Je serai au salon du livre de l’Outaouais, du vendredi 26 au dimanche 28 février.
À la Foire du livre de Ste-Hyacinthe, le jeudi 18 mars.
Au salon du livre de Québec, du vendredi 9 au dimanche 11 avril.
n'écrit pas que des polars
Je serai au salon du livre de l’Outaouais, du vendredi 26 au dimanche 28 février.
À la Foire du livre de Ste-Hyacinthe, le jeudi 18 mars.
Au salon du livre de Québec, du vendredi 9 au dimanche 11 avril.

Ma chronique dans le magazine Infopresse, nouvelle formule, relève de la science fiction.
J’imagine un monde où notre mémoire, de plus en plus dépendante de le technologie et de Google, s’atrophie jusqu’à ne plus se souvenir des gestes vitaux. La fin de l’homme est proche...
Premières et plutôt bonnes très bonnes critiques pour SA PROPRE MORT.
Dans le magazine Le Libraire :
«L’année 2009 fut très féconde pour l’auteur d’origine française André Marois. Après avoir signé l’excellente série « Les Allergiks » en treize épisodes, il a bénéficié d’une bourse du Conseil des arts du Canada pour l’écriture de Sa propre mort.
Dans ce roman, il décrit l’histoire de Clara, qui a quitté le Québec pour s’exiler à Paris en espérant oublier les événements qui l’empêchent entre autres d’avoir une page Facebook et qui la poussent à travailler d’arrache-pied. Quatre ans ont passé lorsque son frère lui rend visite: elle se rend alors compte qu’il n’est pas possible de fuir ainsi toute sa vie, et qu’il vaut mieux affronter ses démons. Et pour ce faire, Clara reviendra à Montréal, prête à faire payer ces hommes qui l’ont humiliée.»
J’ai déjà écrit sur ce blogue l’immense bien que je pense de La Confrérie des mutilés de Brian Evenson.
Grace aux bons soins de Fondu au Noir, j’ai reçu en avance le dernier roman de cet auteur atypique, contraint de quitter l’église mormone en raison de ses écrits. Mais avant, j’ai fait mes devoirs et lu ces deux premiers titres parus en français.
Tout d’abord : Contagion, un recueil de huit nouvelles paru en 2000 aux États-Unis. Il y a là tous les thèmes récurrents et obsessifs d’Evenson : un père autoritaire et religieux, deux frères aux identités floues, une maison labyrinthique, des livres sacrés écrits ou détenus par le père, une violence crue et dérangeante, des ordres mal définis ou mal compris.
Dans La polygamie du langage, un homme cherche le secret du verbe. Il tue, cache des corps, les brûle. Mais ne cesse de rester détaché, en quête de ce secret. Troublant.
Dans Le fils Watson, un fils porte 235 trousseaux de clés dans un dédale de couloirs où toutes les portes sont closes. Aucune ne s’ouvre. Sa mère demeure dans sa chambre. Son père a rédigé un mémoire sur les rats...
Une expérience de lecture intense, fascinante, dérangeante.
Pour son premier roman : Inversion, le père est mort. Rudd retrouve son demi-frère, mais celui-ci existe-t-il vraiment ? On suit le point de vue de Rudd qui est fasciné par un vieux meurtre rituel mormon qu’il découvre par hasard. Puis c’est au tour de sa femme de tenter de comprendre ce qui leur arrive. Enfin, on entre dans la tête de Rudd. On en saisit toute la complexité, la schizophrénie délirante, sans bornes.
C’est un livre de fous, mais maitrisé.
La Confrérie des mutilés s’éloignait des mormons, avec un humour en plus, très jouissif.
Pour Père des mensonges, Brian Evenson utilise de nouveau un procédé narratif qui multiplie les points de vue sur un même thème. Eldon Fochs est un respectable doyen de l’église des Sanguistes. Il consulte un psychiatre à cause de rêves troublants qui l’obsèdent. Ici, la narration se révèle plus linéaire, plus classique. La critique des églises radicales est féroce, sans faux-fuyant. À un moment donné, le démon de la schizophrénie rattrape Fochs. La violence, la noirceur, la fourberie se dévoilent, sans gêne. Ce dernier roman est donc plus réaliste, mais il permet à Evenson de se renouveler, sans jamais s’éloigner de ses thèmes de prédilection. Sa finale est atroce, car on y croit. La manipulation triomphe.
On ne se refait pas et le rédacteur publicitaire qui sommeille en moi n’a pas pu s’empêcher d’écrire quelques slogans qui pourraient promouvoir SA PROPRE MORT.
Quand je travaillais à Paris, on appelait ça des «accroches». À Montréal, on parle plus simplement de «titres».
Voici les miens :
- Quand Facebook rencontre Albert Camus.
- Si la vengeance est un plat qui se mange froid, il y en a qui vont déguster.
- Partir, c’est mourir un peu. Revenir, c’est tuer beaucoup.
- Même si votre acte est gratuit, vous allez payer pour.
- Un seul clic suffit pour détruire une vie.
Assez efficace, je trouve.
- Clara est morte il y a quatre ans. Maintenant, c’est à eux de mourir.

Je vous explique.
Je l’ai déjà dit sur ce blogue, j’ai profité d’une bourse du CAC pour écrire mon dernier roman. Concrètement, cela signifie que j’ai effectué des recherches pratiques, mais aussi théoriques et donc passé des jours entiers à la Grande Bibliothèque. Un endroit que j’adore. Je n’avais jamais consacré autant de temps à la préparation d’un livre.
Ma technique de recherche était simple. Je tapais un mot dans le catalogue Iris et je voyais quels titres apparaissaient. L’histoire que je voulais écrire traitant de vengeance, j’ai ainsi écrit vengeance, violence, remords, honte, dégoût, mémoire, amnésie, suicide... Ces recherches m’ont amené dans différentes directions, dont la découverte de l’œuvre de René Girard et plus particulièrement de son ouvrage intitulé La Violence et le sacré. Il y décortique les mécanismes de la vengeance humaine et des moyens que l’homme a trouvés depuis la nuit des temps pour enrayer ce cycle infernal. Passionnant. Le 4e de couverture de mon livre en est imprégné.
Je suis aussi tombé sur La Chute d’Albert Camus. De cet auteur dont on célèbre l’anniversaire de la mort en ce mois de janvier 2010 (pure coïncidence), je ne connaissais que L’Étranger, un roman qui ne m’a jamais accroché. En fait, plus je le relis, plus je l’aime, mais de prime abord, la froideur générale du texte m’avait toujours laissé de marbre. À l’opposé, La Peste est un roman époustouflant par ses thèmes, ses personnages et son écriture.
Pour revenir à La Chute, je l’ai lu et relu. Une œuvre intimidante, la dernière de Camus. Le personnage principal, Jean-Baptiste Clamence est juge-pénitent, installé à Amsterdam. Il garde un souvenir précis du cri d’une femme qu'il n'a pas tenté de sauver. C’est ce qui m’intéressait dans cet ouvrage ; le rapport au souvenir, au remords, au jugement des autres, à la douleur.
Sa propre mort commence à Paris, dans le 1er arrondissement. Dans un appartement où j’ai vécu avant de venir vivre à Montréal.
Le personnage principal, Clara, va se promener avec son frère sur la Passerelle des Arts, non loin de là. Elle lui montre le pont d'où la femme du livre de Camus s'est jetée.
La Chute a ponctué mon roman, du début jusqu’à la toute fin, sans que ce soit prémédité de ma part.
L’écriture de Camus est si puissante, intelligente, dérangeante, que je ne peux me référer à cet ouvrage qu'avec une sincère humilité.
Voilà, je voulais juste rendre hommage à ces deux auteurs qui ont, malgré eux, aidé l’écriture d’un roman noir très montréalais.