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08 juin 2012

Retour aux sources

Finalement, je suis revenu à Montréal après 7 mois de périples.
Quelques chiffres en guise de bilan provisoire :
14 vols
11 aéroports
15 maisons
3 continents
7 pays
Mais aussi de superbes expos, comme celle de Larry Clark au CO\Berlin.
Également du travail d'écriture, un peu partout. Ce n'est bien sûr jamais fini...
Ce voyage n'aurait pas été si réussi sans la rencontre de nos nouveaux amis: Anne et Gilles au Mexique, Pierre à Lisbonne, Pascal et Irra à Bali, Hanno et Hannelore à Berlin...
Sans eux, nous serions passés à côté de l'essentiel. Et puis, on se serait sentis bien seuls...
La famille était toujours au rendez-vous en France.
On a croisé des inconnus vivants et des morts célèbres.
On a mangé des trucs bizarres.
On a dansé sur du disco russe à Berlin !
On a aussi chanté un karaoké en indonésien à Bali.
Au final, que reste-t-il vraiment de ce périple? Des images, des moments, des odeurs, des découvertes, des surprises, du bonheur et plein d'autres choses que l'avenir nous révélera.


11 janvier 2012

San Blas, bilan provisoire


Photo: ©Lyne Lefebvre

Jeudi 12 janvier, nous quittons San Blas, direction Montréal et sa froidure. Plusieurs m’ont demandé si j’écrivais une histoire inspirée d’ici ; la réponse est non. L’inspiration n’est pas quelque chose qui se commande et je suis venu au Mexique pour travailler sur un roman dont l’action se déroule à Montréal ! Un écrivain a surtout besoin de calme et j’en ai eu en masse pendant ces presque 70 jours pour arriver à une 1ère version de mon livre.

Mais bon, j’ai quand même pondu une courte nouvelle qui a pour cadre la playa El Borrego, plus quelques brefs textes très libres.

Je sais pertinemment que des bouts de San Blas – lieux, moments, personnages - ressurgiront dans un prochain livre, mais j’ignore où et comment, et je ne veux surtout pas le savoir.


Ils vont me manquer :

Nos amis Anne et Gilles.

Les rase-mottes des pélicans à la crête des vagues.

Le vol des frégates pendant mon jogging.

Le coucher de soleil quotidien sur la playa.

Les margaritas de Pompeyo au Social Club.

La cerveza chez Stoner’s.

Le marcado municipal et les vendeuses de camarones.

Raul y Pedro

...

Mais je quitte les jejenes sans aucun regret.

En attendant, l’histoire continue au Québec, puis en France, puis... je vous raconterai.


Dimanche, l’équipe de futbol de San Blas a perdu face à Tépic : 1 à 2. J’étais le seul gringo dans les gradins. Bonne ambiance.


J'aurais pu écrire que le Mexique m'a donné des ailes (d'ailleurs, je l'ai fait).

06 janvier 2012

San Blas, dia escribir

On lit régulièrement des conseils d’écrivain qui nous dévoile leurs secrets pour réussir. Les derniers à la mode : ceux de Zadie Smith.

Je les lis, comme les autres. Ils m’énervent, puis je les oublie.

Longtemps je me suis levé de bonne heure pour écrire comme un vrai écrivain, avec la culpabilité au ventre pour chaque matin chômé. Maintenant, je ne travaille plus la fin de semaine et je me réserve des journées de vacances avec mes enfants.

La seule règle, c’est qu’il n’y en a pas. Certains auteurs pondent leur roman en trois semaines, d’autres le couvent pendant dix ans ou toute une vie. Chacun son flux, son truc. Le but n’est pas de produire un énième bouquin, mais de se poser la question sur la pertinence du prochain. Jusqu’ici, j’ai eu l’impression de ne publier que des livres (adulte et jeunesse) qui me poussaient au cul. J’essaie de garder cet élan et j’assume la prétention de mon propos.

J’ai appris avec le temps qu’il faut écrire avec régularité quand on est en phase inspirée. J’ai aussi compris qu’il faut vivre pour écrire (dixit Annie Proulx qui répétait qu’il faut avoir vécu avant d’écrire, et ne publia qu’à 53 ans, mais avec quel talent!) Pour moi, il est essentiel de continuer à emmagasiner des expériences, à laisser mûrir mes idées. Les prochains livres que je publierai (s’ils voient le jour) ont de longues histoires derrière eux. La première version de l’un d’eux a été produite en 2000. Le texte de l’autre a été accepté par l’éditeur en 2008. L’idée du 3e trotte dans ma tête depuis belle lurette. Ils se bonifient avec le temps.

Alors, oui, il faut écrire chaque jour... si on a quelque chose à raconter. En attendant, il faut vivre, rigoler, aimer, picoler, voyager, apprendre, avoir peur, se tromper, courir, lire, manger, discuter, réfléchir, dormir, farnienter, réécrire... À vous de compléter.


Cette étonnante machine à écrire est en fait une machine à graver des plaques d’identité, qu’un sympathique jeune Mexicain manipulait sur le marché de Tlaquepaque.

04 janvier 2012

San Blas, dia nuevo


4 jours à Guadalajara. La grande ville après 2 mois chez les pêcheurs, ça change. Le vendeur de copos de algodón commence sa tournée.


Ici, les tacos sont sortis du placard.

El hombre de fuego : fresque par Orozco, peinte au plafond de l'ancien orphelinat reconverti en Instituto cultural cabanas. Le truc, c'est que la coupole concave parait plate.

Un autre genre. Ne pouvant déterminer avec précision le sexe de ce personnage apparu sur une murale de San Blas, nous avons décidé de l'appeler le Schtroumpf gordo.

Ce maquereau est le premier poisson que je pêche de toute ma vie. Pour fêter ça, je l'ai mangé.
Photos: ©André Marois

30 décembre 2011

San Blas, dia muerte


«Ici, c’est la paix» ai-je écrit comme légende à l’une de mes photos sur ce blogue. C’est vrai que la vie à San Blas est apaisante, les Mexicains sont agréables et hospitaliers.

Pourtant, en se promenant en ville, des signes d’une guerre en cours nous rattrapent. Les pick-ups des polices municipales et provinciales, et des marines, avec les hommes en uniforme armés jusqu’aux dents, sillonnent les rues jour et nuit.

San Blas est un port et donc une entrée potentielle pour les trafiquants. Les armes automatiques pointées sur les passants ne laissent personne indifférents (encore plus quand les militaires sont masqués de noir).


Dans son numéro du 11 décembre 2011, le magazine mexicain Proceso fait le point sur les cinq années de lutte du gouvernement de Felipe Calderon contre les narcotrafiquants. Le bilan calculé par Proceso est très lourd : 60 420 morts ! Ce chiffre effarant comprend les victimes de part et d’autre, auxquelles s’ajoutent les inévitables dommages collatéraux. Déclenchée le 11 décembre 2006, l’opération «Michoacan» voit son bilan s’alourdir d’année en année, passant de 2826 morts en 2007 à 19546 morts en 2010.

La récente tuerie (26 cadavres retrouvés en pleine ville) à Guadalajara - ville jusqu’ici préservée - témoigne de cette étendue des problèmes.


Alors, à la veille de cette année 2012, on ne peut que souhaiter à San Blas une année paisible.


16 décembre 2011

San Blas, dia feliz


On ne sait pas quoi encore, mais c'est là que ça va se passer.

Humour mexicain.

L'iguane dans son coin avant le 12e round.

09 décembre 2011

San Blas, dia playa


Ici, c'est la paix.


Le terrain de foot à la mi-temps.

La plage est libre, tout le monde y circule: à pied, en vélo, en scooter, en 4x4 et à cheval.

Les sandpipers seraient, Wikipedia dixit, de la même famille que les bécasses. Je préfère le nom anglais. Les petits sont adorables, formant des chorégraphies trépidantes dans l'eau.

Les palmiers meurent, bouffés par un parasite. Alors, pour les protéger, on a installé partout ces pièges en plastique jaune qui attrapent les bestioles coupables. Espérons que ça marche.

Encore un beau coucher de soleil (toujours pas de rayon vert en vue, et pourtant il existe, mon parrain l'a vu en Bretagne).

02 décembre 2011

San Blas, dia y noche


Quand le soleil se prend pour un mi, il est temps de sortir en ville.

Bienvenido au San Blas Social Club, là où il y a de la musique plein les murs.

J'ai déjà mal à la tête.

Mi amigo du bout du bar.

Il y avait un petit rodéo en ville, samedi dernier. Ici, l'arrivée des taureaux.

25 novembre 2011

San Blas, dia thanksgiving

Hier, nous étions invités dans une communauté de Gringos pour fêter Thanksgiving. C'était étrange de se retrouver à ne parler qu'en anglais avec des Américains ou des Canadiens. On se sentait presque en territoire occupé, entouré de terres mexicaines. Mais bon, la dinde était délicieuse, la vue surperbe, les margaritas épatantes et nos hôtes charmants.
(Je n'ai pas fait de photos.)
Le thanksgiving américain marque l'arrivée des premiers snowbirds qui arrivent du Nord avec leurs gros RV. Ils viennent passer l'hiver au chaud et remonteront en Californie ou en BC au printemps.

Comme chaque jour, des feux apparaissent tout autour de chez nous. Les Mexicains brûlent les branches mortes de cocotiers et désherbent leurs champs. La fumée nous entoure, elle voile la lumière, mais on finit par s'y habituer. L'odeur fait maintenant partie de notre environnement.

21 novembre 2011

San Blas, dia vs jour

Il ne faut jamais comparer, disait mon maître Serge Bruderer.
Mais en voyage, c'est quand même très tentant. Alors, tentons.

Au Québec, il y aurait un gros logo Telus sur la bannière de la fête nationale.

Au Québec, on n'ouvre pas les huitres à la machette.

Au Québec, on s'attache même à l'arrière.

Au Québec, les motos ne sont pas équipées de lanceurs de missiles.

Au Québec, la moitié de ces élèves porterait des lunettes de vue.

En France, Beaudelaire se prénomme Charles.

15 novembre 2011

San Blas, dia aprender


Depuis que je suis ici, j’apprends. Les petites choses de la vie, surtout. Ce qu’on mange à San Blas, ce qu’on y boit aussi, comment on y vit, comment on parle, combien ça coûte, qui fait quoi, porque ?... Le terrible dilemme : Pacifico o Corona ? La pauvreté ou le bonheur, ou les deux ? Le rayon vert existe-t-il vraiment ?

Et puis, on se retrouve avec des questions moins marrantes. À quelle heure les jejenes piquent le moins ? Pourquoi le taureau est en liberté ? D’où vient cette odeur de dompe qui surgit chaque soir chez nous ? Ce gros scorpion dans notre salon est-il mortel ?

J’apprends en regardant, en discutant avec nos nouveaux amis Anne et Gilles, en visitant le marché, en lisant le blogue de ma blonde. J’ai l’impression de grandir quand j’apprends. Je veux apprendre toute ma vie.


La maire a tenu sa promesse: Wifi gratuito para todos !

10 novembre 2011

San Blas, dia tranquillo

Si, nous sommes au Mexique, dans le Nayarit. Après une semaine, nous avons enfin Internet. Bon, ça ne va pas trop vite non plus. J’ai voulu télécharger le dernier numéro du Libraire, mais ça me demandait 5 jours et 16 heures. Je crois que je le lirai à mon retour.

Ça reste étrange d’avoir le monde à portée de la main et une playa à 50 mètres. J’ai repris l’écriture de mon roman qui se situe dans un Montréal prétexte, car les lieux n’y sont pas très déterminants, mais plutôt ce qu’on peut faire dans ce monde plus global, un tantinet fantastique. Je n’en dirai pas plus.


San Blas servira de toile de fond à d’autres histoires. À suivre, comme on dit dans les feuilletons.

08 novembre 2011

San Blas, dia tourista


L'hôtel près de chez nous n'a pas résisté à la dure réalité.
Moi non plus.

07 novembre 2011

San Blas, dia uno


Notre nouveau bar.

Choc culturel garanti. On est loin du Mexique touristique. Et loin de tout en général.

Une boulangerie.