18 février 2015

Résidence jeunesse à l'école Montcalm - suite

Ma résidence continue à l'école Montcalm. J'ai commencé par la recherche d'informations et de documents - pas toujours facile pour le quartier St-Michel - mais j'ai pu visiter les archives du Journal de St-Michel et la bibliothèque de St-Michel qui fut aussi une bonne source. La cueillette des témoignages et la visite de témoins généreux et précieux ont allumé les élèves qui ont pu choisir le thème de leur histoire. Ils ont fini aujourd'hui leur plan et l'écriture commencera la semaine prochaine.
Nous aurons donc 24 histoires qui couvrent les 50 dernières années. Ce sera très varié et intéresant, parfois drôle, parfois non. Les élèves sont très motivés et moi avec. À suivre, encore.

10 février 2015

Vigile de soutien à Raif Badawi : spéciale BLOGUEURS!

À l'appel d'Amnistie internationaleCanada francophone,

VIGILE SPÉCIALE BLOGUEURS ET BLOGUEUSES!
Raif Badawi est toujours emprisonné et à risque toujours de recevoir des coups de fouet vendredi !

Nous devons continuer de nous mobiliser ! Raif et sa famille comptent sur nous !

Rejoignez-nous jeudi 12 février à 12h15 devant le Complexe Guy-Favreau, 200 boul. René-Lévesque à Montréal !!!

Exigeons du gouvernement canadien qu'il en fasse plus dans ce dossier !

Nous vous attendons en grand nombre !
Partagez et visitez encore www.jesuisraif.ca


21 janvier 2015

Plus on est de fous, plus on lit


Le 18 novembre à lémission Plus on est de fous, plus on lit, un panel dinvités discutait de lélaboration éventuelle dun corpus de livres pour les jeunes du secondaire. Sophie Gagnon, alias Sophie Lit, proposa une liste composée uniquement de livres jeunesse. Elle y fit figurer Où est Agota ? pour mon grand plaisir. (Et aussi pour ma gêne, en voyant les autres titres proposées, où figuraient des classiques de France et du Québec.)

Suite à cette intervention radiophonique, voici le courriel que jai reçu le 5 décembre.
Je le reproduis ici avec la permission de lenseignant :
Je suis enseignant orthopédagogue auprès d'élèves en difficulté d'apprentissage à l'école secondaire (…) à Montréal.
Cette année, au mois d'octobre, je cherchais un roman d'enquête pour mes élèves de la deuxième secondaire. Ces élèves sont tous en situation d'échec et refont cette année avec des mesures d'aide spéciales (groupe réduit, enseignant spécialisé, etc.).
J'ai été informé de l'existence de votre série d'épisodes par l'entremise de l’intervention radiophonique de Sophielit à l’émission « Plus on est de fous, plus on lit ».
J'ai immédiatement sauté sur un exemplaire que nous avions à notre bibliothèque et j'ai lu le premier épisode. J'étais conquis.
Il faut comprendre que séduire mes élèves était une tout autre tâche. J'ai préparé ma présentation. J'ai attisé leur intérêt en faisant miroiter certains punchs.
Lorsque nous avons reçu vos 40 exemplaires pour que tous puissent en avoir un, ils se sont littéralement rués vers la bibliothèque pour avoir le leur.
Un effet étrange s'est ensuite produit dans ma classe. Mes élèves les plus réfractaires à la lecture se sont mis à lire. J'ai eu des questions de leur part comme : « c'est quoi Pulp Fiction? », « hein on a droit de lire un roman qui parle de pot? ». J'ai aussi eu des réactions fortes à leur rencontre avec le personnage d’Harry : « quel pervers! », « je le déteste lui! ».
En gros, aucun n’a été laissé indifférent. Bravo.
Sachez que pour nous, enseignants, travailler dans l'univers de la lecture est un peu comme travailler dans une unité médicale de grands brulés. Mes élèves ont souvent été traumatisés par des séries d'échecs, des rencontres fâcheuses avec des romans inadaptés à leurs difficultés en lecture et, je dois l'admettre, des enseignants tortionnaires.
Ainsi, votre roman, dans ce contexte, me rend la tâche tellement plus facile. Je vous en remercie.
De ce fait, j'aimerais que mes élèves puissent faire votre connaissance et qu'ils vous partagent leurs réactions à votre œuvre…

Ce courriel m’a chaviré.
Savoir qu’un de mes livres touche ainsi des lecteurs difficiles, leur donne envie de lire, attise leur curiosité, les fait réagir, casse l’indifférence ; c’est pour moi une récompense sans nom. 

Moi aussi, je les remercie, avant d’aller les visiter sous peu.

17 janvier 2015

Charlie Hebdo, le Québec et moi


 
Oui, j'ai déjà eu les cheveux longs.
Lundi dernier, nous étions quatre écrivains dans un restaurant dOttawa, réunis là pour préparer un projet dateliers décriture en Ontario. Nous étions deux dorigine française, arrivés au Québec depuis 22 ans pour moi et 43 pour mon collègue. La question des attentats à Charlie Hebdo sest bien sûr présentée, posée par un écrivain franco-ontarien. Il voulait savoir si nous étions touchés, nous qui étions partis depuis si longtemps. Jai raconté que depuis la nouvelle, jétais bouleversé. Jai grandi avec Charlie Hebdo. Je lai beaucoup lu. Jai énormément ri grâce à lui, mais jai aussi beaucoup appris. Savoir que deux imbéciles ont tué Cabu et Wolinsky ma donné envie de chialer. Ces dessinateurs étaient des génies. En racontant mon trouble, je me suis rendu compte à quel point Charlie Hebdo appartenait à ma culture, combien il faisait partie de la culture française. Cest cela qui a été assassiné. Le droit à la déconnade, au sarcasme, à la rigolade, à lhumour forcené, dessiné avec talent et culot. A côté de moi, mon ami français pleurait à chaudes larmes.
Jhabite dans un Québec que jadore et je regarde la France de loin, sans vouloir retourner y vivre. Mais les manifestations de dimanche mont réconcilié avec mon pays dorigine. 
Nous sommes sortis du restaurant et nous avons parlé dautre chose.

13 janvier 2015

Résidence jeunesse à l'école Montcalm


J'ai commencé aujourd'hui ma résidence jeunesse à l'école Montcalm dans le quartier St-Michel de Montréal.
Voici le communiqué officiel du Conseil des arts de Montréal:
Un écrivain jeunesse à l’école primaire

En concertation avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport à travers son programme Une école montréalaise pour tous, le Conseil permettra cet hiver à l’écrivain jeunesse André Marois de s’immerger dans le projet des Histoires pour raconter cinquante ans d’Histoire à l’école primaire Montcalm (par ailleurs, celle-ci fête ses 50 ans!) qui l’accueillera en résidence pour trois mois. Que fera-t-il? Proposer aux écrivains en herbe de raconter collectivement une courte histoire relatant un événement vécu par un ou une des résident(e)s de leur quartier (Villeray-St-Michel-Parc Extension) et ceci, au cours des 50 dernières années. Une riche idée intergénérationnelle, car les témoignages inscrits dans la trame narrative seront personnellement adaptés par nos jeunes auteurs. 

Je vous en redonne bientôt des nouvelles.


04 janvier 2015

Bande-annonce des Voleurs de mémoire

Très chouette cadeau de début d'année que me fait une équipe d'étudiants du Collège Sainte-Anne de Lachine: la bande-annonce des Voleurs de mémoire.
À visionner ici.
Bravo et merci à Thomas, Charles, Sebastian, Jacob et Michaël et leure professeure Mme Saint-Germain



08 décembre 2014

Sandwichs et critiques

Les critiques du Voleur de sandwichs sont plutôt très bonnes. Pour un livre jeunesse, nous sommes vraiment gâtés. Voici ce qu'on en dit:
- Fabien Deglise dans Le Devoir
« ... Sans prétention, mais avec habileté, une jolie narration et surtout un sens aigu de l’esthétisme, Patrick Doyon au crayon et André Marois au texte signent avec cette histoire de voleur un récit ludique efficace et bien ficelé où, bien sûr, les apparences sont trompeuses et où les évidences peuvent en cacher d’autres. C’est raffiné comme un sandwich aux légumes grillés avec humus de lentilles orange, et surtout, ça n’a finalement pas d’âge pour être consommé.»
- Lili les merveilles
«Un sandwich exquis volé impunément? Un voleur gourmet et récidiviste? Quand la gastronomie est en péril, rien n’arrête Marin, le chef déterminé de la Brigade des Boîtes à Lunch. André Marois tricote habilement une enquête aux mille et une saveurs, d’une plume à la verve coquine, multipliant joyeusement les entourloupes pour le plus grand bonheur du lecteur. Porté par la palette contrastée, les traits simples et expressifs, et la composition éloquente de l’univers visuel de Patrick Doyon, cet opus haletant et cocasse ravira sans conteste. À dévorer goulûment…»
- Jessica Émond-Ferrat dans le journal Métro
«... un croisement de BD et de roman jeunesse dans lequel un garçon tente de retracer le malfrat de son école qui vole les délicieux sandwichs que sa maman lui concocte chaque jour. Les textes d’André Marois sont punchés, les dessins, vivants et très drôles. À dévorer avec un sandwich à la mayonnaise maison sur du pain d’épeautre, de préférence!»
- La crème de novembre de la librairie Monet: 
« Drôle et un brin impertinent, ce roman nous plonge totalement dans l’univers scolaire d’un jeune garçon affamé. Malin et débrouillard, notre héros va d’abord se débrouiller seul jusqu’au moment où la situation devient trop dure à gérer. ( 3 sandwichs volés finissent par perturber les humeurs, la concentration et l’estomac… surtout l’estomac !) Les parents vont se montrer aussi débrouillards et malins que leur fils pour attraper le voleur. L’histoire au goût d’enquête saupoudrée d’humour, parle, mine de rien, de l’importance d’une bonne alimentation. Les illustrations vivantes et dynamiques sont juste parfaites pour ce récit plein d’émotions et de mayonnaise. » (A. P.)
- Artv: 
«Marin s’est fait voler son sandwich. Et pas n’importe lequel, son préféré : le jambon-cheddar-laitue! Voilà que le jour suivant, l’histoire se répète. Mais qui peut bien lui voler son dîner? Ce roman graphique est un polar très rigolo qui captivera les jeunes lecteurs (et probablement leurs parents!)»
- La Marelle Mag: «... Le voleurs de sandwichs est une véritable enquête policière écrite sur mesure - et avec humour - pour les minots par André Marois, qui a déjà signé plusieurs romans policiers pour les enfants. On le lit avec gourmandise grâce aux illustrations de Patrick Doyon, dont on connait déjà les talents de réalisateur (son film Dimanche a été nominé aux Oscars).
Le trait simple et énergique, la maîtrise des jeux d'ombre et de lumière et l'impression en quadrichomie donnent un relief particilièrement vif aux illustrations. Patrick Doyon a le chic pour traiter avec une infinie tendresse le quotidien et c'est grâce aux nombreux petits détails du dessin qu'on entre de plein pied dans l'univers à la fois très actuel et un rien nostalgique du petit Marin.
Bref, c'est drôle, c'est malin et c'est très beau !»
- La Presse +  

- La revue Les Libraires: 
«... Le voleur de sandwichs est l’œuvre de Patrick Doyon, dont le court métrage d’animation Dimanche a été en nomination aux Oscar en 2012, et d’André
Marois, bien connu pour ses polars. Ils joignent ici leur talent respectif afin de nous raconter l’histoire intrigante de Marin, qui se fait voler chaque midi le délicieux sandwich confectionné par sa mère. L’enquête du jeune garçon est menée avec humour et conviendra aux petits comme aux plus grands. À voir! Dès 8 ans Audrey Martel L’Exèdre (Trois-Rivières)»
 

05 décembre 2014

Pas de droits, pas de chocolat

Suite aux deux billets que j'ai publiés ici au sujet de la faillite de la Courte échelle, la revue Les Libraires m'a proposé d'écrire une lettre ouverte pour donner mon point de vue et raconter mon expérience.

Le papier sort aujourd'hui dans le magazine que vous pouvez télécharger ici. Ou trouver la version papier gratuite dans une libraire indépendante.

Je l'avais mis à jour mardi dernier. Les événements se sont enchainés et nous avons appris aujourd'hui que la La courte échelle était officiellement rachetée et continuait sa route. Alleluia!

18 novembre 2014

Comment j'ai écrit Le Voleur de sandwichs


Lidée du livre est née en 2006. Janimais un atelier sur le roman policier dans une école primaire à Candiac et javais demandé aux élèves de me raconter un fait réel qui leur serait arrivé à lécole, dans leur famille ou avec leurs amis. Ça devait être un événement mystérieux quils navaient jamais expliqué et qui pourrait devenir lélément déclencheur dune enquête. Les enfants mont regardé sans réagir. Personne navait didée. Cest finalement la professeure qui a levé la main pour me raconter que depuis le début de lannée quelquun volait dans les boîtes à lunch suspendues dans le couloir. Jai noté lanecdote dans mon carnet et lannée suivante, de nouveau invité par la même professeure, je lui ai demandé si le voleur — ou la voleuse — avait été démasqué. Cétait le cas. Mais ce qui fut surtout intéressant, ce fut la réaction des élèves, tout à coup curieux, intrigués et accrochés. Je savais que je tenais un bon truc.
Alors, quand La Pastèque ma proposé décrire un polar pour les jeunes lecteurs, jai tout de suite pensé aux boîtes à lunch pillées. Cest ainsi quest né Le Voleur de sandwichs.

Lhistoire ne sarrête pas là, car un peu plus tard, de nouveau invité dans cette école, mais avec une autre enseignante, jexpliquais aux enfants quun livre allait voir le jour suite à une de mes visites précédentes. Je leur résumais mon histoire lorsquun garçon a levé la main pour mexpliquer la finale du livre : « À la fin, il met du piment dans son sandwich et il attrape le voleur comme ça. » Jétais surpris et vexé, car ma chute était effectivement telle quil la décrivait. Ça prouvait que cétait trop attendu, donc totalement vexant pour un auteur de romans policiers digne de ce nom. Le soir même, jen ai causé à ma fille Julia (qui est une foodie) et elle ma parlé dun reportage quelle venait de regarder. Ça ma donné une super idée pour la nouvelle fin du récit, vraiment meilleure. Mais je ne vous dirais pas ce que cest.
Ensuite, l'illustrateur Patrick Doyon s'est lancé dans un travail magistral qui a débouché sur ce magnifique livre de 160 pages.

30 octobre 2014

Tourner la page


Les derniers jours ont été intenses en rebondissements au sujet de la fin de La courte échelle. On a découvert la triste réalité concernant la loi fédérale sur les faillites qui bloque nos contrats et permet de les négocier à titre dactif de léditeur failli. Les auteurs sont dépouillés.
Mes droits de 2013 et 2014 ne me seront sûrement jamais payés.
On ne sait pas trop ce quil adviendra des stocks de livres invendus.
On se facebooke, on se courrielise, on sinforme. On spécule. On tourne en rond.
Il reste mes projets non aboutis, prêts pour limpression. Et si le repreneur les laissait dans l'état? Et sil ny avait pas de repreneur? Ou un repreneur que je naime pas?
La ministre de la culture a promis de nous aider. On verra bien.

Jai décidé de tourner la page.
Après une courte période de doute et de découragement, jai retrouvé mon clavier et mes fictions.
Au début de mon parcours dauteur, jhésitais à me définir comme un écrivain. Je trouvais cela prétentieux. Présenter mes bouquins au monde et lui demander de les lire me mettait mal à laise. Mais je ne pouvais pas non plus me retenir dinventer de nouvelles histoires.
Aujourdhui, jassume ma situation : je suis un écrivain de littérature populaire. Jécris des polars et des romans jeunesse. Je sais que personne nattend mon prochain livre, mais quil existe quelque part des lecteurs curieux. Les récentes réactions de quelques éditeurs mont aussi fait le plus grand bien. 

Je lis ces jours-ci lexcellent Manuel décriture et de survie de Martin Page. Ses conseils, témoignages et explications me rejoignent. Ils me rappellent que tous les auteurs connaissent des périodes de doute et de découragement, mais continuent de créer malgré tout. Parce que cest notre bonheur et notre raison de vivre.
Une page à la fois.