc Sarvis qui brûle les panneaux publicitaires, sa superbe secrétaire Bonnie Abbzug et Seldom Seen Smith, un guide de randonnée polygame, qui connaît la région comme sa poche.
Jamais Edward Abbey ne donne de leçons. Il préfère l’action à la morale. On y apprend comment saboter le plus gros bulldozer du monde, faire dérailler un train chargé de tonnes de charbon, démolir un pont ou un hélicoptère...
Ce roman a été publié en 1975. Sur le quatrième de couverture, l’éditeur français Gallmeister (spécialisé en «nature writing» (sic)) nous explique qu’il a été vendu à des millions d’exemplaires. C’est la Bible des défenseurs de la nature, version Rambo avec humour.
Sincèrement, ça se lit très bien en 2009. Quelle jubilation !
Abbey (décédé en 1989) avait écrit une suite : Le retour du gang de la clef à molette, qu’on nous promet «encore plus noir et déjanté» que le premier.

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