13 février 2023
Du Cyan en balado
Je travaillais à l’époque en publicité et j’avais profité des services de l’ingénieur du son Denis-Éric Pedneault au studio La Majeure.
Résultat : une production sonore percutante, où j’assurais la narration. On peut l’écouter en cliquant ici:
(Avertissement : ça gicle en titi.)
Pour les huit épisodes suivants, faute de moyens, j’ai raconté seul mes histoires.
Mon podcast de fictions était sûrement un peu trop en avance, surtout bien avant la déferlante actuelle des balados et de leurs multiples plateformes de diffusion. L’expérience a duré quelques années, puis il est mort.
Je pense le ressusciter…
04 février 2023
Du cyan à la télé
Ma nouvelle noire avait été très remarquée par la communauté publicitaire, jusqu'à la chaine de télé française M6, qui y diffusait l'émission CULTURE PUB.
Les producteurs m'avaient écrit à Montréal et proposé de faire un topo sur le sujet. 20 ans après, je viens de le retrouver sur une cassette VHS !
C'est mon fils Charlie qui me filme, avec sa mini DV et son oeil déjà affuté. Il avait alors 12 ans. Admirez les cadrages!
Excusez la qualité de l'image et du son. Du Cyan plein les mains fut ensuite publiée dans le recueil éponyme, en 2006. Ça pourrait faire un chouette film, non?
10 février 2021
Comment j'ai écrit «Trois minutes de plus»
J’avais d’abord écrit et publié une nouvelle intitulée Pomme Z, dans laquelle j’inventais ce monde où la Fonction existe — un monde où l’on peut effacer une minute de sa vie, mais une seule fois dans sa vie.
Je suis ensuite parti de ce court texte pour écrire un roman noir pour adultes : La Fonction.
Une professeure de littérature au collégial m’a plus tard suggéré d’écrire un roman pour adolescents qui reprendrait le système de la Fonction. J’ai donc imaginé À une minute près, publié chez Leméac jeunesse.
Je n’avais pas prévu de suite, mais mon éditrice, Linda Amyot, m’a lancé l’idée de retrouver les deux enfants du roman, Florence et Nicolas, dix ans plus tard.
C’est ainsi qu’est né Trois minutes de plus. Ça m’a permis d’aller plus loin dans la réflexion sur les choix qu’on peut prendre ou regretter. Les deux personnages ont des visions très différentes de l’existence et leurs rapports avec cette Fonction sont opposés.
On est dans la science-fiction.
La nouvelle Pommez Z a d'abord été publiée dans le recueil Du cyan plein les mains (2006).
L'histoire a été adaptée pour un court-métrage réalisé par Les*Marois et sélectionné au festival Fantasia en 2009.Le roman noir pour adultes La Fonction a été publiée en 2013.
Le roman pour adolescents À une minute près a été publié chez Leméac jeunesse en 2019.
On peut voir ma grosse face dans une courte vidéo où je raconte une anecdote d'écriture de Trois minutes de plus.En librairie le 24 février 2021
07 juin 2020
Voir Van Gogh
Dans mon cas, c'est un journal capital, car j'y ai gagné le concours de nouvelles en 1993, sur le thème du polar. J'étais à Montréal depuis quelques mois seulement et l'écriture me hantait. J'avais pondu un court roman, refusé par tous les éditeurs contactés, et ce prix m'a donné un incroyable élan. Quelque part, des inconnus appréciaient mon travail! Ce fut essentiel.
Publiée pleine page, ma nouvelle Van Gogh a encore frappé me posait comme un vrai écrivain en devenir. J'avais même touché un chèque de 500$ !
En plus, la présence de Pierre Foglia dans le jury avait tout pour me réjouir.
À l'époque (et pendant longtemps, en fait), je n'avais pas de laveuse, alors j'allais le dimanche laver mon linge sale en public, à la buanderie du coin, place Roy. Un jour, j'ai vu cette charmante jeune femme qui lavait des serviettes très tachées de rouge. Ce fut mon élément déclencheur.
Je parle souvent de cette histoire dans mes rencontres scolaires. Elle illustre bien ma démarche: partir d'un quotidien très ordinaire pour élaborer des histoires noires.
Van Gogh a encore frappé a été ensuite publiée dans le recueil Circonstances Particulières (L'instant même, 1998) puis dans mon recueil 38 morts dont 9 femmes (Trait d'Union, 2001).
Un projet de court métrage intitulé Lobe story fut même écrit plus tard, mais jamais réalisé.
J'espère prochainement lui donner une nouvelle vie. À suivre...
30 août 2018
Mystères à l'école
Lancement le 18 septembre à la librairie de Verdun.
23 octobre 2015
13 peurs
Je signe une nouvelle intitulée Peur de rien dans le recueil 13 peurs publié cette semaine chez Bayard Canada.
Il y est question d’improvisation, de YouTube, d’un VUS Toyota rouge, du groupe The Police, de la peur du ridicule et de la mort.
J’y suis entouré de 12 auteur(e)s qui n’ont pas eu peur de participer à cette bonne idée.
Voici le communiqué de presse : «Entre craintes et phobies, hantises et autres démons intérieurs, chaque moment est une occasion d’avoir peur. Peur de rien ou de l’inconnu, peur de l’autre ou peur des mots, tout dépend du contexte et du profil. La peur est une émotion universelle qui provoque son lot de bouleversements. Elle se manifeste aussi bien dans une situation d’inconfort ou face à une menace.
La violence, la maladie, le racisme, les apparences, la dictature, la popularité, l’intimidation et le ridicule sont autant de sujets à découvrir que de raisons de s’interroger sur ses propres angoisses.
Pour ce recueil, treize auteurs se sont appropriés cette thématique: André Marois, Camille Bouchard, Dïana Bélice, Elizabeth Turgeon, Jonathan Reynolds, Laurent Chabin, Émilie Rivard, Martine Latulippe, Mathieu Fortin, Pierre Labrie, Rodney Saint-Éloi, Sonia K. Laflamme et Sylvie Brien.
Trois illustrateurs ont aussi participé à ce projet : David Goldstyn, Anouk Lacasse et Réal Binette.
Voici quelques peurs que vous retrouverez dans ce recueil : La peur du regard des autres, la claustrophobie, la peur du rejet, la peur de la première fois, la peur de la maladie... et plusieurs autres!»
Lancement le jeudi 29 octobre à la librairie Gallimard. Venez vous faire peur.
25 septembre 2015
Crimes à la bibliothèque
Une belle brochette d'auteurs de polars québécois.
Voici le communiqué:
CRIMES À LA BIBLIOTHÈQUE
Sous la direction de Richard Migneault
Après le succès remporté par le recueil de nouvelles «Crimes à la librairie», le directeur de la publication, Richard Migneault, comme un criminel non repenti, récidive. Il a invité dix-sept autres auteurs à investir un lieu de culture, de lecture et de recherche différent, pour y mettre en scène des crimes : la bibliothèque.
François Barcelo, David Bélanger, Roxanne Bouchard, Laurent Chabin, Sylvie-Catherine De Vailly, Hervé Gagnon, Anna Raymonde Gazaille, Maxime Houde, Michel Jobin, Jacqueline Landry, Jean Lemieux, François Lévesque, André Marois, Maureen Martineau, Maryse Rouy, Francine Ruel, Martin Winckler.
Tous ces écrivains fabuleux ont relevé le défi : ils nous ouvrent leur imaginaire, nous entraînent dans leurs intrigues et nous régalent de leurs styles singuliers. Ils nous convient à les suivre dans des endroits où les crimes sont improbables : bibliothèque d’un sous-sol d’église, d’une école secondaire, d’une municipalité, voire même d’une communauté religieuse… Que ces bibliothèques soient situées au Québec, au Moyen-Orient, à Venise ou dans le Far West, munissez-vous de votre carte d’abonné et armez-vous de courage, car la bibliothécaire vous y attend en ténébreuse compagnie…
02 avril 2014
Fils de flic
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| Photo ©Y.Marois |
10 juillet 2012
Un goût de rouille et d'os
10 décembre 2011
Prick up your ears and go to hell
Et pourtant, l'auteur a perdu, tel que le rapportent la BBC et le site du Libraire:
« Le roman culte de Ray Bradbury, Fahrenheit 451, qui traite de la disparition du livre papier, détruit par des hordes de pompiers pyromanes, sera disponible en livre numérique.
Une décision qui n’a pas plu, mais alors pas plu du tout, à l’auteur de science-fiction américain âgé de 91 ans. Sa maison d’édition, Simon & Schuster, avait essayé par trois fois d’obtenir les droits numériques de son œuvre. Sans succès.
Le Magazine Littéraire rapporte qu’ « il a fallu l’intervention diplomatique de son agent, Michael Congdon, pour obtenir l’accord du vieil homme, au demeurant persuadé qu’il faut "se débarrasser des machines". »
Je ne comprends pas qu'on ne respecte pas cet auteur. Ça me semble aberrant.
J'ai découvert la science fiction grâce à une professeur qui nous a fait lire Les Chroniques martiennes de Bradbury, alors que j'étais en 4e. je devais donc avoir 12 ans. Ce fut une lecture déterminante, tout comme celle du K de Dino Buzzati. Deux recueils de nouvelles qui m'ont donné envie d'en écrire à mon tour.
23 juin 2011
Lire André Marois en France pour la Saint-Jean
Long extrait: «Cette nouvelle met en scène un graphiste qui, dégoûté par la nullité de ses confrères, décide de les supprimer un par un. Au-delà de l’idée (excellente) et de son traitement (très convaincant), cette histoire décrit également avec minutie la traversée obsessionnelle d’un homme dans une grande ville, cet homme qui est devenu tueur en série au nom de la beauté et qui porte en lui les germes de sa propre chute. De nombreux autres personnages de ce recueil sont d’ailleurs créés sur ce modèle-là, sortes de perdants magnifiques. Mais l’auteur sait aussi se mettre dans la peau de véritables salauds. Et si l’humour est très grinçant et son sens de la formule est aiguisé, il a pour autre qualité une acuité toute lucide et perspicace sur ses contemporains. L’auteur dit d’ailleurs de ses nouvelles qu’elles « ont en commun un héros surtout masculin, solitaire et urbain, révolté ou désabusé, tendre ou violent. Il n’est jamais le même, mais tous se ressemblent ». Au-delà de la noirceur ou de la politesse du désespoir qui sont quelques-unes des armes affutées par l’auteur, ce qui me plaît aussi dans son univers c’est son inclination et son emprise sur les territoires, les frontières, les espaces. Chacune des nouvelles (ou presque) peut aussi se lire comme on suivrait les conseils d’un guide de voyage, un guide sur la ville de Montréal, par exemple.»
01 juin 2011
Danses de guerre

C'est une critique de Louis Hamelin dans Le Devoir qui m'a donnée envie de lire Danses de guerre de Sherman Alexie. Quel bonne idée!
Ce recueil de nouvelles a remporté le prix Pen-Faulkner 2010. Il s'agit en fait d'un recueils de nouvelles, de poèmes et de textes courts. Cet indien Spokane y parle de son père alcoolique, de son expérience de scénariste, de souvenirs d'enfance et d'autres sujets où les Indiens jouent des rôles particuliers. C'est tendre, drôle, direct, surprenant. C'est surtout excellent.
Mes histoires préférées: Le fils du sénateur avec un père Républicain aussi droit que dur, Danses de guerre où comment la profession de monteur peut interférer sur notre vision des choses et Effrayante symétrie où il est question de scénarisation, de page blanche et de mots croisés.
Bref, j'ai totalement adoré.
27 mars 2011
Zigzag

La parution de Tab’arnaques, écrit avec l’ami Luc Baranger, m’a donnée envie de lire d’autres recueils de nouvelles écrits à quatre mains. C’est un billet sur le blogue Actu du Noir qui m’a orienté vers Zigzag de Marc Villard et Jean-Bernard Pouy. Ces deux pointures du polar français signent ici leur 3e ouvrage en commun. Pour Zigzag, le concept d’écriture est une très chouette idée. Villard a listé les dix thèmes récurrents que l’on trouve dans ses bouquins (ça va de Barbès à immigrés, en passant par jazz et tueurs à gages). Pouy a alors a écrit dix nouvelles illustrant chacun des thèmes de son collègue. Le travail s’est passé de la même façon dans l’autre sens : Villard écrivant dix histoires selon les thèmes de prédilection de Pouy : la Bretagne, le cyclisme, les citations philosophiques, le train, la patate...
Le résultat est franchement jouissif. Les nouvelles sont courtes, noires et drôles, dans un univers quotidien dont je raffole. Les chutes sont presque toujours imprévisibles. Les textes de chaque auteur sont intercalés et on finit par ne plus savoir qui a écrit quoi. Un grand plaisir de lecture.
08 février 2011
Trilogie noire
01 février 2011
Marois noir
Voici une critique que je n’attendais pas, concernant Du Cyan plein les mains. Intitulée Marois noir, elle est parue dans Le Devoir du 29 janvier 2011. Louis Cornellier semble avoir apprécié mon recueil paru en 2006, puis republié en format poche et en version électronique en 2010.
Je le cite : «... Les nouvelles sont masculines, urbaines et saisissantes...
Marois, dans ce solide recueil, fait dans le court et dru. Une page lui suffit pour installer le suspense ou le malaise et quelques pages, pour les développer, dans la fureur ou la noirceur, avec un style sec et transparent.
Désabusés, ces personnages principaux rationalisent comme des schizophrènes, n’ont que de mauvaises solutions et finissent mal, laissant le lecteur tout chose, mais happé.»
Merci M. Cornellier.
27 janvier 2011
Tab'arnaques

Le 4e de couverture : «... De l’Abitibi à Montréal, en passant par Toronto ou Destin, dans l’État de la Floride, nul n’est à l’abri des tentations. Si visiblement tout le monde souhaite améliorer son sort, il semble que certains cherchent à prendre quelques raccourcis…
Dans ce recueil de 13 nouvelles décapantes, dont une à quatre mains, arnaqueurs et « pigeons » en tout genre se côtoient pour notre plus grand plaisir de lecteur. Hommes, femmes, amis, collègues, familles et même les enfants n’échappent pas à l’appât du gain. La triste nouvelle, c’est que la majorité des histoires présentées sont toutes basées sur des faits véridiques.
Luc Baranger et André Marois ont uni leurs talents de conteurs pour lever le voile sur des situations à faire frémir mais aussi à faire sourire. Comme quoi la cupidité est, hélas, une caractéristique du genre humain…»
C’est Luc Baranger qui a eu l’idée de ce recueil consacré aux arnaqueurs. Nous avons écrit chacun six nouvelles, chacun dans notre style si différent, puis une dernière histoire à quatre mains.
Le défi était aussi amusant que stimulant, et les sujets innombrables. Pour ma part, j’ai essayé de raconter des arnaques les plus variées possibles. Certaines sont inspirées de faits réels et les autres sont totalement inventées.
Publié chez Québec Amérique, Tab’arnaques sera en librairie en février, avec une préface de Vincent Lacroix (tant qu’à parler d’arnaques québécoises, nous sommes allés au bout de notre logique.)
16 janvier 2011
Petit feu

Le 4e de couv : «Elle rôde et elle menace. Elle surprend et elle fauche. Parfois lente, toujours cruelle, souvent drôle, forcément prématurée, la mort ne frappe jamais au hasard dans les pages de ce recueil de 23 nouvelles, couleur de deuil. »
La postface : «La littérature a parfois besoin de sortir de ses frontières naturelles et il est bien que de nouveaux supports s’ouvrent à elle. Je suis toujours heureux de voir l’une de mes histoires dans un environnement dont la vocation principale n’est pas littéraire. Mes apparitions dans Urbania, Plaisirs de Vivre, Le Devoir, enRoute et Victor auront, je l’espère, réussi à toucher des lecteurs qui ne seraient jamais venus à moi autrement.
Alibis et Moebius s’adressent, quant à eux, à un public déjà conquis à la cause des nouvellistes, mais où il est bon de côtoyer ses semblables.
Ce recueil sert à dresser un bilan de ces écritures et à en assurer la pérennité. Il force aussi à revisiter chaque texte, à réécrire encore ce qu’on avait tant travaillé.»
La nouvelle Petit Feu qui donne son nom au recueil a gagné la 2e prix aux Prix littéraires Radio-Canada 2006.
La parution de Petit Feu aux éditions La courte échelle conclut une trilogie amorcée avec 38 morts, dont 9 femmes, publié chez Trait d’union en 2001, suivi par Du cyan plein les mains en 2006, à la courte échelle. Au total, 60 nouvelles noires.
Illustration de la couverture : Alain Pilon
Design : Mathieu Lavoie
En librairie en février 2011
13 janvier 2011
Nouvelles nouvelles
J’écrivais dans un billet précédent que j’adore écrire des nouvelles. Pour vous montrer à quel point c’est vrai, je publie ce printemps deux recueils de nouvelles, chez deux éditeurs différents. En fait, il s’agit d’un recueil à quatre mains –Tab’arnaques – écrit avec Luc Baranger, à son invitation, et publié chez Québec Amérique. L’autre – Petit Feu – complète une trilogie et sortira chez mon éditeur habituel : La courte échelle.
Les hasards et contraintes des calendriers des éditeurs font que les deux recueils paraissent simultanément, en février 2011. Il n’y a rien de prémédité là-dedans, bien au contraire.
Je reviendrai bientôt sur ces deux titres très différents, dans l’approche et le rendu.
03 février 2010
Brian Evenson
J’ai déjà écrit sur ce blogue l’immense bien que je pense de La Confrérie des mutilés de Brian Evenson.
Grace aux bons soins de Fondu au Noir, j’ai reçu en avance le dernier roman de cet auteur atypique, contraint de quitter l’église mormone en raison de ses écrits. Mais avant, j’ai fait mes devoirs et lu ces deux premiers titres parus en français.
Tout d’abord : Contagion, un recueil de huit nouvelles paru en 2000 aux États-Unis. Il y a là tous les thèmes récurrents et obsessifs d’Evenson : un père autoritaire et religieux, deux frères aux identités floues, une maison labyrinthique, des livres sacrés écrits ou détenus par le père, une violence crue et dérangeante, des ordres mal définis ou mal compris.
Dans La polygamie du langage, un homme cherche le secret du verbe. Il tue, cache des corps, les brûle. Mais ne cesse de rester détaché, en quête de ce secret. Troublant.
Dans Le fils Watson, un fils porte 235 trousseaux de clés dans un dédale de couloirs où toutes les portes sont closes. Aucune ne s’ouvre. Sa mère demeure dans sa chambre. Son père a rédigé un mémoire sur les rats...
Une expérience de lecture intense, fascinante, dérangeante.
Pour son premier roman : Inversion, le père est mort. Rudd retrouve son demi-frère, mais celui-ci existe-t-il vraiment ? On suit le point de vue de Rudd qui est fasciné par un vieux meurtre rituel mormon qu’il découvre par hasard. Puis c’est au tour de sa femme de tenter de comprendre ce qui leur arrive. Enfin, on entre dans la tête de Rudd. On en saisit toute la complexité, la schizophrénie délirante, sans bornes.
C’est un livre de fous, mais maitrisé.
La Confrérie des mutilés s’éloignait des mormons, avec un humour en plus, très jouissif.
Pour Père des mensonges, Brian Evenson utilise de nouveau un procédé narratif qui multiplie les points de vue sur un même thème. Eldon Fochs est un respectable doyen de l’église des Sanguistes. Il consulte un psychiatre à cause de rêves troublants qui l’obsèdent. Ici, la narration se révèle plus linéaire, plus classique. La critique des églises radicales est féroce, sans faux-fuyant. À un moment donné, le démon de la schizophrénie rattrape Fochs. La violence, la noirceur, la fourberie se dévoilent, sans gêne. Ce dernier roman est donc plus réaliste, mais il permet à Evenson de se renouveler, sans jamais s’éloigner de ses thèmes de prédilection. Sa finale est atroce, car on y croit. La manipulation triomphe.
21 septembre 2009
Quand les femmes sortent pour danser

Quand les femmes sortent pour danser, Elmore Leonard, 2003, 9 nouvelles
C’est un billet de Jean-Marc Laherrère sur son excellent blogue Actu du noir, qui a attiré mon attention sur ce recueil de nouvelles. Bien m’en a pris !
D’Elmore Leonard, je l’avoue, je ne connaissais que ce petit livre de conseils d’écrivain : Mes dix règles d’écriture, publié chez Rivages et offert aux acheteurs. (Règle n°8 : Tenez la bride à vos points d'exclamation.)
Les nouvelles qui composent ce recueil m’ont révélé un ton. Unique. Elmore Leonard écrit avec légèreté, humour, sincérité. Tout est juste, très bien dosé. Les méchants sont particulièrement crétins. Les femmes, dont il est question dans la majorité des histoires, sont belles, amoureuses et rusées.
J’ai adoré ses fins. Les nouvelles se terminent presque toutes par une ligne de dialogue. Ce ne sont pas des chutes classiques, qui viennent clore et surprendre chaque récit, mais une ouverture sur la suite. On lit, puis on relit, l’imagination s’emballe. On se dit : «Hey... Il a donc... Elle va donc...»
Je l'ai dévoré.


















