19 septembre 2012

Storyteller

Je suis un lecteur comme les autres. En tant qu’auteur de romans noirs, j’aime lire des polars, mais je ne lis pas que ça. Je ne suis pas un grand fan des séries policières avec le même détective alcoolique qui a une vie de famille compliquée. J’apprécie, mais quand j’en ai lu un, je passe à un autre auteur.
Il y a, bien sûr, des écrivains de littérature noire que j’adore : Brian Evenson, Gillian Flynn, Donald Westlake, Dennis Lehane et plein d'autres.

Avec des milliers de titres en circulation, il y a forcément beaucoup de polars qui se ressemblent.  
Et puis de temps en temps, l'un d'eux se démarque. Je lis un roman d’un auteur que j’ignorais et je suis carrément jaloux.

C’est le cas de Storyteller de James Siegel. D’emblée la prémisse m’a plu : c’est l’histoire d’un journaliste américain, banni pour avoir inventé le contenu de dizaines de reportages. Ce type n’est plus crédible nulle part. Bien sûr, il va tomber sur une affaire énorme qu’il voudra raconter. L’idée est brillante et surtout, le livre l’exploite jusqu’au bout, avec une logique parfaite. La narration est à la première personne et la narration cynique est un bonheur. Je ne peux pas en dire plus.
Chaudement recommandé par mézigue.

18 septembre 2012

Écrivain à l'école


Depuis 5 ans, je fais partie du programme La culture à l'école, pour des primaires 5 et 6, des secondaires de 1 à 5.
On peut lire ma fiche ici avec la liste des livres suggérés.
J'anime des ateliers/conférences autour du roman policier: sources d'inspiration, éléments déclencheurs, personnages, construction. Avec de nombreux exemples tirés de mes livres et nouvelles.

J'anime aussi des ateliers d'écriture de nouvelles noires où il doit y avoir un meurtre. Les enfants adorent !

13 septembre 2012

Printemps spécial


Les éditions Héliotrope ont invité les auteurs qui publient chez elles à écrire une courte fiction autour du printemps érable.
J’ai répondu à l’appel en reprenant un billet publié ici en mai 2012, suivi de deux autres réactions. Cela s’intitule «Je n’étais pas là» parce que, justement, je n'y étais pas. Mais je n'en pense pas moins.

Ce Printemps spécial est signé par Nicolas Chalifour, Catherine Mavrikakis, Martine Delvaux, André Marois, Simon Paquet, Gail Scott, Gabriel Anctil, Carole David, Grégory Lemay, Patrice Lessard, Olga Duhamel-Noyer et Michèle Lesbre, avec des photographies de Toma Iczkovits.

29 août 2012

Sélection Communication-Jeunesse 2012

Chaque année, Communication-jeunesse, dont je suis membre, sélectionne les meilleurs ouvrages littéraires pour la jeunesse.
«La Sélection de livres de Communication-Jeunesse, saison 2012-2013, présente 342 titres de tous les genres littéraires et pour les enfants, depuis la naissance jusqu'à 17 ans. Cette cuvée annuelle reflète l'abondance, la richesse et la diversité de la production littéraire québécoise et canadienne-française pour la jeunesse alors que 731 ouvrages ont été soumis à nos comités de lecture par 69 maisons d'édition. »


Cette année, j'ai le plaisir d'y voir figurer mes deux derniers titres parues chez Boréal: En mai, fais ce qu'il te plait et La forêt des insoumis, présenté ainsi: «En 1917, deux frères et leur ami se cachent dans Laurentides. La guerre fait rage en Europe, et ils refusent de se soumettre à la loi canadienne qui oblige les jeunes hommes à s’enrôler. Ils connaîtront l’isolement, la faim et, surtout, la peur d’être dénoncés ou découverts par la police militaire. Échapperont-ils à la conscription ? Un roman historique captivant.»

Ma fiche complète est ici avec ma bibliographie comprenant tous mes titres déjà sélectionnés.

13 août 2012

Entre Sophie Calle et Amélie Poulain

©André Marois
Il y a un mois, j'ai trouvé des photos dans la rue. Des images qui n'auraient pas dû être là. Je les ai gardées, bien sûr. Je ne pouvais pas savoir à qui elles appartenaient.
Depuis, je m'amuse à écrire l'histoire de ces clichés. J'enquête, je cherche, j'interroge. J'ai déjà retracé le lieu de la prise de vue, mais ça ne suffit pas. Je ne peux pas montrer ces photos, alors je continue à écrire. Je demande à mes amis de me donner leur version, que je retranscris.
Je suis fasciné par la quantité d'informations contenue dans une simple photographie. Et par les multiples voies possible pour en parler. Alors je continue à écrire sur mon thème, sans objectif précis, sans délai, sans savoir si ça me mènera quelque part.
Lors de mes conférences dans les écoles, je parle beaucoup des déclencheurs, des sources d'inspiration. J'explique qu'il suffit parfois de tendre l'oreille, de rester à l'affut, de partir sur l'idée d'un personnage original, d'une question qu'on se pose... Il suffit aussi de se pencher pour ramasser ce qui traine.
Je vous en donnerai des nouvelles, à l'occasion.
J'ai toujours aimé le travail de la photographe Sophie Calle. Je ne peux pas nier que je m'en inspire un peu, à ma façon.


10 août 2012

Just Kids

Dans cette biographie, Patti Smith raconte son arrivée à New York à 20 ans, sa rencontre avec Robert Mapplethorpe et tout le cheminement avec lui. De Brooklyn au Chelsea Hotel, on suit leur parcours pour devenir artistes. 
Ils sont pauvres, jeunes et beaux dans les 70’s. 
Patti Smith, 1976 ©Mapplethorpe
Le texte est généreux, simple, sensible. Son amour et son admiration pour Mapplethorpe sont splendides.
On y côtoie Janis Joplin, Burroughs, Jimmy Hendricks, Sam Shepard, Andy Wharol... Les ¾ du bouquin se situent avant que Patty Smith ne commence à chanter. On assiste vraiment à l’éclosion de leurs talents: dessins, photos, poèmes, bijoux... Sa passion pour Rimbaud est omniprésente.
Je recommande aussi ce livre comme une balade dans la grosse Pomme (merci Geneviève Thibault). 
Un plaisir ne venant jamais seul, j’ai acheté le dernier disque de mme Smith : Banga.  Un grand bonheur à la hauteur des anciens Horses et Easter.
Et pour finir, on annonce sa visite à Montréal en novembre, en compagnie de Neil Young, rien de moins.
Fan, moi?

18 juillet 2012

4 lectures et une belle nuit

Mes 4 dernières lectures remarquables:
- Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. J'ai tout aimé dans ce roman: les personnages, l'histoire, le thème, le style et le procédé narratif. Recommandé à tout le monde.

- Les visages écrasés de Marin Ledun. Un roman noir et implacable sur le monde du travail et ses dérives mortelles. Il y a déjà eu beaucoup d'excellentes critiques, je vous invite à les lire ici, ici, ici aussi.

- La juste part de David Robichaud et Patrick Turmel. Un essai qui se lit tout seul, pour «Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains». Édité par Nouveau Projet.

- Pour mes anciens étudiants de l'Université de Sherbrooke: le manifeste de la CLASSE, intitulé Nous sommes avenir. Un peu fourre-tout, un brin racoleur, mais plus énergisant qu'un Guru.

+ Mon plus meilleur film québécois de l'été : Nuit #1

17 juillet 2012

Prolifique, moi ?

Photo prise au Palais de la Regaleira à Sintra, Portugal ©André Marois

Suis-je un auteur prolifique ? Je pose cette question, car on (amis, collègues, journalistes) m’a souvent affublé de ce qualificatif et je l’ai toujours trouvé suspect. Est-ce une qualité ou un défaut ?
Comme si écrire beaucoup, ou plutôt écrire régulièrement dans mon cas, devenait douteux. Peut-on produire et maintenir le niveau ? Je crois que Simenon, Zola et Frédéric Dard étaient prolifiques sans que cela nuise à leur œuvre.
Alors, pourquoi souligner ce trait ? Parce qu’on ne peut pas lire toute ma production ou qu’on ne veut pas? 
Pour revenir à la définition du dictionnaire : Prolifique : Se dit d’un artiste ou d’un écrivain qui produit beaucoup d’œuvres. À partir de combien commence ce «beaucoup» ? Est-ce calculé par année ou pour l’ensemble des publications ? On n’est pas plus avancé. J’ai publié, tous genres confondus, 27 livres en 13 années. Ça donne une moyenne de deux livres par an. Ce n’est pas si terrible. J’écris des polars assez courts, des albums et romans pour la jeunesse et des nouvelles. Je ne fais pas dans le pavé, plutôt dans la briquette. Et les mystères de l’édition font que, parfois, plusieurs bouquins sortent en même temps. Mais pas depuis belle lurette, vous l’aurez remarqué (avec un seul livre à mon palmarès en 2012, je risque de perdre mon appellation).
On associe souvent la prolificité aux lapins. Est-ce que j’écris plus vite que Roger Rabbit ? Ça sonne à mes longues oreilles comme pisse-copie.
Serait-ce moi qui trouve un sens négatif là où il n’y en aurait pas ? Un plombier qui installe un lavabo par jour est-il extraordinaire?
La vérité, c’est que je ne cherche pas mes idées trop longtemps. J’y bosse d’arrache-pied jusqu’à les débusquer. C’est une gymnastique de l’esprit. Ça s’entretient.
La vérité, c’est que j’ai des collègues bien plus productifs que moi. Surtout en littérature jeunesse.
La vérité, c’est que j’ai choisi d’être écrivain à temps plein. Je ne vais pas à la pêche, je ne fais pas la sieste, je travaille. Toutes ces journées sur mon ordinateur ou dans mon cahier, ça finit par se concrétiser.
La vérité, c’est aussi que je me retiens. Comme en ce moment, où je laisse mûrir mes projets.
Alors, suis-je prolifique ? Sûrement. Est-ce mal ? Je pense le contraire.
Il faut lire.

10 juillet 2012

Un goût de rouille et d'os


Je me suis intéressé à ce livre lorsque j’ai appris que Jacques Audiard en avait réalisé l’adaptation. Le fait qu’il s’agisse d’un auteur canadien m’a d’emblée attiré. Encore plus en découvrant qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles : Un goût de rouille et d’os, traduit en français en 2006 chez Albin Michel. L’auteur m’était inconnu : Craig Davidson. Né à Toronto, il vit à Calgary. Il a publié deux autres romans sous ce nom.
Je lis toujours les recueils lentement, une ou deux nouvelles maximum par jour : pour ne pas les mélanger, pour mieux les savourer. Dans le cas de ce livre, le rythme était parfait.
Les histoires traitent de boxe amateur, de combats de chiens, de basket de rue, de misère, d’handicap physique. C’est toujours très précis, technique, percutant et âpre. Ça secoue les tripes. Les scènes de combat font mal au ventre. Les descriptions des chiens qui se déchirent sont terribles. La chute de la nouvelle en question – Un usage cruel – m’a laissé bouche bée. Les descriptions sont ultra précises : pharmacopée, anatomie, coups et blessures. Davidson semble savoir de quoi il parle. À côté de lui, j’ai l’impression d’écrire des romans Harlequin.
J’ai quand même hésité à parler de ce livre à cause de la dernière nouvelle, la plus longue : Précis d’initiation à la magie moderne. La moins réussie selon moi, car elle s’éloigne trop de la réalité des autres.
Le film d’Audiard - De rouille et d’os - est une adaptation de l’histoire intitulée La fusée, où un entraineur d’orque est grièvement blessé, avec des ambiances et des bouts d’autres nouvelles. Mais n’ayant pas vu le film, je ne m'avance pas trop. Il n’est pas encore arrivé au Québec. En attendant, bonne lecture !

26 juin 2012

Révolté, vraiment ?

Il est temps de se révolter contre le taux d'analphabétisme au Québec.